Musique - Décès de Friedrich Gulda L'intello du piano
le 29 janvier 2000 à 00h00
Le pianiste et compositeur autrichien Friedrich Gulda est mort jeudi à 69 ans d’un infarctus, à son domicile de Weissenbach am Attersee (Haute-Autriche). Il avait incarné son pays après la Deuxième Guerre mondiale, comme jadis Chopin le fit pour la Pologne, ou Liszt pour la Hongrie. La notoriété de cet intellectuel du piano, – à la fois interprète classique apprécié, bon jazzman et improvisateur, mais surtout connu d’un public d’initiés –, fut en effet précoce. À 18 ans, il composait une messe et il enthousiasmait les publics de la vieille Europe. À 19 ans, il partait à la conquête de l’Amérique du Sud et à 20 ans donnait à New York un récital après lequel on parla de lui comme d’un second Horowitz. À 21 ans, on saluait en lui le compositeur des Chants de potence, à 22 ans, il jouait sous la baguette de Klemperer et de Mitropulos, à 23 ans il dirigeait de son piano les concertos de Mozart et donnait des récitals de sonates de Beethoven. Gulda écrivait à 24 ans un opéra et prononçait un cours magistral au Mozarteum de Salzbourg, et dès cette époque, un biographe, Erich Jantsch, mettait sur pied un «mythe Gulda». Le jeune virtuose ne relevait pas du prodige, mais s’imposait par la maturité de son jeu. Il réglait les problèmes de fugue comme des problèmes d’échecs, ce qui lui permettait de retrouver aisément le style de Beethoven et celui du musicien de jazz Louis Armstrong. Il arrivait à rendre la richesse de la vision colorée d’un Debussy comme il pouvait s’adonner à titre expérimental à composer pour l’église. Il fut dans le domaine du piano un des premiers à prendre le visage du virtuose moderne : celui d’un serviteur soumis, du compositeur armé d’une technique sans faille. Gulda avait résumé en une formule frappante le rôle qu’il attribuait à l’interprète : «L’amour pour moteur, la personnalité pour moyen et le respect véritable de l’œuvre pour but». Né à Vienne le 16 mai 1930, après des études à l’Académie de musique de Vienne comme élève de Bruni Seidlhofer (piano) et Josef Marx (théorie et compositions), il remporta en 1946 le Concours international de Genève. Malgré sa carrière internationale fulgurante et précoce, son intérêt de plus en plus vif pour le jazz l’amena, au début des années 1960, à renoncer au confort de cette activité de pianiste classique traditionnel. Il ne craignait pas de mêler dans ses programmes œuvres classiques et jazz. Il participa très tôt à la création d’un Eurojazz Orchestra, puis fonda un Concours international de jazz à Vienne et, en 1968, une école d’improvisation en Carinthie. Les dernières années de sa vie, il multiplia les expériences, jouant à l’occasion du saxophone baryton, de la flûte et du piano électrique. Son goût et son don pour l’improvisation l’amenaient à composer sur place les cadences qu’il a laissées des concertos de Mozart.
Le pianiste et compositeur autrichien Friedrich Gulda est mort jeudi à 69 ans d’un infarctus, à son domicile de Weissenbach am Attersee (Haute-Autriche). Il avait incarné son pays après la Deuxième Guerre mondiale, comme jadis Chopin le fit pour la Pologne, ou Liszt pour la Hongrie. La notoriété de cet intellectuel du piano, – à la fois interprète classique apprécié, bon jazzman et improvisateur, mais surtout connu d’un public d’initiés –, fut en effet précoce. À 18 ans, il composait une messe et il enthousiasmait les publics de la vieille Europe. À 19 ans, il partait à la conquête de l’Amérique du Sud et à 20 ans donnait à New York un récital après lequel on parla de lui comme d’un second Horowitz. À 21 ans, on saluait en lui le compositeur des Chants de potence, à 22 ans, il jouait sous la baguette...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.