Tchad Hissène Habré rattrapé par son passé de dictateur
le 27 janvier 2000 à 00h00
Comme le général Pinochet, mais pour la première fois en Afrique, l’ancien président du Tchad, Hissène Habré, vient d’être rattrapé par son passé de dictateur, et cela à Dakar où il vivait en exil et en toute tranquillité depuis dix ans. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et neuf ressortissants tchadiens, victimes de la police politique de l’ancien dictateur, ont en effet déposé plainte hier devant un tribunal de Dakar pour «crimes contre l’humanité et actes de torture» contre Hissène Habré, 57 ans. Celui-ci avait obtenu l’asile politique au Sénégal après sa destitution en 1990 par le président Idriss Déby. En vertu du principe de la compétence universelle, ces organisations ont demandé à la justice sénégalaise d’ordonner l’arrestation de l’ancien président tchadien, présenté comme «le Pinochet de l’Afrique», «au nom de centaines de victimes de tortures, d’assassinats politiques et de disparitions», quand il était au pouvoir entre 1982 et 1990. Les plaignants ont fourni au tribunal «des informations détaillées sur 97 cas d’assassinats politiques, 142 cas de tortures et 100 cas de disparitions», selon un communiqué signé de sept organisations, dont la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), Human Rights Watch, la Ligue tchadienne des droits de l’homme et la RADDHO, basée à Dakar. Les neuf Tchadiens et l’Association tchadienne des victimes des crimes et répression politiques (AVCRP), représentant «792 victimes» de l’ancien régime, se sont constitués parties civiles dans cette affaire qui, selon les observateurs, ne peut qu’embarrasser les autorités sénégalaises. Celles-ci, au départ, lui avaient accordé le droit d’asile pour des raisons politiques et humanitaires, et elles n’ont pas encore réagi au dépôt de la plainte, un dossier de plusieurs centaines de pages, qui était examiné mercredi par le procureur de la République, Abdoulaye Gaye.
Comme le général Pinochet, mais pour la première fois en Afrique, l’ancien président du Tchad, Hissène Habré, vient d’être rattrapé par son passé de dictateur, et cela à Dakar où il vivait en exil et en toute tranquillité depuis dix ans. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et neuf ressortissants tchadiens, victimes de la police politique de l’ancien dictateur, ont en effet déposé plainte hier devant un tribunal de Dakar pour «crimes contre l’humanité et actes de torture» contre Hissène Habré, 57 ans. Celui-ci avait obtenu l’asile politique au Sénégal après sa destitution en 1990 par le président Idriss Déby. En vertu du principe de la compétence universelle, ces organisations ont demandé à la justice sénégalaise d’ordonner l’arrestation de l’ancien président tchadien,...
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