Au second jour des défilés, le 18 janvier, deux grands noms de la couture française rappelaient avec brio la vocation première du vêtement: être porté... Karl Lagerfeld, l’extravagant créateur du catogan, renouait avec la tradition et l’impérissable style de la griffe en donnant une version 2000 au tailleur de Coco. Des ganses, du tweed toujours, des vestes courtes mais sans boutons, le légendaire vêtement fétiche ne modifie que sa jupe. Pour la première année du siècle, elle devient croisée, plissée ou carrément large. Le reste de la collection est haut en couleurs. La taille est prise dans de larges ceintures rigides, les vestes sont, bien entendu, omniprésentes, mais version neuve, à petites manches, épaules étroites et grand décolleté. Les fanfreluches, faux bijoux, chaînes et autres fantaisies sont bannis. Seul le jeu d’écharpes en organdi ajoute un sourire dans l’absence de tout détail ludique. La silhouette est fluide, dansante, à taille de guêpe. La longueur est celle du tailleur Chanel classique: entre le genou et le mollet. À signaler, le retour du tailleur-bar: veste blanche et jupe noire. Un autre revenu: le jupon, pour mettre en évidence une taille serrée dans la large bande métallique qui sert de ceinture. Le soir redevient féerique, voiles, mousseline, superpositions, broderies, coups de pinceaux sur de la soie... De quoi remettre à l’avant-scène une griffe qui, depuis quelque temps, se contentait de sa gloire passée. Lacroix, le magnifique Coloriste de génie, brodeur de nuances et sculpteur de matières inattendues, Christian Lacroix a connu un véritable triomphe à la fin de son défilé, ovationné par un public frénétiquement enthousiaste. Trait principal: silhouette courte avec des jupes en matières inattendues, rebrodées d’or: poulain, vinyle, cuir. La veste est petite, en toile ou denim mais, elle aussi, rebrodée de strass ou de perles en guise de gouttes de pluie. À porter à toute heure du jour ou de la nuit. Le métal argenté, doré, métallise les soies, ganse jupes et blouses, en devenant souple et malléable comme de la mousse. Il permet de donner de l’éclat à tout vêtement, du matin au soir et du soir au matin. Une mode gaie, ondoyante, réfléchissant la lumière, parsemée de broderies et de coups de pinceau, qui témoigne du talent et de la fécondité d’inspiration d’un grand créateur.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Au second jour des défilés, le 18 janvier, deux grands noms de la couture française rappelaient avec brio la vocation première du vêtement: être porté... Karl Lagerfeld, l’extravagant créateur du catogan, renouait avec la tradition et l’impérissable style de la griffe en donnant une version 2000 au tailleur de Coco. Des ganses, du tweed toujours, des vestes courtes mais sans boutons, le légendaire vêtement fétiche ne modifie que sa jupe. Pour la première année du siècle, elle devient croisée, plissée ou carrément large. Le reste de la collection est haut en couleurs. La taille est prise dans de larges ceintures rigides, les vestes sont, bien entendu, omniprésentes, mais version neuve, à petites manches, épaules étroites et grand décolleté. Les fanfreluches, faux bijoux, chaînes et autres fantaisies sont...