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Actualités - Reportages

Théâtre de Beyrouth - Al Altaarif de Sam Bardawil Tourmentes et révélations(photos)

Une œuvre touchante, courte, déroutante, au symbolisme multiple et aux messages perceptibles. Al altaarif (Article défini) de Sam Bardawil (qui signe là texte et mise en scène), s’inscrit dans la lignée d’un théâtre bien contemporain aux stridences modernes. Influencé par le théâtre d’avant-garde occidental, usant d’une gestuelle et d’une mimique délibérément accentuées, le jeune acteur dramaturge Sam Bardawil (dont c’est ici la première création scénique au Liban), effectue une brillante performance et révèle une personnalité complexe et tourmentée mais touchée par la grâce de la «transparence» et régie par le risque de la vérité à tout prix. Homme-chrysalide Dans un décor de solitude représentant une terre lézardée et une béance (symbole de la matrice ?) avec du sable qui pleut des spots, tel un inquiétant sablier qui mesure le temps alloué pour vivre, apparaît une sorte de Pierrot Lunaire tout vêtu de blanc (qu’on pourrait tout aussi bien prendre pour un patient d’hôpital ou un infirmier) au discours d’abord laconique, secret puis de plus en plus précipité et volubile. Mais parlons d’abord de cette très belle introduction (tel un rêve ou une vision) où ce personnage descend lentement un escalier affublé d’un manteau bleu enlevé telle une peau qu’on abandonne… image surprenante d’une chrysalide échappant à son cocon… naissance d’un être dont on écoutera sur fond de respiration rythmée le poignant soliloque avec de grinçantes pointes d’ironie. Soliloque faussement bavard englobant les confidences d’une vie aux camouflages soignés et d’une personnalité ambiguë mais tendant vers la lumière et la libération. Aveux douloureux et pris un peu à l’arraché, comme quelqu’un qu’on pousse vers un précipice, pour clarifier une identité sexuelle et sociale. Propos qui touchent à l’enfance, aux relations freudiennes avec les parents, au surmoi d’une éducation, aux valeurs héritées, aux notions du bonheur et de l’épanouissement, au poids des traditions, à l’obtus des lois, à la tyrannie du désir, aux stéréotypes d’une société, aux droits spoliés, aux conventions banales et sclérosées, aux interdits et aux tabous … Couper le cordon Combattre tout cela pour être «différent», pour «être soi». Rimbaud savait la gravité de ce conflit et trouvait «ce combat plus brutal qu’une bataille d’hommes». Si ce «personnage-arachnide» (l’allusion aux araignées et à leurs mortelles et sécurisantes toiles sont nombreuses) tente de toutes ses forces de se débattre contre les forces et les valeurs qui l’annihilent, il n’en demeure pas moins que la nostalgie de «rentrer» dans les rangs le saisit plus d’une fois… C’est en vain que l’on agitera sur scène ce perfide manteau qui l’appelle comme un sage et prudent retour au bercail. En vain. Car pour être un «pur», la lutte est acharnée et incessante. La mue est bien là mais l’adversité a le dessus. On ne nage pas peut-être impunément à contre-courant. Mais l’essentiel pour venir à la vie reste de couper le cordon ombilical. Même si c’est au détriment de la vie tant il est vrai que seule la vérité libère... C’est sur ce thème guère innocent que Sam Bardawil (diplômé de l’Université anglaise de Bristol et qui a approché The Royal Shakespeare Company) a courageusement brodé ses propos et fignolé une mise en scène subtile aux détails ingénieux et originaux. Un excellent moment de théâtre où dans notre société dominée par le mensonge, la fausseté, le clinquant et la mondanité se pose le problème (pourtant si éludé) de l’authenticité. Un choix difficile que les feux de la rampe ramènent en pleine lumière.
Une œuvre touchante, courte, déroutante, au symbolisme multiple et aux messages perceptibles. Al altaarif (Article défini) de Sam Bardawil (qui signe là texte et mise en scène), s’inscrit dans la lignée d’un théâtre bien contemporain aux stridences modernes. Influencé par le théâtre d’avant-garde occidental, usant d’une gestuelle et d’une mimique délibérément accentuées, le jeune acteur dramaturge Sam Bardawil (dont c’est ici la première création scénique au Liban), effectue une brillante performance et révèle une personnalité complexe et tourmentée mais touchée par la grâce de la «transparence» et régie par le risque de la vérité à tout prix. Homme-chrysalide Dans un décor de solitude représentant une terre lézardée et une béance (symbole de la matrice ?) avec du sable qui pleut des spots,...