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Actualités - Chronologie

Nigéria Couvre-feu après les émeutes interreligieuses à Kadura

Les autorités nigérianes ont imposé mercredi un couvre-feu de 24 heures sur 24 à Kaduna (nord du Nigeria), où des émeutes entre chrétiens et musulmans ont fait au moins cent morts depuis le 21 février, et dans trois autres villes de l’État. L’ancienne capitale du nord du Nigeria a été transformée en ville fantôme, peu d’habitants s’aventurant dans les rues hier, alors que le couvre-feu nocturne décrété lundi a été transformé en interdiction totale de circulation dans les rues à Kaduna, Zaria, Kafanchan et Kachia. Plus de cent personnes ont été tuées lors des émeutes interreligieuses de Kaduna, a déclaré hier un officier de police qui a requis l’anonymat. Mardi, la police avait confirmé un bilan de 13 morts. «J’ai vu plus de cent morts. Ils les ont abattus, ils les ont brûlés, ils tuaient comme des fous», a déclaré cet officier. Dans l’hôpital général de la ville, un chirurgien qui a également requis l’anonymat a fait état de la présence de «plus de 40 corps» à la morgue tandis que dans deux hôpitaux, 160 blessés ont été admis depuis lundi. À la suite des émeutes sanglantes, déclenchées lundi par une manifestation de dizaines de milliers de chrétiens contre l’adoption de la charia (loi islamique), les rues de Kaduna étaient jonchées hier de cadavres, de véhicules calcinés, de marchandises saccagées et de verre brisé. Les musulmans sont majoritaires dans le nord du Nigeria mais Kaduna est atypique dans cette région, sa population étant pour moitié chrétienne et pour moitié musulmane. Le gouverneur de l’État de Kaduna, Stephen Shekari, a rencontré hier des responsables des deux communautés religieuses et doit publier un communiqué au cours de la journée. Lors du premier débat parlementaire sur la charia, hier, la Chambre des représentants, Chambre basse du Parlement nigérian, a appelé le président Olusegun Obasanjo à mettre un terme aux émeutes à Kaduna et a demandé à son comité judiciaire d’enquêter sur la constitutionalité de l’adoption de la charia au Nigeria. La loi islamique existe au Nigeria depuis des siècles mais, sous la colonisation britannique, elle avait été restreinte aux domaines religieux et familiaux. En octobre dernier, l’État de Zamfara (nord) avait adopté la loi islamique, étendue aux domaines criminel et civil et entrée en vigueur le 27 janvier. Mardi, les gouverneurs des États du Niger (centre), Abdulkadir Kure, et de Sokoto (nord-ouest), Attahiru Bafarawa, ont également signé la loi sur la charia qui sera officiellement appliquée en mai. Trois autres États, ceux de Kaduna, Kano (nord) et Yobe (nord), envisagent d’adopter la charia. La situation restait extrêmement tendue hier à Kaduna, divisée en zones musulmanes et chrétiennes dans lesquelles patrouillaient des bandes rivales de jeunes armés de gourdins, de machettes et de barres de fer. Dans le quartier musulman de Mekara, des groupes armés patrouillaient tandis qu’à quelques centaines de mètres, des gangs chrétiens similaires étaient assemblés, tenus à distance par quelque 30 policiers. Sur les routes à proximité de la ville, des centaines de familles fuyaient la violence avec quelques maigres biens rassemblés dans des sacs. Le président Obasanjo, chrétien, a été critiqué par sa propre communauté religieuse qui estime que l’application de la charia au niveau des États est une violation de la Constitution fédérale. De nombreux musulmans du nord du Nigeria, qui compterait quelque 10 pour cent de chrétiens en moyenne, souhaitent l’application de la charia pour résorber la corruption et la criminalité qui se sont installées pendant les dernières années de régime militaire.
Les autorités nigérianes ont imposé mercredi un couvre-feu de 24 heures sur 24 à Kaduna (nord du Nigeria), où des émeutes entre chrétiens et musulmans ont fait au moins cent morts depuis le 21 février, et dans trois autres villes de l’État. L’ancienne capitale du nord du Nigeria a été transformée en ville fantôme, peu d’habitants s’aventurant dans les rues hier, alors que le couvre-feu nocturne décrété lundi a été transformé en interdiction totale de circulation dans les rues à Kaduna, Zaria, Kafanchan et Kachia. Plus de cent personnes ont été tuées lors des émeutes interreligieuses de Kaduna, a déclaré hier un officier de police qui a requis l’anonymat. Mardi, la police avait confirmé un bilan de 13 morts. «J’ai vu plus de cent morts. Ils les ont abattus, ils les ont brûlés, ils tuaient comme...