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Actualités - Chronologie

Parler jusqu'à l'usure : la stratégie a encore payé

La stratégie de la négociation jusqu’à l’usure, que la police britannique a toujours préférée à l’usage de la force lors de prises d’otages, a une nouvelle fois payé. «Nous avons une stratégie que nous répétons très souvent lors d’exercices», a indiqué une porte-parole de la force régionale de police de l’Essex, Kim White, qui a été confrontée dans le passé à plusieurs incidents de ce type. «Nous essayons toujours de négocier pacifiquement plutôt que de recourir à des méthodes militaires», a-t-elle ajouté. Dès l’atterissage du Boeing 727 de la compagnie Ariana lundi matin sur l’aéroport londonien de Stansted, la police de l’Essex a fait savoir qu’elle parlerait aux preneurs d’otages le temps qu’il faudrait pour aboutir à une solution pacifique. Ce travail de sape, accompagné de livraisons presque routinières de nourriture et de boissons, avait pour objectif d’amadouer le groupe de pirates de l’air. Il a failli être remis en cause mardi soir lorsque quatre membres d’équipage ont réussi à s’enfuir en brisant une fenêtre du cockpit. «Nous avons traversé des hauts et des bas. Mais lorsque la situation a été tendue, nous avons réussi à nous en sortir grâce à la confiance» qui avait été établie, a souligné le chef adjoint de la police de l’Essex, John Broughton. À Stansted, deux ou trois équipes de policiers spécialement formés ont maintenu en permanence le contact, par radio ou téléphone, en se relayant. Parmi eux se trouvait un officier ayant déjà aidé à la résolution pacifique d’un précédent détournement à Stansted en 1996, selon la presse britannique. Signe des liens qui avaient fini par être tissés, il semble que pirates de l’air et négociateurs se soient appelés par leurs noms ou prénoms. La police a même révélé qu’une rencontre en face à face, quasi surréaliste, avait été organisée tôt jeudi matin sur le tarmac, juste avant le dénouement de la prise d’otages. Deux des pirates ont été vus en train de discuter avec des policiers au pied de l’avion, munis de talkies-walkies fournis par les autorités pour leur permettre de rester en contact avec leurs complices à bord. En coulisse, une équipe incluant des psychologues et des médecins et une représentante du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’Onu (HCR), spécialiste de l’Afghanistan, a assisté la police. Cette dernière avait déjà fait la démonstration de sa réticence à employer la force en 1996, lorsque six Irakiens avaient fait atterrir un Airbus soudanais à Stansted, et en 1982 lors du détournement d’un avion de ligne tanzanien. Dans les deux cas, les passagers avaient été libérés sans effusion de sang. Et il y a tout juste un an, la police avait réussi à négocier la reddition de 79 militants kurdes qui avaient occupé pendant 60 heures l’ambassade de Grèce à Londres. Cette stratégie a toutefois souffert une exception de taille en 1980 : les forces spéciales (SAS) avaient alors donné l’assaut à l’ambassade d’Iran où six opposants au régime de Téhéran s’étaient retranchés. Sept personnes avaient été tuées lors de l’opération.
La stratégie de la négociation jusqu’à l’usure, que la police britannique a toujours préférée à l’usage de la force lors de prises d’otages, a une nouvelle fois payé. «Nous avons une stratégie que nous répétons très souvent lors d’exercices», a indiqué une porte-parole de la force régionale de police de l’Essex, Kim White, qui a été confrontée dans le passé à plusieurs incidents de ce type. «Nous essayons toujours de négocier pacifiquement plutôt que de recourir à des méthodes militaires», a-t-elle ajouté. Dès l’atterissage du Boeing 727 de la compagnie Ariana lundi matin sur l’aéroport londonien de Stansted, la police de l’Essex a fait savoir qu’elle parlerait aux preneurs d’otages le temps qu’il faudrait pour aboutir à une solution pacifique. Ce travail de sape, accompagné de...