Marseille s’est réconcilié de belle manière avec son public en matant le vieux rival parisien 4-1 hier au stade Vélodrome. L’OM respire un peu mieux avec ces trois points engrangés qui le replacent provisoirement à la sixième place du championnat à neuf journées de la fin de saison. Même si le club reste encore proche de la zone rouge, à six points du premier relégable, cette victoire vaut surtout pour la manière, l’enthousiasme des joueurs phocéens décidés à priver le dauphin du championnat d’un premier succès en douze ans au stade Vélodrome. «On a mangé notre pain noir et ce soir on a été récompensés», a résumé Sébastien Perez, auteur du premier but phocéen et un des meilleurs Marseillais sur le terrain. Le PSG reste provisoirement deuxième avec 42 points mais Auxerre peut repasser devant mercredi contre Strasbourg. Bernard Casoni, furieux de l’élimination de ses troupes en Coupe de France face à Gueugnon, a enfin retrouvé le sourire. Pas tout de suite, car Christian a ouvert le score dès la 7e minute sur un centre parfait de Jimmy Algérino côté droit, inscrivant de la tête son 14e but en championnat accueilli dans un silence de plomb. Mais les Marseillais n’ont pas désarmé. «Ce but parisien nous a réveillés, nous a fait jouer à 300 %», dira Cyrille Pouget. Celui-ci manquait d’égaliser à la 13e, puis Robert Pirès dont la frappe une minute plus tard était détournée sur la transversale par le vigilant Bernard Lama. L’inévitable rixe dans ce sommet traditionnel intervenait peu après, entre les deux Leroy, Jérôme côté marseillais et Laurent côté parisien. Un tacle dangereux du premier sur le second, qui répliquait d’un coup de pied et les deux joueurs en venaient aux mains, avant de prendre la porte tous les deux à la 19e minute. La chaussure de Maurice À dix contre dix, le football reprenait ses droits et Sébastien Perez relançait le suspense en égalisant à la 24e d’une tête piquée sur un centre de Pires. Pouget à l’affût manquait de redonner l’avantage à l’OM d’une tête lobante, mais le ballon récalcitrant rebondissait juste devant la cage vide puis repassait au-dessus de la barre sous le regard soulagé d’Eric Rabesandratana (30e). Pires déchaîné frappait au ras du poteau droit de Lama cinq minutes plus tard. Mais les Olympiens bien soutenus par leur public s’escrimaient en vain jusqu’à la pause. Au retour des vestiaires, le jeune Phocéen Richard Martini remplaçait Franck Dumas blessé mais c’est le PSG qui prenait pour la première fois le match en main. Laurent Robert signait une incursion très dangereuse côté gauche mais son centre pour Christian était dégagé du bout du pied par Yannick Fischer. L’attaquant brésilien, à la 57e, manquait le doublé dans un face à face avec Stéphane Trévisan mais le jeune remplaçant de Porato gagnait son duel. L’OM, beaucoup moins rapide qu’en première mi-temps, semblait piétiner quand Cyrille Pouget, sur une belle remise de la tête de Florian Maurice, donnait l’avantage aux Phocéens d’une reprise fulgurante à la 59e. L’OM allait être encore récompensé de son enthousiasme. Un corner tiré par Stéphane Dalmat échappait aux gants de Lama et le défenseur Jacques Abardonado, de la tête au deuxième poteau, inscrivait le troisième but marseillais à la 67e. Maurice, sur un corner dévié de la tête par Pires, alourdissait l’addition d’une pichenette à la 78e, avant d’offrir sa chaussure aux supporters dans un grand sourire. L’OM avait gagné son pari. Lyon sombre à Nantes Pour sa part, Lyon a passé une soirée encore plus inconfortable que celle du PSG concurrent de Paris, Lyon a subi un camouflet encore plus sévère à Nantes 6-1. Les Canaris survoltés ont frappé trois fois dans les dix premières minutes pour creuser un fossé que les hommes de Bernard Lacombe n’ont jamais réussi à combler. Ce sont Frédéric Da Rocha à la 6e d’une reprise sous la barre, puis Antoine Sibierski aux 9es sur coup-franc des 25 mètres et 10e sur un centre d’Eric Carrière qui ont assommé d’entrée le tombeur de Monaco lors de la précédente journée. Lyon a cru pouvoir relever la tête en fin de première période par Tony Vairelles qui a réduit le score d’une jolie frappe enveloppée à la 35e. Mais sur une faute d’une défense lyonnaise passablement nerveuse, un tir du droit du jeune Charles Devineau a permis aux Nantais de regagner les vestiaires avec un avantage conséquent : 4-1. Le pire était encore à venir puisque dès l’entame de la deuxième mi-temps, Devineau ajoutait un cinquième but dans l’escarcelle nantaise d’un tir en pleine lucarne. Le gardien lyonnais Grégory Coupet, déjà coupable d’une belle bévue sur le deuxième but, a encore relâché la balle sur un coup-franc à la 85e que Jean-Marc Chanelet s’est chargé de pousser au fond des buts. Lyon enregistre là une de ses plus cuisantes défaites depuis le 7-0 encaissé à Auxerre lors de la saison 1996-97, et stagne à la quatrième place du championnat avec 42 points. Les déplacements réussissent décidément mal à Lyon en ce moment. Le club rhodanien restait sur un voyage à Strasbourg conclu 4-2 pour les Alsaciens.
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