Voile - Coupe de l'America 150 ans de pièges et d'astuces
le 10 février 2000 à 00h00
Absents pour la première fois le 19 février prochain d’une finale de Coupe de l’America, les Américains avaient, depuis un siècle et demi, bénéficié de la qualité de leurs bateaux, du flou des règlements et, parfois, de la naïveté de leurs adversaires. À l’origine, il n’y eut qu’une simple course à la voile autour de l’île anglaise de Wight, organisée dans le cadre de l’exposition universelle de Londres. «Pour la première fois, les Anglais acceptaient de régater contre des étrangers», rappelle François Chevalier, professeur d’architecture navale aux Beaux-Arts de Nantes (France) et auteur d’un ouvrage monumental sur la Coupe de l’America. Le vainqueur, America, que l’on soupçonne encore d’avoir emprunté un chenal raccourcissant le parcours, se vit remettre une aiguière en argent massif qui faisait partie d’un stock fabriqué en 1848 par le bijoutier londonien Robert Garrard. Conçus pour la haute mer En 1870, le New York Yacht club eut l’idée de la mettre en jeu. Pour cette régate, la goélette anglaise Cambria affronta – sans succès – pas moins de quatorze adversaires du New York Yacht Club sur un aller et retour au large de la métropole américaine. En 1871, les Anglais revinrent. Cette fois, leur bateau, Livonia, n’affronta qu’un seul bateau. Un seul... à la fois, qui était choisi parmi plusieurs en fonction du temps. Après avoir battu les bateaux canadiens, en 1876 et 1881, les Américains décidèrent d’imposer que les bateaux challengers arrivent par leurs propres moyens à Newport. Cette obligation permettait ainsi aux légers voiliers américains de recevoir en régate à Newport des bateaux faits pour affronter la haute mer. La dernière grosse affaire remonte à l’arrivée des Néo-Zélandais dans la Coupe de l’America en 1988. Un banquier, Sir Michael Fay, défia le San Diego Yacht Club à peine l’édition 1987 terminée. Ce fut un coup de tonnerre d’autant qu’il avait fait construire un bateau hors norme. Une sévère bataille juridique eut lieu, Michael Fay la gagna mais les Américains trouvèrent une nouvelle fois le moyen d’interpréter le règlement en expliquant que si la taille du bateau n’était pas définie, le nombre de coques non plus. C’est ainsi que Dennis Conner imposa le catamaran Stars and Stripes. La justice d’Auckland a ordonné mardi la saisie conservatoire de matériels appartenant au défi helvétique FAST 2000 que dirige le Français Marc Pajot pour couvrir une dette, a annoncé mercredi le quotidien New Zealand Herald. Le juge Roderick Joyce de la cour du district d’Auckland a donné suite à la requête de la société Air Space Inflatable Structures of Auckland, laquelle voulait récupérer le montant d’un impayé de 7 500 dollars néo-zélandais (environ 3 400 euros ou dollars US). Selon le journal d’Auckland, la dette date de novembre 1999. «La dette n’est pas très importante mais mon client est une petite entreprise et pour lui c’est beaucoup», a commenté l’avocat du plaignant. La justice, précise le quotidien, a saisi un canot pneumatique équipé de deux moteurs de 150 cv qui sert de bateau-tracteur lors des sorties et des entrées au port de Be Happy, le bateau du défi suisse. Mercredi, Marc Pajot n’avait pu être joint. En mai 1999, FAST 2000 avait déjà eu affaire à une injonction de la justice néo-zélandaise avec une saisie de son bateau suisse pour des loyers impayés auprès du village de l’America’s Cup. C’est un fabricant suisse de crème glacée qui avait dénoué la situation en réglant la facture.
Absents pour la première fois le 19 février prochain d’une finale de Coupe de l’America, les Américains avaient, depuis un siècle et demi, bénéficié de la qualité de leurs bateaux, du flou des règlements et, parfois, de la naïveté de leurs adversaires. À l’origine, il n’y eut qu’une simple course à la voile autour de l’île anglaise de Wight, organisée dans le cadre de l’exposition universelle de Londres. «Pour la première fois, les Anglais acceptaient de régater contre des étrangers», rappelle François Chevalier, professeur d’architecture navale aux Beaux-Arts de Nantes (France) et auteur d’un ouvrage monumental sur la Coupe de l’America. Le vainqueur, America, que l’on soupçonne encore d’avoir emprunté un chenal raccourcissant le parcours, se vit remettre une aiguière en argent massif qui...
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