Depuis sa naissance, en 1959, Barbie n’en finit pas de recevoir des coups. Sans que cela ait porté un coup à sa popularité qui reste immense. On a commencé par critiquer les courbes de sa silhouette et ses jambes interminables : pas vraiment un modèle idéal pour petite fille sage. Puis, lorsque l’on a fait parler la poupée-vamp, elle n’a rien trouvé de mieux à dire que «les maths, c’est trop dur». Indignation des féministes qui trouvent ces propos discriminatoires : «Qui a dit, se sont-elle indignées, que les maths sont exclusivement une affaire de cerveau masculin ?» Devant ce tollé, on a ôté ces paroles de la bouche de Barbie Aujourd’hui c’est la Barbie internaute qui déclenche le scandale. L’ordinateur que l’on a sorti et qui porte son nom et ses couleurs (rose bonbon et gris argenté) est violemment controversé. Et pour cause, il est amputé de plus de la moitié des programmes proposés aux jeunes garçons dans un système produit par la même firme et baptisé «Hot wheels PC». On a donc crié au complot, visant, une fois de plus, à confiner le sexe féminin, dès son jeune âge, dans ce domaine qui leur avait été traditionnellement imposé. Privées de stimulation intellectuelle Selon une spécialiste de «l’égalité des sexes dans le monde de l’informatique», les programmes offerts par le «Barbie PC» accentue le stéréotype des petites filles uniquement intéressées par la mode et des petits garçons qui ont des visées plus intellectuelles. Elle s’appuie sur la prépondérance des logiciels du genre, «L’Art d’imprimer les tissus», «Totalement tatou», «Fabrication des accessoires», «La création d’un magasin de vêtement», «Les préparatifs d’une party». Le côté éducationnel n’est pas totalement absent, mais il est jugé trop maigre avec des logiciels à caractère plus divertissant que scientifique tels que «À la découverte de l’Océan», «L’Encyclopédie 2000», «Le centre d’écriture créative». Pourquoi, se demande la spécialiste, ne pas mettre à la disposition des internautes féminines en herbe les titres accessibles aux garçons tels que «BodyWorks» (une leçon d’anatomie tridimensionnelle) et «Le voyage dans la logique des Zombi Nis» (un jeu de réflexion)? La firme Mattel qui produit Barbie, ses pompes et ses œuvres, se défend de pratiquer cette politique ségrégationniste et précise qu’elle voulait, en fait, fournir aux garçons et aux filles le même nombre de logiciels. Et comme l’essence même de Barbie est ludique et légère et que l’on ne pouvait pas l’ignorer, a naturellement empiété sur l’aspect purement instructif. Une justification inacceptable pour les associations éducatives qui arguent qu’on est ainsi en train de couper l’herbe sous le pied des petites filles qui, «naturellement» et sans qu’on les force, ont une curiosité intellectuelle et scientifique. Elles seraient certainement intéressées par des programmes quelque peu casse-tête, mais encore faut-il qu’on les mette à leur portée. Au lieu de les priver ainsi d’une telle stimulation cérébrale. Malgré ces réserves et ces mises en cause, Barbie et son ordinateur continuent à bien se vendre. Le PC vaut 599 dollars et il est équipé de tous les éléments de la technologie de pointe, y compris une caméra digitale. Les enfants peuvent l’employer pour faire leurs devoirs scolaires comme pour surfer le Web et se distraire avec les CD Rom. Trop «girly» au regard de certains, il rallie les aficionados de Barbie qui sont légion.
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