Le recours aux stupéfiants pour vaincre la douleur doit être développé, sous contrôle des autorités, juge l’Onu qui regrette les inégalités d’accès à ces drogues. «De 70 % à 80 % des cancéreux éprouvent de très fortes douleurs chroniques ou aiguës pendant les derniers stades de la maladie», rappelle l’OICS. «Selon les projections de l’Organisation mondiale de la santé, les deux tiers des 15 millions de cas de cancer qui devraient apparaître d’ici à 2015 concerneront les pays en voie de développement», ajoute l’OICS. Or, même s’il est possible d’augmenter l’offre légale de drogues antidouleurs – essentiellement des opiacés tels que la morphine, la codéine et l’hydromorphone –, «il n’existe dans de nombreux pays quasiment aucun moyen licite, fiable et réglementé de se procurer des substances psychotropes importantes». L’objectif de la convention de 1961 sur l’approvisionnement adéquat en stupéfiants à des fins médicales «est encore loin d’être atteint», reconnaît le rapport. La Hongrie, l’Estonie, la République tchèque et l’Uruguay, «où l’incidences du cancer est élevée», figurent parmi les plus faibles consommateurs d’opiacés contre la douleur, aux côtés de l’Inde, l’Iran et la Turquie. En revanche, l’Australie, les États-Unis, la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord arrivent en tête pour la consommation de ces drogues légales. Les différences de niveaux de vie n’expliquent pas tout, car l’OICS note que l’Arabie séoudite, les Bahamas, le Koweït, l’Italie, les Émirats arabes unis, la Corée du Sud ou Singapour, «pays où le revenu par habitant est relativement élevé», consomment peu de drogues antidouleur. «Nombre de pays peinent à évaluer leurs besoins en opiacés», regrettent les auteurs du rapport, qui évoquent «l’insuffisance des connaissances médicales, les erreurs de diagnostic, l’inadaptation des traitements, l’abus ou le refus de prescription», ainsi que «l’inclination du médecin à prescrire ou refuser un médicament donné». L’OICS rappelle que beaucoup d’États ont dû «prendre des mesures administratives spéciales pour réglementer la production, la vente et l’utilisation à des fins médicales» de ces drogues, car quasiment tous les stupéfiants et substances psychotropes ayant une utilité médicale reconnue entraînent une dépendance lorsqu’ils sont utilisés de façon massive. «Tant que l’on n’aura pas mis au point des traitements de la douleur plus inoffensifs et n’engendrant guère de dépendance, il demeurera important de pouvoir recourir à certains stupéfiants et substances psychotropes», juge le rapport qui met cependant en garde contre la surconsommation de ces drogues, qu’il juge «fréquente dans les pays technologiquement avancés». «Une étude récente a fait apparaître que les médecins français prescrivent environ quatre fois plus de sédatifs, d’hypnotiques et de tranquillisants que leurs collègues allemands et britanniques», rappelle l’OICS. De même, la consommation d’anorexigènes utilisés dans les traitements contre l’obésité est dix fois plus importante aux États-Unis qu’en Europe.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le recours aux stupéfiants pour vaincre la douleur doit être développé, sous contrôle des autorités, juge l’Onu qui regrette les inégalités d’accès à ces drogues. «De 70 % à 80 % des cancéreux éprouvent de très fortes douleurs chroniques ou aiguës pendant les derniers stades de la maladie», rappelle l’OICS. «Selon les projections de l’Organisation mondiale de la santé, les deux tiers des 15 millions de cas de cancer qui devraient apparaître d’ici à 2015 concerneront les pays en voie de développement», ajoute l’OICS. Or, même s’il est possible d’augmenter l’offre légale de drogues antidouleurs – essentiellement des opiacés tels que la morphine, la codéine et l’hydromorphone –, «il n’existe dans de nombreux pays quasiment aucun moyen licite, fiable et réglementé de se procurer des...