Les principaux acteurs du coup d’État en Équateur, toujours en liberté trois jours après le putsch à l’exception du colonel Lucio Gutierrez, vont faire l’objet de poursuites au moment où le nouveau président Gustavo Noboa s’apprête à être investi officiellement mercredi par le Congrès. Le procureur général d’Équateur, Mariana Yepez, a demandé à la Cour suprême de justice l’ouverture de poursuites pénales contre les auteurs du putsch pour avoir «attenté à la sécurité intérieure de l’État». Chef de l’État jusqu’à vendredi, le démocrate-chrétien Jamil Mahuad avait été remplacé, à la suite de l’occupation du Congrès par 1 500 Indiens d’Équateur, par un triumvirat dont le chef, le général Carlos Mendoza, devait confier quatre heures plus tard le pouvoir à un civil, Gustavo Noboa, jusque-là vice-président de M. Mahuad. Jamil Mahuad avait dénoncé samedi le «coup d’État militaire» avant d’apporter son appui au nouveau président et de se retirer dans un domicile privé à Quito. Gustavo Noboa recevra son investiture officielle au Congrès de Quito qui avait ratifié à Guayaquil (sud-ouest) sa désignation à la tête de l’État. Le nouveau président a estimé que les militaires insurgés devaient être sanctionnés car ayant «commis un acte de déloyauté envers le pays» et a souligné que «les lois et les tribunaux militaires sont là pour ça». Plusieurs officiers, dont le colonel Lucio Gutierrez, avaient pris la tête de la révolte des Indiens pour exiger la démission du chef de l’État et la dissolution des pouvoirs législatif et judiciaire qualifiés par eux de «corrompus». Le colonel Gutierrez, d’abord désigné par acclamation comme «nouveau président de la République», faisait partie avec Antonio Vargas, leader des Indiens, et l’avocat Carlos Solorzano, d’une Junte de salut national désignée par les insurgés. Elle avait été ensuite remplacée par un triumvirat formé des deux derniers et du général Carlos Mendoza, chef d’état-major des Forces armées et ministre de la Défense. Quatre heures après l’annonce par le triumvirat de sa prise du pouvoir, le général Mendoza avait abandonné la troïka pour confier l’exécutif à Gustavo Noboa. Depuis cette décision, le général Mendoza, qui a renoncé à toutes ses fonctions, n’a pas été inquiété. Par contre MM. Vargas et Solorzano, toujours en liberté, font l’objet de poursuites pénales. Le colonel Gutierrez avait été arrêté dès samedi. Installées depuis 12 000 ans dans la région, les 28 nations indiennes, dénommées «indigènes» en Équateur, rassemblent 3,5 millions de personnes. Instigateurs de la révolte contre Jamil Mahuad, les Indiens n’ont remporté en fait, avec le renversement du président, qu’une amère victoire au goût de défaite. Les Indiens demandaient, outre la dissolution des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, la constitution d’un «gouvernement d’union nationale» : aucune de ces exigences n’a été satisfaite. Ils exigeaient l’abolition de la dollarisation – le remplacement du sucre, la monnaie nationale, par le dollar – décidée par M. Mahuad le 9 janvier : Gustavo Noboa a déjà annoncé son maintien. Antonio Vargas s’est dit prêt à aller en prison après l’annonce de poursuites contre lui et les autres conjurés. «Monsieur le président de la cour, ne gaspillez pas de papier, dites-moi quand je dois me présenter à la prison et où», a déclaré le président de la Confédération des nations indigènes d’Équateur (Conaie) au cours d’une conférence de presse. Les Indiens se considèrent toujours en situation de «soulèvement», avait rappelé Antonio Vargas, avant une mise en garde contre les risques d’une «guerre civile» en Équateur.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les principaux acteurs du coup d’État en Équateur, toujours en liberté trois jours après le putsch à l’exception du colonel Lucio Gutierrez, vont faire l’objet de poursuites au moment où le nouveau président Gustavo Noboa s’apprête à être investi officiellement mercredi par le Congrès. Le procureur général d’Équateur, Mariana Yepez, a demandé à la Cour suprême de justice l’ouverture de poursuites pénales contre les auteurs du putsch pour avoir «attenté à la sécurité intérieure de l’État». Chef de l’État jusqu’à vendredi, le démocrate-chrétien Jamil Mahuad avait été remplacé, à la suite de l’occupation du Congrès par 1 500 Indiens d’Équateur, par un triumvirat dont le chef, le général Carlos Mendoza, devait confier quatre heures plus tard le pouvoir à un civil, Gustavo Noboa,...