Le marché des changes de Beyrouth s’est montré hier plus ou moins rassuré par les démarches diplomatiques entreprises afin de maîtriser la situation au Liban-Sud au lendemain des raids israéliens contre plusieurs centrales électriques. Ce changement de climat s’est aussitôt traduit par une certaine propension des opérateurs à l’offre plutôt qu’à la demande du dollar. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu sa fourchette d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert a dû achever la journée au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Dans ce contexte, les établissements de crédit ont été amenés à traiter le dollar bien en deçà de ce taux indicatif à des cours proches du point inférieur d’intervention de la BDL. C’est ainsi qu’il s’est finalement échangé entre 1 502,00 et 1 503,00 LL, après un départ entre 1 502,50 et 1 504,50 LL, quoique dans un volume d’affaires toujours mince, ne dépassant pas quelque sept millions de dollars entièrement négociés par les banques de la place à l’achat et à la vente, sans aucune intervention de la BDL. Raffermissement du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar a fait preuve de fermeté hier sur les marchés des changes internationaux, profitant aussi bien de la faiblesse de l’euro que de la livre sterling qui s’est dépréciée malgré le relèvement d’un quart de point en pourcentage à 6 % du taux directeur de la Banque d’Angleterre. La monnaie unique européenne est restée sous pression après la publication des chiffres sur le commerce extérieur en Allemagne un peu moins bon que prévu. À cet égard, les opérateurs ont été déçus hier par l’annonce d’un excédent commercial allemand de 3,9 milliards d’euros en décembre dernier alors que les prévisions des analystes allaient de 4,50 à 5,00 milliards d’euros. Selon les cambistes, cela a suffi à déclencher de nouvelles ventes d’euros alors que la devise européenne était déjà sur une pente descendante dès le début de la journée. Les investisseurs sont revenus sur leurs positions acheteuses, selon les analystes, en raison de l’incapacité de l’euro à franchir de nouveau à la hausse le seuil de la parité avec le dollar après un début de reprise la veille. De plus, la monnaie européenne a souffert hier des assauts du dollar après le retour à la hausse de Wall Street, ne parvenant même pas à bénéficier de la réussite de l’offre de Vodafone sur Mannesmann qui est censée pouvoir générer des flux de capitaux dans la zone euro en raison des ajustements de portefeuilles des gérants de fonds. Quant à la livre sterling, elle a été en légère baisse face à l’ensemble des autres grandes monnaies, hier, sans profiter du relèvement des taux britanniques qui était largement attendu et anticipé. Rappelons que la Banque d’Angleterre a relevé d’un quart de point en pourcentage à 6 % son principal taux de prise en pension, sans commenter sa décision, resserrant ainsi les conditions du crédit pour la quatrième fois depuis septembre dernier. Cela d’autant que certains analystes s’attendent à une prochaine remontée des taux britanniques qui pourrait intervenir, selon eux, entre les mois de mars et avril, sans toutefois dépasser les 6,5 % cette année, soit moins haut que leur pic de 1998 (7,5 %), du fait de l’inflation maîtrisée et de la force de la livre. Les analystes vont guetter la semaine prochaine la publication du rapport trimestriel sur l’inflation de la Banque d’Angleterre, qui donnera des indications sur ce que pense la banque des risques inflationnistes. De son côté, le yen a présenté quelques signes de résistance après l’annonce d’une hausse de 14,7 % en décembre en glissement annuel des commandes de machines du secteur privé, ne réagissant pas à la décision de la Banque du Japon de laisser son taux officiel d’escompte à 0,5 %, un niveau historiquement bas. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar s’est négocié finalement à New York, sur un ton généralement soutenu, comme suit : – 0,9863 pour un euro contre 0,9940, la veille – 1,6085 pour un sterling contre 1,6165 – 1,9830 DM contre 1,9675 – 6,6475 FF contre 6,5990 – 1,6290 FS contre 1,6180 – 1 963,25 lires contre 1 947,95 – 108,90 yens contre 108,80. Bourse de Beyrouth : marché faible Sur le marché libanais des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie hier de la baisse des actions A de Solidere dans une proportion plus grande que la hausse des actions B de la même société, le restant de la cote n’ayant pas bougé. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a perdu 0,28 % à 76,85 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 176,60 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans un marché déserté par les investisseurs, avec au total 15 550 actions négociées d’une valeur de 100 431 dollars. Wall Street : marché toujours vulnérable Sur les places boursières internationales, l’ambiance a été pesante et parfois très nerveuse à Wall Street, notamment sur les valeurs traditionnelles. Alors que l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq renouait plus franchement avec la hausse, le Dow Jones des 30 vedettes industrielles (DJIA) passait alternativement dans le rouge et dans le vert. Pour le reste du marché, la tendance était plus favorable et donnée par les titres