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Actualités - Chronologie

Fécondation Stérilité : la conception par précurseurs

La science-fiction n’aurait pas pu mieux imaginer : une grossesse normale (de jumeaux) a pu être obtenue par fécondation in vitro d’ovules féminins par des précurseurs de spermatozoïdes prélevés dans des testicules. La nouvelle a été rapportée par le très sérieux Lancet, ouvrant ainsi des horizons très vastes dans la reproduction humaine. L’auteur de cette expérience est un chercheur français, Jan Tezeric, directeur de l’unité Inserm de Clamart. Ce savant est parvenu à court-circuiter le long processus de maturation des spermatozoïdes et à féconder des ovocytes humains avec des spermatazoïdes immatures, précurseurs de la semence mâle. Dans un article publié cependant dans la revue scientifique La Recherche, il mettait en garde les chercheurs. «Bien que les résultats obtenus chez les animaux et chez l’homme montrent que la procréation avec spermatozoïdes est faisable, il serait très grave d’assimiler ces résultats préalables à une garantie d’absence de risque... Tous les risques potentiels ne sont pas maîtrisés et l’application à l’homme exige la plus grande prudence». Sans nul doute, la performance du chercheur français est sensationnelle, mais les risques qu’elle implique pour le genre humain ne le sont pas moins. Ainsi, les anomalies des chromosomes peuvent être transmises à la descendance. Certaines micro-délétions, sur le chromosome Y par exemple, transmettraient l’infertilité paternelle à la descendance mâle. Second inconvénient, le spermatide ouvre une brèche dans la membrane cytoplasmique de l’ovocyte pour pénétrer à son intérieur et le féconder. Quelle est la conséquence de cette rupture, qui met en contact l’œuf avec des composantes d’un milieu autre que celui de la conception naturelle? Vient ensuite le très important obstacle de l’empreinte génomique, susceptible d’être déréglée par injection directe de spermatides. Dans le processus naturel, lors de la rencontre et de la fusion du spermatozoïde et de l’ovule, les deux ne «s’expriment» pas à la fois. L’un «se tait» au bénéfice de l’autre. Le processus serait-il le même pour la fécondation par spermatides précurseurs? Il existe un ensemble de maladies neurologiques (atrophie spinale et bulbaire, dystrophie myotonique, chorée de Huntington) dues à des anomalies de l’empreinte du génome. Selon une étude du professeur de l’Université de Rotterdam, Peter Int Veld, datant de 1995, cinq anomalies chromosomiques sur des fœtus obtenus par micro-injections de spermatozoïdes avaient des caryotypes anormaux. Ces anomalies, avertissait dans sa communication ce chercheur, justifient une surveillance vigilante. D’autant plus que les gamètes des spermatides d’hommes stériles, bloqués dans leur développement, auraient plus de chances de transmettre des anomalies au futur fœtus. «Un enfant à tout prix», on le réalise, n’est pas exempt de risques. Aussi grand soit-il le désir de procréer, la prudence doit guider les gestes. Lorsque les faux pas de la nature et les errements sont spontanés, on ne peut que s’incliner devant une volonté qui dépasse l’entendement humain. En revanche, l’acharnement à satisfaire un désir de descendance, aussi légitime soit-il, frise l’inconscience lorsqu’il conduit à mettre au monde un être diminué, condamné à une vie d’invalide congénital.
La science-fiction n’aurait pas pu mieux imaginer : une grossesse normale (de jumeaux) a pu être obtenue par fécondation in vitro d’ovules féminins par des précurseurs de spermatozoïdes prélevés dans des testicules. La nouvelle a été rapportée par le très sérieux Lancet, ouvrant ainsi des horizons très vastes dans la reproduction humaine. L’auteur de cette expérience est un chercheur français, Jan Tezeric, directeur de l’unité Inserm de Clamart. Ce savant est parvenu à court-circuiter le long processus de maturation des spermatozoïdes et à féconder des ovocytes humains avec des spermatazoïdes immatures, précurseurs de la semence mâle. Dans un article publié cependant dans la revue scientifique La Recherche, il mettait en garde les chercheurs. «Bien que les résultats obtenus chez les animaux et chez...