Les grandes affiches électorales, les haut-parleurs mobiles, les attaques personnelles et les coups bas entre candidats, monnaie courante avant toute élection, sont déclarés hors la loi pendant toute la durée de la campagne des élections législatives en Iran. Dès le 10 février, lancement, officiel de la campagne pourtant la plus passionnée depuis la révolution islamique de 1979, des consignes électorales très sévères ont été données aux partis et aux candidats, plus restrictives que lors des derniers scrutins. Les affiches des 5 824 candidats, dont 424 femmes – pour 290 sièges – ne devront pas dépasser le format de 20 cm sur 15 cm, sous peine d’amende, ce qui est une «première», que justifient les autorités par des nécessités de propreté et de préservation de l’environnement. Les cabines téléphoniques, les murs des magasins, les enseignes de commerçants, les lieux publics sont particulièrement prohibés. Les partis, au nombre d’une cinquantaine, et les associations qui soutiennent les candidats ne se privent pas, eux, de placarder d’imposantes affiches sur les autoroutes de Téhéran, dans les artères et sur les grandes places, comme la place Vali-Asr ou la place Vanak. Mais ils exhibent les photos de dirigeants du pays – le Guide, l’ayatollah Ali Khamenei, ou le président Mohammad Khatami – et non ceux des candidats. Les journaux, au nombre de 33 en Iran, qui jouent un rôle très important dans cette campagne, ne connaissent toutefois aucune restriction de ce type et peuvent mettre tout leur appareil de propagande au service des candidats. Le financement, parfois très coûteux, est assuré par les candidats eux-mêmes et les contributions privées ou les donations qu’ils obtiennent. Aucun argent public, aucun concours de municipalité, ne serait-ce que pour prêter des locaux, ne sont autorisés. Dans leur matériel de propagande et leur profession de foi, les candidats exposent leur biographie, indiquent le sens de leur engagement politique, soulignent aussi leur fidélité à la République islamique. Mais ils n’ont absolument pas le droit de se livrer à des polémiques ou des attaques personnelles vis-à-vis de leurs concurrents. Ils ne doivent pas tenter de discréditer les autres candidats, que ce soit sur le plan privé ou politique. Pour tenir les réunions, qui ne font pas recette en ces premiers jours de campagne, il faut réserver des salles privées. Comme dans les pays occidentaux, les restaurants sont parfois choisis. Le Front de la participation, la principale formation khatamiste, a loué à Téhéran un établissement de luxe, le Top, qui était très prisé du temps du chah. Ali-Reza Nouri a loué des cabinets médicaux. Un de ses adversaires a préféré des établissements d’auto-écoles. Les mosquées, qui furent le lieu privilégié de réunions ces derniers mois, sont interdites au débat électoral pendant la durée de la campagne officielle. Les tribunes de la prière du vendredi, temps fort de la vie religieuse chiite en Iran, sont absolument inaccessibles aux candidats, d’ici vendredi, fussent-ils officiellement «imam» de la prière, comme l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, candidat à Téhéran. Les salles des universités, comme l’Université de Téhéran ou l’Institut polytechnique, réquisitionnées pendant la précampagne, en particulier par la gauche, qui tentait d’y faire revivre la mobilisation des manifestations de juillet 1999, sont inabordables cette semaine. Mais même quand le lieu de réunion est autorisé, il faut faire attention : par «respect» des électeurs et des adversaires, les haut-parleurs mobiles sont strictement interdits.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les grandes affiches électorales, les haut-parleurs mobiles, les attaques personnelles et les coups bas entre candidats, monnaie courante avant toute élection, sont déclarés hors la loi pendant toute la durée de la campagne des élections législatives en Iran. Dès le 10 février, lancement, officiel de la campagne pourtant la plus passionnée depuis la révolution islamique de 1979, des consignes électorales très sévères ont été données aux partis et aux candidats, plus restrictives que lors des derniers scrutins. Les affiches des 5 824 candidats, dont 424 femmes – pour 290 sièges – ne devront pas dépasser le format de 20 cm sur 15 cm, sous peine d’amende, ce qui est une «première», que justifient les autorités par des nécessités de propreté et de préservation de l’environnement. Les cabines...