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Actualités - Chronologie

La presse britannique engage la polémique sur le droit d'asile

Le sort à réserver aux passagers du Boeing 727 afghan détourné provoque une polémique et relance le débat sur le droit d’asile en Grande-Bretagne, après les propos très fermes du ministre de l’Intérieur Jack Straw. Qu’elle parle de «laxisme» ou de «respect des droits de l’homme», la presse britannique n’est nullement étonnée vendredi que l’issue pacifique de la prise d’otage se soit soldée à ce stade par 74 demandes d’asile – sur les 165 personnes qui étaient à bord de l’avion détourné lundi sur l’aéroport de Stansted. «L’avion a survolé un grand nombre de pays avant d’arriver chez nous. Mais aucun n’est aussi laxiste (que le Royaume-Uni) pour les gens qui cherchent une vie meilleure», dénonce le journal populaire The Sun, le plus lu des quotidiens britanniques. Tandis que le Daily Telegraph (conservateur) remarque que la Grande-Bretagne n’est pas tant une «terre d’accueil» qu’un pays «qui remplit les obligations du droit international mieux que la plupart des autres». Pour un grand nombre de journaux, il ne fait en effet plus de doute que les pirates de l’air, peut-être associés à une partie des passagers, ont organisé la prise d’otages dans le seul but de se rendre en Grande-Bretagne, réputé eldorado des réfugiés, afin d’y demander l’asile politique. Et aucun ne fait grand cas des déclarations du ministre de l’Intérieur qui a clairement souhaité le départ rapide de tous les passagers et indiqué qu’il prendrait lui-même en main les dossiers des demandeurs d’asile pour les traiter rapidement – dans les deux semaines, croit même savoir le Times. La plupart des éditorialistes expliquent pourquoi la législation devrait permettre aux passagers de rester de longs mois en Grande-Bretagne. «La rhétorique sévère de M. Straw masque le fait que de toute façon, il agira dans le respect de la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés et que le système d’appel peut retarder leur départ pour longtemps», résume le Times. «Beaucoup de faits risquent d’empêcher que tout se fasse vite : comme c’était un vol interne, peu de passagers ont des papiers pour prouver leur identité et il n’y a pas de liens diplomatiques entre la Grande-Bretagne et l’Afghanistan qui permettraient de faire une enquête», note pour sa part le Daily Telegraph. «Avec la nature du régime à Kaboul, il y a peu de chance que la Grande-Bretagne renvoie qui que ce soit qui risque d’encourir une justice islamique sommaire», poursuit le journal qui appelle le gouvernement à durcir ses critères permettant l’octroi du statut de réfugié. Si leur demande est refusée, les Afghans peuvent jouer, comme tout demandeur d’asile, de la sophistication de l’appareil judiciaire britannique qui leur offre trois possibilités d’appel, devant un tribunal d’immigration, puis devant la Cour d’appel et enfin devant la Haute Cour. La justice examine actuellement plus de 4 000 contestations de la part de demandeurs d’asile déboutés et un appel peut prendre 60 semaines avant d’être examiné. «Il semble qu’il y ait trois groupes différents de personnes cherchant l’asile : les preneurs d’otages, qui vont devoir attendre la fin de leur procès et d’avoir purgé leur peine pour que leur demande soit examinée, leurs famille, femmes et enfants, qui encourent un réel danger s’ils retournent au Pakistan ou en Afghanistan, et les passagers ordinaires qui ont tiré avantage de leur arrivée inattendue en Grande-Bretagne pour faire une demande d’asile», résume Nick Hardwick directeur de l’organisation Conseil aux réfugiés dans une tribune publiée par le Guardian (gauche). Très prosaïquement, le Times, lui, fait les comptes et prévient les contribuables : ils devront débourser 400 000 livres au moins si 74 Afghans restent un an sur leur territoire.
Le sort à réserver aux passagers du Boeing 727 afghan détourné provoque une polémique et relance le débat sur le droit d’asile en Grande-Bretagne, après les propos très fermes du ministre de l’Intérieur Jack Straw. Qu’elle parle de «laxisme» ou de «respect des droits de l’homme», la presse britannique n’est nullement étonnée vendredi que l’issue pacifique de la prise d’otage se soit soldée à ce stade par 74 demandes d’asile – sur les 165 personnes qui étaient à bord de l’avion détourné lundi sur l’aéroport de Stansted. «L’avion a survolé un grand nombre de pays avant d’arriver chez nous. Mais aucun n’est aussi laxiste (que le Royaume-Uni) pour les gens qui cherchent une vie meilleure», dénonce le journal populaire The Sun, le plus lu des quotidiens britanniques. Tandis que le Daily...