La drogue finance des guerres civiles en Afrique et est fréquemment administrée aux jeunes combattants, selon l’Onu qui demande aux gouvernements africains de faire mieux en matière de contrôle des drogues. «Les situations de conflit ou d’après conflit que connaissent plusieurs pays de la région sont propices à une aggravation des problèmes de drogue, en particulier parmi les enfants et les jeunes», selon le rapport annuel de l’OICS. L’OICS, qui dépend des Nations unies et siège à Vienne, note qu’«en République démocratique du Congo et au Liberia, des drogues ont été données à des combattants mineurs pour les pousser à mener impunément des opérations dangereuses». L’Organe, pour qui «il y a tout lieu de croire que la drogue sert à financer des guerres civiles et l’achat d’armes comme ce fut le cas en Angola et au Rwanda», «prie instamment les gouvernements des pays africains de s’attacher davantage à intégrer un volet “contrôle des drogues” à leurs programmes de reconstruction». «L’Organe note avec préoccupation que, dans beaucoup de pays africains, les drogues saisies disparaissent et des trafiquants reconnus sont souvent acquittés ou, lorsqu’ils sont libérés sous caution, ne se présentent jamais devant le juge», selon les auteurs du rapport annuel qui demandent aux États de «s’attaquer aux causes profondes de cet état de fait, notamment à la corruption qui y est liée». Analysant la situation en matière de trafic et consommation de drogues pour l’année 1999, l’OICS relève que «l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe ont pris de l’importance» en tant que lieux de transit de la drogue vers l’étranger et «aussi en ce qui concerne la progression de la consommation locale de cocaïne et d’héroïne». Le Nigeria semble en revanche avoir partiellement perdu son rôle de plaque tournante grâce à l’action des autorités, selon l’OICS. Conséquence, «les groupes de trafiquants sont plus nombreux à passer par d’autres pays africains pour le transit des envois vers l’Europe et l’Amérique du Nord, en faisant appel à des passeurs ressortissants d’autres pays, tant africains qu’européens», relève l’OICS. Le cannabis est en Afrique la première drogue consommée mais d’autres sont en augmentation, notamment la cocaïne, l’héroïne et les amphétamines, même si celles-ci constituent encore «un phénomène essentiellement urbain», selon l’OICS. Si «le Maroc demeure une source importante de résine de cannabis à destination de l’Europe», l’Afrique de l’Ouest est un lieu prisé pour la culture du cannabis. En revanche, les efforts d’éradication de plants de cannabis au Nigeria, en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire, en Égypte, au Ghana et au Sénégal ont porté leurs fruits, selon le rapport. Le Nigeria connaît cependant une forte progression de saisies de substances psychotropes. L’OICS a particulièrement montré du doigt la Somalie cette année, invitant «les autorités somaliennes à accorder la priorité dans les efforts de reconstruction, à la création d’un cadre et d’institutions appropriées en matière de contrôle des drogues».
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