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Actualités - Chronologie

Les sorties de la semaine Un film-événement American Beauty

D’abord, une annonce de dernière heure : mercredi prochain 1er mars (à 19h15), au Ciné-Club du CCF, reprise du film (plutôt insolite) de Léos Carax, «Mauvais sang» (1987), avec Denis Lavant, Juliette Binoche et Michel Piccoli. Cette semaine, un événement : la sortie du film de Sam Mendes, «American Beauty», grand favori aux Oscars 2000. Plus trois autres nouveautés : «Mickey Blue Eyes», de Kelly Makin (divertissant) – «Bicentennial Man», de Chris Columby (robotisant) – et «Chill Factor», de Hugh Johnson (indifférent). Le film d’Abbas Kiarostami, «Le vent nous emportera», a droit à une prolongation (un peu forcée). Cependant que «Random Hearts» (Sydney Pollack) et «The 13th Floor» (Josef Rusnak) ont terminé leur carrière. Prochaines sorties annoncées : «The Astronaut’s Wife», de Rand Ravich – «The End of the Affair», de Neil Jordan – et «Legionnaire», de Peter MacDonald. Date maintenue (le 9 mars) pour le début de l’expérience «française» du Kaslik 2 : voir «En gros plan». La rose (américaine) et le cauchemar (climatisé) American Beauty, de Sam Mendes Vue plongeante sur un quadrilatère urbain qui va se révéler être un champ de bataille (larvée). De cette banlieue aisée standard d’une cité américaine anonyme, monte vers nous, spectateurs, une voix d’homme : «Je m’appelle Lester Burham. Voici mon quartier, ma rue. Voici ma vie. Dans moins d’un an, je serai mort. Évidemment, je ne le sais pas encore. Enfin, en un sens... je suis déjà mort». Tel est le fil conducteur du film qui va suivre ou, si l’on préfère, son programme. Et c’est cela qui va compter, ce processus conduisant à la mort de Lester Burham, l’élément du suspense restant finalement secondaire. Donc, nous suivons la vie quotidienne, routinière, du personnage. Sa journée démarre tôt, alors que, solitaire sous la douche, il s’accorde une satisfaction qu’il ne recherche plus auprès de son épouse. Il faut dire que Carolyn Burham n’est pas du genre facile. Ses grandes préoccupations sont – pas forcément dans l’ordre : ignorer tous les problèmes qui ne sont pas les siens – correspondre à l’image que les gens ont (pense-t-elle) de sa propre personne – tailler avec soin les rosiers de son jardin, en tenue assortie avec l’environnement – et, accessoirement, s’occuper d’affaires immobilières (pour lesquelles elle n’a aucune disposition). Cette aimable famille est complétée par une fille, Jane, adolescente instable, pas forcément plus intéressante que ses parents, qu’elle déteste d’ailleurs avec une rage forcenée. Additif à ce tableau engageant : Angela, copine de Jane, qui pose à la garce «sexuelle» et en dit (crûment) beaucoup plus qu’elle n’en fait. Angela va jouer un rôle de «détonateur» dans l’évolution de la crise que traverse Lester Burham. Mais il faut aussi passer en revue le voisinage des Burham. Ce n’est plus une galerie, c’est un catalogue – combien édifiant. Il y a le jeune Ricky Fitts, fils d’un ex-colonel (inquiétant) des Marines, expert en drogues sophistiquées, qui filme sans se lasser l’intimité de ses voisins ; le couple homosexuel que forment Jim et Jim (non, pas Jules et Jim, Jim et Jim !) ; et Buddy Kane, l’homme qui est arrivé et dont la «réussite» va tourner le peu de tête de Carolyn. À partir de là, le drame va submerger la comédie : Angela va séduire Lester, qui va tout laisser tomber et finir comme annoncé en ouverture du film, Ricky et Jane vont nouer une relation amoureuse, etc. On ne vous en dit pas davantage. L’énumération ci-dessus signale le danger qui guettait le film : un scénario trop surchargé (comme un feuilleton de «sitcom» ?!), avec risque de dispersion. Sam Mendes a évité l’écueil – en grande partie – grâce à une mise en scène intelligente et une direction d’acteurs impeccable (il faut dire que tous les interprètes sont étonnants, à commencer bien sûr par