George W. Bush, un favori aux compétences mises en doute
le 25 janvier 2000 à 00h00
Le candidat républicain George W. Bush, fils du 41e président des États-Unis, caracole en tête des sondages en vue de l’élection présidentielle américaine, mais une partie de l’opinion s’interroge sur ses compétences. «Pourquoi l’Amérique aime-t-elle les candidats stupides ?», se demandait fin décembre le journaliste Jonathan Chait, dans le très sérieux magazine politique New Republican affichant, en une, Bush caricaturé avec un entonnoir sur la tête. Quant à Kevin Merida, il évoquait dans le quotidien Washington Post des «faiblesses» de Bush. Ces considérations sur la personnalité de «W», comme le qualifie la presse américaine, ne devraient cependant pas l’empêcher de confirmer sa position au niveau national, devant le vice-président démocrate Al Gore. Il devrait également réaliser une bonne performance le 1er février dans le New Hampshire, cet État symbolique du nord-est, où démarrent traditionnellement les élections primaires. Pas plus sa froideur dans l’application de la peine de mort au Texas, dont il est le gouverneur, que sa connaissance parfois approximative des dossiers internationaux, révélée par une récente interview, n’érodent sa popularité. Sa taille moyenne, son sourire facile et son allure lisse de bon père de famille contribuent visiblement à sa cote auprès d’Américains lassés des frasques du président Bill Clinton, pourtant reconnu comme un brillant intellectuel. Les détracteurs de George W. Bush s’interrogent sur le fait qu’un homme qui a accompli si peu soit, à 53 ans, en si bonne position au regard des autres candidats à la présidentielle du 7 novembre 2000. Après une enfance dorée, son père le pousse à suivre une formation de pilote de chasse sur F-102 et à décrocher sa licence à Yale, puis une maîtrise de «Business Administration» à Harvard. Le jeune homme ne se distingue en rien. À Yale, ses notes sont médiocres. Il est en constant décalage avec le courant dominant contre la guerre au Vietnam. Il déprime et reconnaît avoir caressé la bouteille jusqu’à la quarantaine. Des rumeurs ont couru sur son usage présumé de cocaïne. Il a démenti sans forcément convaincre. Après de petits emplois, il entre de plein pied dans le monde des affaires, celui des compagnies pétrolières texanes. Aiguillonné par Bush senior, il se lance en politique et tente en vain le Congrès en 1978. En 1988, il rejoint l’état-major de campagne de son père qui va succéder à Ronald Reagan. Mais c’est au Texas qu’il commence à voler de ses propres ailes. La popularité de l’équipe de base-ball des Texas Rangers, qu’il dirige, va lui servir de tremplin pour son élection comme gouverneur, en 1994. Sa popularité y est grande : il est le seul gouverneur à avoir été réélu pour un second mandat avec près de 70 % des suffrages.
Le candidat républicain George W. Bush, fils du 41e président des États-Unis, caracole en tête des sondages en vue de l’élection présidentielle américaine, mais une partie de l’opinion s’interroge sur ses compétences. «Pourquoi l’Amérique aime-t-elle les candidats stupides ?», se demandait fin décembre le journaliste Jonathan Chait, dans le très sérieux magazine politique New Republican affichant, en une, Bush caricaturé avec un entonnoir sur la tête. Quant à Kevin Merida, il évoquait dans le quotidien Washington Post des «faiblesses» de Bush. Ces considérations sur la personnalité de «W», comme le qualifie la presse américaine, ne devraient cependant pas l’empêcher de confirmer sa position au niveau national, devant le vice-président démocrate Al Gore. Il devrait également réaliser une bonne...
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