Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les conservateurs, encore largement maîtres du jeu politique

Les conservateurs, majoritaires au Parlement iranien sortant, restent largement maîtres des grandes décisions politiques en Iran, malgré leur défaite aux élections législatives face aux réformateurs. Cependant, les conservateurs, qui se veulent les gardiens de l’orthodoxie du régime, devraient rester une force politico-religieuse redoutable en raison de leur puissante structure à l’échelle nationale et de leur pouvoir d’influence sur les institutions-clés du régime islamique. La Constitution iranienne accorde de très vastes prérogatives au Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei qui, en vertu de l’article 110 de la loi fondamentale, peut «démettre» le président de la République. Il peut le faire, soit sur «décision de la Cour suprême» et en tenant compte des intérêts du pays, soit après le vote de deux tiers des députés à l’issue d’une motion de censure. Le pouvoir législatif va ainsi devoir composer avec les institutions contrôlées par les conservateurs, directement ou par l’intermédiaire du Guide suprême. Le pouvoir législatif, décrété comme étant «au sommet des institutions» par l’imam Khomeiny, fondateur de la République islamique, reste subordonné au Conseil de surveillance, une instance constitutionnelle actuellement contrôlée par le clergé conservateur. Six des membres sont des religieux nommés par le Guide suprême et les six autres sont des juristes désignés par le Parlement. Toutes les lois adoptées au Parlement doivent obtenir l’aval du Conseil de surveillance qui est chargé de vérifier la conformité des lois avec la Constitution et l’islam. En cas de litige entre le Parlement et le Conseil de surveillance, c’est le Conseil de discernement, instance d’arbitrage, actuellement présidée par l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, qui tranche. Cet organe est un véritable «directoire» où siègent plus d’une vingtaine de personnalités représentatives de toutes les factions du régime. Pour ce qui est des grandes décisions politiques stratégiques, en matière de défense, le gouvernement ne peut que formuler des vœux. L’alinéa un de l’article 110 accorde en effet au Guide suprême le droit de déclarer la guerre ou la paix. Référendum et mobilisation des troupes ou encore nomination des chefs militaires et celle du chef de la justice sont parmi les innombrables pouvoirs du Guide suprême. Les conservateurs contrôlent des institutions politiques «régulières» mais aussi une panoplie d’organes, d’organismes ou de fondations qui exercent depuis vingt ans une influence non négligeable sur les décisions politiques et économiques du gouvernement. Ainsi, la justice, générale ou révolutionnaire, est encore le principal bastion des conservateurs qui contrôlent aussi directement la radio et la télévision d’État, dont le chef est nommé par l’ayatollah Ali Khamenei. La fondation des Déshérités (ex-fondation Pahlavi) gère actuellement plus d’un millier d’entreprises économiques et industrielles à l’échelle nationale, dont la gestion échappe totalement au contrôle du gouvernement. Les organisations de propagande au sein du régime, toutes les tribunes de la prière hebdomadaire dans les grandes villes comme Téhéran, ainsi que les 40 000 mosquées du pays, sont contrôlés par les conservateurs.
Les conservateurs, majoritaires au Parlement iranien sortant, restent largement maîtres des grandes décisions politiques en Iran, malgré leur défaite aux élections législatives face aux réformateurs. Cependant, les conservateurs, qui se veulent les gardiens de l’orthodoxie du régime, devraient rester une force politico-religieuse redoutable en raison de leur puissante structure à l’échelle nationale et de leur pouvoir d’influence sur les institutions-clés du régime islamique. La Constitution iranienne accorde de très vastes prérogatives au Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei qui, en vertu de l’article 110 de la loi fondamentale, peut «démettre» le président de la République. Il peut le faire, soit sur «décision de la Cour suprême» et en tenant compte des intérêts du pays, soit après le vote de deux...