Est-il nécessaire de souligner que les vogues actuelles ne sont qu’un plongeon dans les années 80? Après des années consacrées au minimalisme, signe de dèche économique, la mode change de cap pour redécouvrir et explorer les années 80. Le prêt-à-porter 2000, tel que paru au cours des défilés d’octobre, n’est qu’un fidèle «remake» des années «couleur et fantaisie». Dans le sillage de ce renouveau de la fantaisie, voilà les bottes des années «disco» qui reviennent en trombe. Présentes à toutes les collections sans exception, elles accompagnent jupes aux genous, aux mollets et même les «mini» en compagnons indispensables. Ce qui les différencie, entre inspirations et griffes, c’est leur semelle! Plates et souples chez Chanel, en agneau ultradoux ; elles épousent la jambe tel un gant. Taillées dans cette matière douillette, en noir ou en beige, avec un large revers, façon Aramis, elles accompagnent aussi bien les robes en peau lainée que les jupes longues du soir. Pour sortir toutefois le soir, la botte se pare de fantaisie : mélanges de matières (peaux unies ou tachetées, variations «camouflage», découpées style broderies). Pour les grands froids et les longues marches, c’est le modèle lancé par Tod’s, en peau lainée, montée sur semelle de gomme qui chauffe bien et donne des ailes aux pieds, qui est la botte préférée pour l’instant. Mais sait-on jamais avec la mode? Les «grands soirs» et les sorties habillées adoptent les talons aiguilles. Bien cambrée, à 10 cm du sol, la jambe gainée de serpent ou de lézard promet des enjambées sauvages. Des chutes aussi au propre comme au figuré, mais ça c’est une autre histoire... Daim noir, cuir, boucles d’argent agrémentent des chevauchées et des enjambées que les escarpins interdisent... Pour les branchées, on annonce le retour des cuissardes. Très souples dans leur nouvelle version, elles s’enfilent comme des chaussettes. Elles se font en cuir, en daim stretch et en lycra, permettant de sautiller sous la pluie pour éviter boue, torrents et giboulées... Ces traces dans l’histoire Si la botte a fait son entrée dans la mode très récemment, son histoire auprès des hommes remonte à plusieurs siècles. On la retrouve sur des fresques de la fin du paléolithique, en Espagne datant de plus de 14 mille ans. On la repère aussi aux temps d’Homère, protégeant les jambes des guerriers au cours des batailles. Sur les statues antiques, elle fait souvent figure de «protège-jambe» laissant libre le pied dans la sandale. D’ailleurs c’est bien sur la botte qu’a paru pour la première fois dans l’histoire le talon! Il permettait aux cavaliers de bloquer leur pied dans l’étrier, évitant tout risque de tomber lorsqu’ils tiraient sur l’ennemi ou sautaient des obstacles. Pesantes, rigides et encombrantes jusqu’au milieu du XVIe siècle, les bottes commencent à s’assouplir sous le règne d’Henri IV, avec l’introduction du cuir de Russie bien plus souple et plus malléable. Inutile de préciser que les bottes ont été portées exclusivement par les hommes, seules les amazones empruntaient, ces chaussures uniquement pour monter à cheval. Durant deux cents ans, les bottes furent signe de prestige, véhiculant un message de puissance masculine lié aux batailles, aux traversées sauvages et aux chevauchées exploratrices. Mais aussi à la littérature, dont les héros, souvent, étaient porteurs de bottes. Leurs formes avaient beau changer, leur connotation restait la même. La botte féminine n’est entrée dans les mœurs que bien plus tard. Au début – et pendant longtemps – sous forme de botillons. À partir des années 60, elle emprunte toutes les formes. Elle s’éclipsera, pendant quelques décennies, pour réapparaître cet hiver en «cavalière», revue et corrigée selon l’inspiration de chaque créateur. Mais déjà elle se porte en toute circonstance avec pantalon, robe ou jupe de toute longueur. Bref, de symbole, la botte devient trophée muté en accessoire.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Est-il nécessaire de souligner que les vogues actuelles ne sont qu’un plongeon dans les années 80? Après des années consacrées au minimalisme, signe de dèche économique, la mode change de cap pour redécouvrir et explorer les années 80. Le prêt-à-porter 2000, tel que paru au cours des défilés d’octobre, n’est qu’un fidèle «remake» des années «couleur et fantaisie». Dans le sillage de ce renouveau de la fantaisie, voilà les bottes des années «disco» qui reviennent en trombe. Présentes à toutes les collections sans exception, elles accompagnent jupes aux genous, aux mollets et même les «mini» en compagnons indispensables. Ce qui les différencie, entre inspirations et griffes, c’est leur semelle! Plates et souples chez Chanel, en agneau ultradoux ; elles épousent la jambe tel un gant. Taillées dans...