Les chefs d’État de la Communauté des États indépendants (CEI) se retrouvent aujourd’hui autour du Russe Vladimir Poutine pour un sommet que devraient dominer les conflits régionaux, en particulier celui de la Tchétchénie, à l’origine de tensions entre Moscou et les États du Caucase. C’est la première fois que Vladimir Poutine, devenu président par intérim à la suite de la démission de Boris Eltsine le 31 décembre dernier, assistera à une réunion de ce niveau aux côtés de 11 autres chefs d’État. La CEI, où l’influence de Moscou est prépondérante, réunit les ex-Républiques soviétiques, à l’exception des trois pays baltes, soit douze États au total. L’agence officielle Itar-Tass a souligné lundi dans une analyse que la participation de Vladimir Poutine à ce sommet pourrait d’ailleurs donner «un second souffle» à une organisation moribonde. «Il est évident que de nombreux sommets de la CEI ont été reportés ou annulés ces dernières années en raison des ennuis de santé d’Eltsine, ce qui a suscité la tiédeur de certains États membres à l’égard de cette organisation», a reconnu l’agence. Le «Premier président de la Russie», titre officiel de Boris Eltsine, n’a cependant pas l’intention d’être totalement absent de cet événement qui donnera lieu à de nombreuses rencontres à deux ou à trois ainsi qu’à un sommet des États du Caucase réunissant les chefs d’État russe, arménien, azerbaïdjanais et géorgien. «Ce soir (lundi), dans la résidence présidentielle de Gorki-9 (banlieue de Moscou), Boris Eltsine offrira un dîner d’amitié aux chefs d’État de la CEI», a annoncé le Kremlin. Il n’est pas exclu en outre que Boris Eltsine assiste au sommet de mardi. L’ex-président (68 ans) n’a pas été vu en public depuis son retour de Terre sainte début janvier. Vladimir Poutine a en tout cas l’intention de discuter d’un sujet qui lui est cher, la lutte contre le terrorisme, lors d’une réunion en comité restreint avec les seuls chefs d’État, a indiqué lundi le Kremlin. La Russie affirme qu’elle mène en Tchétchénie non pas une guerre mais une opération antiterroriste pour «liquider» les chefs de guerre islamistes, responsables, selon elle, d’une série d’attentats qui a fait 293 morts en août et septembre. Le président géorgien Edouard Chevardnadze a exprimé l’espoir que sa rencontre avec Vladimir Poutine à l’occasion du sommet marque un «tournant» et permette de surmonter «les divergences» entre les deux pays. Les relations entre Moscou et Tbilissi traversent une période de vive tension, les Russes ayant accusé à de multiples reprises les Géorgiens de laisser transiter par leur territoire des armes et des combattants en Tchétchénie. Les mêmes accusations ont été lancées par les Russes, mais avec moins de vigueur et de constance, contre l’Azerbaïdjan. Alexandre Iskandarian, du Centre d’études caucasiennes, n’était guère optimiste sur une éventuelle amélioration des rapports russo-géorgiens. «Les intérêts de la Russie et de la Géorgie sont opposés, aucun tournant n’est possible», a-t-il estimé, rappelant que la Géorgie souhaitait en outre, au grand dam de Moscou, se rapprocher de l’Otan. Le président azerbaïdjanais Heydar Aliev s’est également montré prudent sur les résultats du sommet : «Nous nous retrouvons et semblons nous entendre sur quelques points (lors de ces réunions), mais après, tout ce que nous avons décidé ne se fait pas», a-t-il commenté. Le conflit du Nagorny-Karabakh, une enclave peuplée d’Arméniens en territoire azerbaïdjanais, doit donner lieu à une rencontre dès lundi entre les présidents azerbaïdjanais Heydar Aliev et arménien Robert Kotcharian en présence de Vladimir Poutine. Celui de l’Abkhazie, région indépendantiste de Géorgie, et celui de Transdniestrie, région séparatiste de Moldavie, doivent également être discutés lors du sommet. La Russie a été accusée par les Géorgiens de soutenir le séparatisme abkhaze tandis que les forces russes sont toujours déployées en Transdniestrie, malgré l’opposition de Chisinau.
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