Autriche Participation de Haider au gouvernement : les institutions européennes en ébullition
le 29 janvier 2000 à 00h00
Les institutions européennes sont entrées dans une véritable ébullition devant la perspective de l’entrée au gouvernement d’un pays membre de l’UE, l’Autriche, de ministres appartenant au parti de Jörg Haider, généralement considéré comme d’extrême droite. L’émotion est telle que les présidents d’institutions comme le Parlement européen (PE) Nicole Fontaine et la Commission européenne Romano Prodi – censés respecter une certaine neutralité – sont montés au créneau pour exprimer respectivement leur «inquiétude» et leur «profonde préoccupation». Et fait sans précédent, un État membre – la Belgique – a éprouvé le besoin de demander une «réaction commune» des Quinze face à un événement de politique intérieure d’un autre État membre. Cette demande belge du Premier ministre Guy Verhofstadt était exprimée dans une lettre envoyée à la présidence portugaise, en faisant référence aux «valeurs démocratiques» sur lesquelles l’UE est fondée. Le secrétaire d’État portugais aux Affaires européennes, Francisco Seixas da Costa, a réagi hier avec prudence en soulignant qu’il serait «prématuré d’échafauder des hypothèses». Il a insisté sur le fait que «l’Autriche est un pays qui a honoré strictement tous ses engagements sur le plan communautaire». Selon lui, «tout dépend du programme de gouvernement (autrichien) et des principes sur lesquels il s’appuiera». Cette ligne de prudence est celle de la Commission en tant que collège. Son porte-parole Peter Guilford répétait hier qu’il n’était «pas opportun pour la Commission européenne d’essayer d’influer sur la formation du gouvernement autrichien ou de préjuger» de son choix. Mais, a-t-il dit, la Commission surveillera ensuite de près «si sa politique et ses actions sont compatibles avec le traité ou la législation européennes». La possibilité de suspendre «certains droits (...) y compris les droits de vote» d’un État membre est prévue par le traité de l’UE si un sommet européen constate «une violation grave et persistante» des principes de «liberté, démocratie, respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que de l’État de droit». Cette «surveillance» risque de commencer très tôt. En vue du prochain Conseil des ministres européen des Finances lundi, un diplomate européen mentionnait ainsi que l’Autriche commençait à voir déraper son déficit budgétaire. «Comme membre de la zone euro, l’Autriche est soumise à des obligations et il est possible que les autres membres aient à lui demander prochainement un plan d’austérité budgétaire», a-t-il souligné. Au Conseil des ministres de l’UE comme à la Commission, les commentaires sur la situation foisonnaient. Certains insistaient pour prendre des mesures très rapidement contre Vienne, alors que d’autres étaient beaucoup plus modérés. «Le parti FPÖ de Jörg Haider est assez peu différent de celui de Gianfranco Fini qui avait pu aller au gouvernement en Italie en 1994 et qui par ce biais avait achevé sa normalisation démocratique», soulignait ainsi un responsable européen incitant à la modération. Au Parlement européen, instance politique par excellence, l’heure est plus à battre le tocsin. À l’exemple de certains membres de sa mouvance démocrate-chrétienne, sa présidente Nicole Fontaine est allée loin dans l’avertissement en affirmant que «le parti de Jörg Haider véhicule une idéologie aux antipodes des valeurs humanistes» et que son arrivée au pouvoir serait «intolérable». Mais l’ensemble du groupe des démocrates-chrétiens PPE est divisé sur la question, d’autant plus que les conservateurs autrichiens qui sont en pourparlers avec M. Haider pour former un gouvernement, en font partie.
Les institutions européennes sont entrées dans une véritable ébullition devant la perspective de l’entrée au gouvernement d’un pays membre de l’UE, l’Autriche, de ministres appartenant au parti de Jörg Haider, généralement considéré comme d’extrême droite. L’émotion est telle que les présidents d’institutions comme le Parlement européen (PE) Nicole Fontaine et la Commission européenne Romano Prodi – censés respecter une certaine neutralité – sont montés au créneau pour exprimer respectivement leur «inquiétude» et leur «profonde préoccupation». Et fait sans précédent, un État membre – la Belgique – a éprouvé le besoin de demander une «réaction commune» des Quinze face à un événement de politique intérieure d’un autre État membre. Cette demande belge du Premier ministre Guy...
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