l’extraordinaire Kevin Spacey). Autre handicap du film: Sam Mendes a un peu trop forcé la dose, style «tout le monde il est pas beau, tout le monde il est méchant», de quoi frôler le «qui veut trop prouver...». Il n’empêche que ce jeu de massacre achève ce qui restait – pas grand-chose, en fait – du rêve américain mité. Adieu aux mânes de Frank Capra, quand la vie était encore belle! Retour sur le titre du film. L’American Beauty, c’est le nom d’une rose, magnifique comme il se doit. On peut élargir la métaphore jusqu’à couvrir l’«american way of life» (avec connotation dérisoire) et souligner que le leitmotiv insistant des pétales de rose correspond aux facultés intellectuelles, pas réellement transcendantes, de Lester Burham. Le soir prochain des Oscars, une pluie de pétales d’«american beauties» saluera-t-elle la victoire du film de Sam Mendes? P.S.: 1) paradoxe, c’est la société de Spielberg et Cie, DreamWorks (le rêve!), qui a produit le film à Hollywood. 2) il paraît que le nouveau film de Paul-Thomas Anderson, Magnolia, avec Tom Cruise en vedette, malmène lui aussi la famille US. Pitié, de grâce!! CONCORDE, FREEWAY, PLANÈTE/ABRAJ/ PLAZA/ZOUK « Dead Robots Society » Bicentennial Man, de Chris Columbus Ce n’est pas la première fois qu’un robot – ou un cyborg – s’active sur les écrans hollywoodiens. Sans remonter jusqu’au mythique «Hal» du film de Stanley Kubrick, 2001: A Space Odyssey, Woody Allen nous avait montré un Sleeper robotisé en 73. Aujourd’hui, alors que des savants travaillent sur des projets de robots capables de «penser», voici Robin Williams, domestique «artificiel» (ô combien!) qui s’introduit dans une famille américaine. Le résultat est tragique – pour le spectateur – et la présence de Chris Columbus (spécialiste de Macaulay Culkin dans deux Home Alone, c’est dire!) derrière la caméra n’arrange rien. Il faudra 200 ans (?!) et des tonnes de clichés à Robin – le robot – pas beau pour devenir «humain». Tout cela est pour le moins pénible... et tout autre commentaire serait superflu. Comme le film. ÉLITE, EMPIRE/SODECO/ MKALLÈS, ESPACE, St.-ÉLIE En bref l Mickey Blue Eyes, de Kelly Makin Ce n’est qu’un simple divertissement, sans prétention déplacée, et qui réussit – par moments – à être assez amusant. Hugh Grant s’occupe (à New York) de vente aux enchères de tableaux de valeur. Il séduit une jolie personne (Jeanne Tripplehorn) et se met en tête de l’épouser. Elle est d’accord... mais il y a un problème: la famille de la fiancée fait partie de la Famille, et le mafioso-en-chef (James Caan, le meilleur du lot) n’est pas facile... L’autre problème (du film), c’est Grant lui-même: ou bien on le trouve agréable – les femmes sont pour, mystère insondable – ou bien non. Dans ce dernier cas, on s’abstient. Ou on va voir autre chose. EMPIRE/DUNES/SOFIL/ GALAXY/MKALLÈS, ESPACE, St.-ÉLIE l Chill Factor, de Hugh Johnson Pas vu. Un film d’action «à cascades» (donc avec effets spéciaux) dont le scénario rappelle de près, paraît-il, celui du film de John Woo, Broken Arrow (96) – est-ce vraiment une référence?! Interprètes: Cuba Gooding Jr. (cabotin) et Skeet Ulrich. CONCORDE, FREEWAY, PLANÈTE/ABRAJ/ZOUK
D’abord, une annonce de dernière heure : mercredi prochain 1er mars (à 19h15), au Ciné-Club du CCF, reprise du film (plutôt insolite) de Léos Carax, «Mauvais sang» (1987), avec Denis Lavant, Juliette Binoche et Michel Piccoli. Cette semaine, un événement : la sortie du film de Sam Mendes, «American Beauty», grand favori aux Oscars 2000. Plus trois autres nouveautés : «Mickey Blue Eyes», de Kelly Makin (divertissant) – «Bicentennial Man», de Chris Columby (robotisant) – et «Chill Factor», de Hugh Johnson (indifférent). Le film d’Abbas Kiarostami, «Le vent nous emportera», a droit à une prolongation (un peu forcée). Cependant que «Random Hearts» (Sydney Pollack) et «The 13th Floor» (Josef Rusnak) ont terminé leur carrière. Prochaines sorties annoncées : «The Astronaut’s Wife», de Rand Ravich –...