des semi-conducteurs, des pétrolières et dans une moindre mesure par les constructeurs d’ordinateurs. À l’inverse, les valeurs de l’Internet connaissaient une nouvelle fois un dégagement alors que les craintes persistaient après les attaques informatiques massives sur quelques-uns des sites les plus importants au monde, qui ont déclenché une enquête criminelle de la Sûreté fédérale (FBI). Ainsi, à l’exception de Yahoo!, les sociétés d’Internet visées par les attaques ont abandonné du terrain hier. En revanche, les actions des fabricants de semi-conducteurs et de constructeurs d’ordinateurs ont progressé généralement avec notamment Intel, Motorola, Texas Instruments, IBM, Compaq... Pour ce qui est des valeurs de la pharmacie et de l’agrochimie, elles ont été délaissées, contrairement aux pétrolières qui ont trouvé appui dans la récente hausse des prix du brut. Cela étant, le DJIA a irrégulièrement fluctué hier entre un plus haut à 10 732,25 points et un plus bas à 10 643,87 points, avant d’afficher en préclôture 10 651,38 points, en baisse de 47,78 points sur la veille. Réduction des pertes des Bourses européennes Après de fortes baisses en matinée, les Bourses européennes ont regagné du terrain jeudi pour clôturer dans l’ensemble en légère baisse grâce à l’ouverture de Wall Street sur une note stable et à l’annonce de bons résultats de plusieurs grandes sociétés. Les marchés ont peu réagi à la hausse d’un quart de point des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre qui était attendue après les décisions similaires prises la semaine dernière par la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine. En revanche, la Bourse de Francfort a terminé sur un nouveau plus haut historique, grâce à des rumeurs de fusion dans le secteur bancaire et à la forte hausse des sociétés de services publics Via et Veba. L’indice Dax a gagné 1,05 % ou 80,16 points à 7 7019,27 points, mais la Bourse de Paris a cédé 1,02 % à 6 207,72 points après avoir fluctué entre 6 170 et 6 250 points en séance. Londres a perdu 0,56 %, Zurich 0,48 %, Amsterdam 0,88 % et Bruxelles 2,61 %, alors que Milan gagnait 1,46 % et Madrid 0,68 %. Les indices multipays ont opté pour la baisse. L’indice Eurotop 300 a perdu 0,23 % à 1 563,24 points et l’Euro STOXX 50 des valeurs vedettes de la zone euro 0,34 % à 5 174,35 points. Les valeurs du secteur de la distribution ont été les plus touchées, Marks & Spencer abandonnant 7,22 % à 238,5 pence, Somerfield 3,42 % à 54,66 pence tandis que le belge Delhaize cédait 6,61 % à 57,20 euros et que le français Carrefour se repliait de 5,77 %. Parmi les bénéficiaires de la journée figurent les banques et des groupes de biens de consommation non cycliques, comme les cigarettiers et les fabricants de cosmétiques. British Imperial Tobacco s’est adjugé 7,4 % à 421 pence et L’Oréal 2,2 % à 675 euros. Dans le secteur bancaire, la Commerzbank a bondi de 9,8 % à 35,35 euros sur des rumeurs selon lesquelles elle serait l’objet d’une offre du néerlandais ABN Amro qui a perdu 0,9 %. En Italie, Unicredito s’est adjugée 5,7 % et Banca Intesa 7,6 %. De son côté, Abbey National a gagné 6,3 % à 654 pence et Lloyds 6,13 % à 650,5 pence. Les marchés ont aussi tiré profit des bons résultats de grands groupes. Royal Dutch Schell a gagné 8,2 % à 432 pence à Londres et 2,5 % à 54,65 euros à Amsterdam. Le groupe pétrolier a annoncé un bénéfice record au quatrième trimestre surtout dû à la hausse des prix du pétrole et aux efforts de restructuration. Le distributeur allemand Metro s’est adjugé 1,3 % après l’annonce de bénéfices en hausse en 1999, en dépit d’une baisse de son chiffre d’affaires. Tokyo : en baisse après des prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a terminé en baisse jeudi sous le coup du fort recul de 2,36 % du Dow Jones la veille à Wall Street, de nombreux investisseurs nippons ayant en outre préféré ajuster leurs positions avant un week-end de trois jours, vendredi étant jour férié au Japon. L’indice Nikkei 225 a terminé sur une baisse de 297,75 points, soit 1,49 %, à 19 710,02, après avoir clôturé mardi à plus de 20 000 points pour la première fois depuis juillet 1997. L’indice Topix des valeurs de la première section a quant à lui reculé de 18,36 points, soit 1,1 %, à 1 729,47, et le Nikkei 300 a abandonné 5,46 points (1,7 %), à 320,02. «La prudence s’est emparée du marché avant le long week-end et après les pertes de New York, a constaté Masayoshi Okamoto, de Jujiyaz Securities. Certains s’attendent aussi à d’autres ventes de participations croisées à l’approche de l’arrêté des comptes en mars». Le contrat de mars sur l’indice Nikkei a reculé de 200 points, à 19 790. On a dénombré, sur la première section de la cote 883 valeurs en baisse pour 334 en hausse, dans un volume global de 845 millions d’actions après 720 millions la veille. La chute de Wall Street mercredi a fait craindre une poursuite de la baisse des valeurs américaines pendant le congé du marché japonais, a observé un professionnel. Un autre a souligné que l’avancée du Nikkei mercredi au-dessus des 20 000 points avait résulté de la hausse seulement d’une poignée de valeurs à forte cote et que bon nombre de ces valeurs se sont essoufflées jeudi.
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