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Actualités - Chronologie

Haute couture Les collections de l'été 2000 (photos)

La journée du 17 janvier passé, qui marquait les défilés de la haute couture parisienne pour l’été 2000, était aussi insolite qu’inattendue. En commençant par Dior, où Galliano a proposé pour le premier été du siècle une descente dans les bas-fonds de Paris. Clochards, mendiants, naufragés urbains errants ont inspiré jusqu’au délire le créateur britannique. Pour servir cette vision miséreuse, il a mobilisé tout son talent et son génie. De somptueuses étoffes lacérées, des haillons précieux retenus à la taille par une ficelle, des ouvre-boîtes, des bouchons, des passoires accrochées en ornements. Une vieille chaussette retenue par une épingle à nourrice en guise de faux col... des taches de boue, du velours brûlé et de l’usure artistiquement et très fidèlement reproduits sur du satin, du cachemire, de la dentelle lacérée. Le clou de cette collection dantesque était les salopettes en soie imprimée journal. Le second volet du défilé abandonnait les déshérités pour les incurables de la psychiatrie : les bras en attelle, les pieds sanglés, bref en vêtements de crise démente, les mannequins s’écartaient pour laisser passer deux ballerines en tulle au milieu de cette foule bigarrée et misérabiliste. Que peut-on conclure de cette vision apocalyptique de l’art de se vêtir ? Parodie, caricature, critique amère d’une société aveugle ? Sans doute. Mais que vient faire la mode sur cette nef de fous ? Même si le cauchemar était superbement traité par le grand maître, quelle femme payerait une fortune pour acquérir semblables nippes ? Ungaro, maître des mélanges L’inspiration d’Emanuel Ungaro suit une autre trajectoire. Ses créations sont ciselées comme des bijoux, drapées, brodées, précieuses, ne respectant ni horaires, ni saisons. Elles se mélangent selon l’inspiration de leur propriétaire, celle du soir se porte avec un haut sport, celle du jour avec des accessoires grand-soir. Unique condition, de respecter féminité, raffinement et élégance. Rien n’est conventionnel mais, au moins, tout est beau. Révolutionnaire dans sa conception, la vision d’Ungaro prêche l’audace (sa mariée est presque une sans sa robe brodée) mais respecte l’harmonie et le juste dosage entre audace et bon goût. Valentino, quarante ans de mode intemporelle Mille modèles durant quarante ans de carrière. De la vraie haute couture fidèle à elle-même. Pour fêter son anniversaire professionnel, Valentino s’est penché sur son passé, revu et remis au goût du jour. Jusqu’à la robe blanche de sa fameuse «Collection Blanche» dédiée à Jackie Kennedy en 1967. Inimitable, unique, fait de simplicité et d’élégance, le style Valentino reste un séduisant et racé quadragénaire... Olivier Lapidus : le «portable» dans la manche Pour ce dynamique créateur, il est hors question que la couture se maintienne en marge de la technologie de son temps. Grâce à un accord avec Sony et Nokia, un téléphone mobile est incorporé, incrusté à la manche d’un blouson en shantung rose tandis qu’un petit écran niche dans la robe, côté cœur. La soie, dont les robes sont faites, contient des fibres optiques. Dans une demi-obscurité, les créations s’éclairent de l’intérieur produisant un effet onirique. Jeune, dynamique, étonnante et joliment contemporaine, la mode d’Olivier Lapidus, pour être hautement technologique, ne perd rien de son élégance et de son originalité.
La journée du 17 janvier passé, qui marquait les défilés de la haute couture parisienne pour l’été 2000, était aussi insolite qu’inattendue. En commençant par Dior, où Galliano a proposé pour le premier été du siècle une descente dans les bas-fonds de Paris. Clochards, mendiants, naufragés urbains errants ont inspiré jusqu’au délire le créateur britannique. Pour servir cette vision miséreuse, il a mobilisé tout son talent et son génie. De somptueuses étoffes lacérées, des haillons précieux retenus à la taille par une ficelle, des ouvre-boîtes, des bouchons, des passoires accrochées en ornements. Une vieille chaussette retenue par une épingle à nourrice en guise de faux col... des taches de boue, du velours brûlé et de l’usure artistiquement et très fidèlement reproduits sur du satin, du cachemire,...