Pays hôte de la Xe Cnuced, la Thaïlande souhaite jouer les bons offices entre les nations industrialisées et les pays pauvres. «Tigre» modèle à l’heure du «miracle asiatique», épicentre du séisme financier de 1997, elle est bien placée pour diriger les débats onusiens sur les avantages et les risques de la mondialisation dans les pays en développement. En Thaïlande, l’euphorie des années de prospérité – la décennie des taux record de croissance (1985-1996) symbolisée par l’émergence d’une classe moyenne aisée – s’est désintégrée avec la dévaluation de juillet 1997 et le drainage des capitaux étrangers. Elle a laissé place à un sombre tableau : secteur financier et bancaire criblé de dettes, monnaie plombée, cible des spéculateurs, sur fond de gestion opaque, sinon douteuse, de l’économie et de crise de confiance politique... En quelques mois, l’économie s’est contractée de 12 %, à un coût social énorme, jetant au chômage plus de deux millions de personnes. De Bangkok, l’épidémie s’est propagée comme un feu de paille à l’Asie orientale, plongeant la région dans la récession et faisant sentir ses effets au- delà, une des premières manifestations de l’interdépendance croissante des marchés financiers et des mouvements de capitaux dans l’économie globalisée. Humiliée, mise sous perfusion du FMI jusqu’à récemment, la Thaïlande semble aujourd’hui tirée d’affaire. Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a d’ailleurs salué «les réformes politiques et économiques de la Thaïlande qui peuvent servir de modèle à d’autres nations confrontées aux mêmes difficultés». La Cnuced devrait notamment débattre de la mise en place d’un système de prévention des crises économiques et d’une meilleure maîtrise des mouvements de capitaux à court terme. Requinquée, la Thaïlande entend bien profiter de la Cnuced pour redorer son blason. Elle veut en faire d’abord un forum de dialogue sur la mondialisation, auquel ont été conviées des organisations non gouvernementales, après l’échec retentissant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle en décembre. Sans ambition démesurée, compte tenu de l’intérêt tout relatif des pays riches pour la Cnuced, en particulier des États-Unis, et surtout de l’impasse à l’OMC. De fait, cette Xe Cnuced, comme les précédentes, n’a qu’un pouvoir de conseils et de suggestions, pas de décisions. Mais le gouvernement thaïlandais veut fédérer la cause des pays en développement dans les futures négociations multilatérales commerciales. Il y a d’autant plus d’intérêt que c’est un Thaïlandais, le vice-Premier ministre Supachai Panitchpakdi, qui succédera dans deux ans au Néo-Zélandais Mike Moore à la tête de l’OMC. Un mandat qui s’annonce d’ores et déjà crucial.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pays hôte de la Xe Cnuced, la Thaïlande souhaite jouer les bons offices entre les nations industrialisées et les pays pauvres. «Tigre» modèle à l’heure du «miracle asiatique», épicentre du séisme financier de 1997, elle est bien placée pour diriger les débats onusiens sur les avantages et les risques de la mondialisation dans les pays en développement. En Thaïlande, l’euphorie des années de prospérité – la décennie des taux record de croissance (1985-1996) symbolisée par l’émergence d’une classe moyenne aisée – s’est désintégrée avec la dévaluation de juillet 1997 et le drainage des capitaux étrangers. Elle a laissé place à un sombre tableau : secteur financier et bancaire criblé de dettes, monnaie plombée, cible des spéculateurs, sur fond de gestion opaque, sinon douteuse, de l’économie...