Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Arrêt sur image Les moissons du ciel

Au début, ce fut l’affolement des soupapes. Après tant d’années passées avec une poignée de chaînes, avec toujours les mêmes têtes à claques à l’antenne, ce fut ensuite le câble et l’abondance. Les premiers temps, on veut tout voir. On dévore. Et pour cause: on découvre les «autres», ceux qu’on ne voyait jamais. Et on s’aperçoit, en salivant un peu, qu’ailleurs l’herbe était plus verte; qu’il y a de plus jolis garçons que Ricardo, de présentatrice plus sexy que Shahnaz, que Micho n’est pas le seul à avoir la bouche fendue jusqu’aux oreilles, que Maguy est bien la seule blonde à n’avoir pas les yeux bleus et que Marcel n’est pas le seul à faire le «poids». Et puis après, on se calme. Mais je préviens les lecteurs qui n’auraient ni câble, ni parabole (cette race existe-t-elle encore?): la vie n’est plus la même avant et après le branchement. Après, plus possible de dire qu’il n’y a rien à la télé... bien que ce ne soit pas l’avis de quelque blasé à mes connaissances. Il y a forcément quelque chose. Évidemment, tout cela implique que vous soyez un spécialiste de la zappette même si en cherchant, on finit, comme ce fut mon cas, par se créer une ampoule douloureuse à l’index: le progrès se paie. Forcément, vous finirez par apprendre l’italien grâce à la RAI, ses animatrices mammaires et ses animateurs encore plus vieux que moi, ce qui me remonte le moral. Et grâce à la CNN, vous saurez ce qui se passe dans notre pays bien avant que nos «locales» ne soient informées... Lorsqu’en fin de journée vous avez vogué de TV5 – la dernière station où on parle encore le français avec l’accent du terroir québécois, suisse ou belge – à Arte, en passant par les «horizons» de Canal +, d’Euro Sport et ses ballons, il vous reste toujours l’ultime solution avec un peu de chance de retrouver Shahnaz, Maguy, Marcel et les autres, car si l’on sait à quelle heure ils débutent à l’antenne, on ne sait jamais quand ils décident enfin d’aller se coucher. P.S.: Les moissons du ciel, (Days of Heaven) de Terence Melik avec Richard Gere.
Au début, ce fut l’affolement des soupapes. Après tant d’années passées avec une poignée de chaînes, avec toujours les mêmes têtes à claques à l’antenne, ce fut ensuite le câble et l’abondance. Les premiers temps, on veut tout voir. On dévore. Et pour cause: on découvre les «autres», ceux qu’on ne voyait jamais. Et on s’aperçoit, en salivant un peu, qu’ailleurs l’herbe était plus verte; qu’il y a de plus jolis garçons que Ricardo, de présentatrice plus sexy que Shahnaz, que Micho n’est pas le seul à avoir la bouche fendue jusqu’aux oreilles, que Maguy est bien la seule blonde à n’avoir pas les yeux bleus et que Marcel n’est pas le seul à faire le «poids». Et puis après, on se calme. Mais je préviens les lecteurs qui n’auraient ni câble, ni parabole (cette race existe-t-elle encore?):...