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Actualités - Chronologie

La guerre, trou noir des finances russes

La guerre est loin d’être terminée et elle engloutit déjà plus de fonds que prévu, mais la Russie se lance dans la restauration du réseau pétrolier de la Tchétchénie, un chantier coûteux, risqué, qui pourrait ne jamais aboutir. Le gouvernement russe a admis que l’offensive militaire revenait plus cher que prévu. L’État avait anticipé pour 1999 une campagne de 3,5 milliards de roubles (135 M USD) et elle a ponctionné 5 mds de roubles (193 M USD), selon le premier vice-Premier ministre Mikhaïl Kassianov. Pour les analystes, ce chiffre ne correspond qu’à une petite partie de la réalité. «Nous pensons qu’il ne représente que les dépenses militaires directes, excluant celles du ministère de l’Intérieur et les coûts relatifs aux réfugiés», relève la banque autrichienne Raiffensen, dans une note d’analyse. En tenant compte de tout, les dépenses induites par la guerre en 1999 «doivent approcher au moins 10 mds de roubles (400 M USD)», ajoute la Raiffensen. Ces dépenses seront proportionnellement analogues pour les mois à venir. Sans compter la remise en état des «districts libérés» (excluant Grozny et les zones montagneuses du sud) évaluée à 420 M de dollars par le représentant du gouvernement russe en Tchétchénie, Nikolaï Kochman. Le conflit sera long. Les dates «finales» avancées sont chaque fois repoussées. Et les pressions ne cessent de s’accumuler sur les finances du pays. Alors que le Fonds monétaire international a suspendu ses prêts, le gouvernement approuve une hausse de 50 % des commandes d’armement pour 2000. L’impact de cette augmentation sur les caisses publiques est difficile à évaluer – les allocations internes à la défense étant peu transparentes –-, mais elle ajoute aux risques de dérapage. Les autorités n’hésitent pourtant pas à se lancer aussi dans la restauration du réseau pétrolier, seule vraie richesse de la république caucasienne. Elles disent vouloir rétablir une production annuelle de 2 millions de tonnes de brut. La compagnie publique Rosneft a été chargée des travaux de rétablissement des infrastructures pétrolières. Mais le chantier, pour lequel les premiers fonds ont été débloqués, est prématuré et pourrait engloutir des dizaines de millions de dollars, prévient la presse qui s’interroge sur le bien-fondé de cette décision. Les bombardements incessants depuis septembre de l’aviation puis de l’artillerie sur la république rebelle ont repris le travail de destruction entamé lors de la première guerre (1994-1996). Les puits de pétrole sont régulièrement en feu. L’oléoduc qui servait à acheminer vers la mer Noire le brut de la Caspienne est percé de toutes parts. Et les principales usines de traitement du pétrole se trouvent à Grozny, la capitale, où des combats meurtriers opposent soldats russes et combattants tchétchènes. Après la première guerre, des millions de dollars avaient été débloqués pour remettre en état le réseau pétrolier tchétchène, l’oléoduc traversant la république étant le seul permettant d’acheminer à travers la Russie les immenses réserves azerbaïdjanaises. L’oléoduc avait pu être réparé. Mais l’argent, s’il a profité à toutes sortes d’intervenants, n’a pas beaucoup servi à restaurer les infrastructures de la Tchétchénie. Les dossiers de détournement de fonds s’accumulent au parquet général, relevait cette semaine le quotidien Segodnia. Le canevas menant à ces affaires fut presque toujours le même : «L’argent du budget était versé à une organisation d’État, comme Rosneft, qui engageait des ouvriers. Peu avant la fin des travaux, des combattants attaquaient, les ouvriers étaient pris en otages, et l’ouvrage en construction était annoncé comme détruit». Dans les livres de comptes de l’État, la ligne allouée était simplement «barrée pour cas de force majeure», explique Segodnia. Le scénario du «trou noir» risque de se reproduire, craint le quotidien Vetcherniaïa Moskva. D’autant que parallèlement, la Russie poursuit la construction d’un oléoduc contournant la Tchétchénie.
La guerre est loin d’être terminée et elle engloutit déjà plus de fonds que prévu, mais la Russie se lance dans la restauration du réseau pétrolier de la Tchétchénie, un chantier coûteux, risqué, qui pourrait ne jamais aboutir. Le gouvernement russe a admis que l’offensive militaire revenait plus cher que prévu. L’État avait anticipé pour 1999 une campagne de 3,5 milliards de roubles (135 M USD) et elle a ponctionné 5 mds de roubles (193 M USD), selon le premier vice-Premier ministre Mikhaïl Kassianov. Pour les analystes, ce chiffre ne correspond qu’à une petite partie de la réalité. «Nous pensons qu’il ne représente que les dépenses militaires directes, excluant celles du ministère de l’Intérieur et les coûts relatifs aux réfugiés», relève la banque autrichienne Raiffensen, dans une note...