Le président russe par intérim Vladimir Poutine a été enregistré hier comme candidat pour la présidentielle du 26 mars et peut désormais se lancer officiellement dans une campagne pour devenir le successeur de Boris Eltsine au Kremlin. Ancien chef des services de sécurité (FSB, ex-KGB), M. Poutine, 47 ans, est le favori de la course à la présidence, grâce à sa politique en Tchétchénie, largement approuvée par la population. Les derniers sondages pronostiquent son élection dès le premier tour, avec environ 53 % des voix. Nommé Premier ministre au mois d’août dernier, il est devenu président par intérim le 31 décembre lors du retrait de Boris Eltsine. Tous les renseignements présentés par Vladimir Poutine et concernant ses revenus et ses biens ainsi que ceux de sa famille sont exacts, a précisé la commission électorale centrale, chargée d’étudier les dossiers de tous les candidats avant de donner son feu vert. La candidature de son principal concurrent, le chef du Parti communiste russe, Guennadi Ziouganov, 55 ans, avait été enregistrée le 8 février. La commission électorale a également validé mardi la candidature du gouverneur de la région de Kemerovo (Sibérie), Aman Touleev. M. Poutine a déclaré à la presse qu’il publierait son programme après le 25 février, conformément à la loi électorale. Il a précisé que la restauration des valeurs morales de la Russie serait parmi ses priorités, ont rapporté les agences. Le président par intérim a en outre déclaré avoir «demandé aux services spéciaux russes d’assurer la vie sauve au correspondant de Radio Svoboda Andreï Babitski et sa liberté», selon l’agence Interfax. Il a précisé qu’il se trouvait «en contact permanent à ce sujet avec le parquet général et les services spéciaux» (FSB, ex-KGB). Le correspondant en Tchétchénie de Radio Svoboda (Radio Liberté), l’antenne russe de Radio Free Europe, Andreï Babitski a été arrêté par les forces russes le 16 janvier et n’a pas téléphoné depuis ni à sa famille ni à sa rédaction. Enfin, Vladimir Poutine a indiqué que les autorités russes ne se donnent pas de délai pour l’achèvement de l’opération en Tchétchénie soulignant : «Ce qui importe, c’est de préserver la vie de nos soldats». M. Poutine part en fin de semaine à Irkoutsk, en Sibérie, pour une première tournée à caractère électoral. Quinze candidats au total ont déposé les 500 000 signatures indispensables à l’enregistrement de leur candidature. Les plus connus parmi eux sont le chef de l’opposition réformatrice Iabloko, Grigori Iavlinski, le chef du parti LDPR ultranationaliste, Vladimir Jirinovski, le gouverneur de la région de Samara, Konstantin Titov (SPS, droite libérale), et l’homme d’affaires tchétchène Oumar Djabraïlov. Paradoxalement, les trois hommes dont on a pu dire ces deux dernières années qu’ils avaient une chance réelle de conquérir le pouvoir suprême ont renoncé à poser leur candidature. Le général Alexandre Lebed, devenu gouverneur d’une région de Sibérie, a totalement perdu le crédit qui était le sien lors de la dernière élection présidentielle en 1996. Evgueni Primakov, ex-Premier ministre, a également renoncé après l’échec relatif de son parti aux législatives de décembre. Le maire de Moscou Iouri Loujkov, victime d’une campagne médiatique acharnée commanditée par le pouvoir, a lui aussi renoncé à son ambition présidentielle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président russe par intérim Vladimir Poutine a été enregistré hier comme candidat pour la présidentielle du 26 mars et peut désormais se lancer officiellement dans une campagne pour devenir le successeur de Boris Eltsine au Kremlin. Ancien chef des services de sécurité (FSB, ex-KGB), M. Poutine, 47 ans, est le favori de la course à la présidence, grâce à sa politique en Tchétchénie, largement approuvée par la population. Les derniers sondages pronostiquent son élection dès le premier tour, avec environ 53 % des voix. Nommé Premier ministre au mois d’août dernier, il est devenu président par intérim le 31 décembre lors du retrait de Boris Eltsine. Tous les renseignements présentés par Vladimir Poutine et concernant ses revenus et ses biens ainsi que ceux de sa famille sont exacts, a précisé la commission...