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Actualités - Chronologie

L'image de la présidence de l'Etat éclaboussée(photo)

Symbole d’unité dans une société par nature hétérogène, puisque composée surtout de Juifs immigrés de tous les horizons et d’une minorité d’Arabes, la présidence de l’État d’Israël était éclaboussée hier par le scandale financier impliquant son occupant, Ezer Weizman. Une information judiciaire, sans précédent dans l’histoire du pays, a été ouverte sur les liens de M. Weizman, 75 ans, avec l’homme d’affaires français Édouard Saroussi, dont il aurait reçu d’importantes sommes d’argent alors qu’il était ministre dans les années 1980. La radio israélienne a indiqué que M. Weizman était notamment soupçonné de fraude fiscale. Le chef de l’État a surtout pour vocation d’incarner le consensus national, un rôle crucial, car il apparaît comme «une conscience» capable de ressouder les lignes de fractures non seulement entre Juifs et Arabes, mais surtout entre Juifs eux-mêmes, laïcs et religieux, sépharades d’Orient et ashkénazes d’Occident, de gauche et de droite. «De toutes les positions officielles de l’État d’Israël, il y en a deux qui ne peuvent en aucun cas faire l’objet d’une information judiciaire : le chef de l’État et le président de la Haute Cour de justice», affirmait hier le commentateur vedette du quotidien Yédiot Aharonot, Nahum Barnea. «L’autorité et l’influence de la présidence», poursuivait-il, «reposent sur son image propre, souveraine et au-dessus de la mêlée». C’est d’ailleurs pour cette raison que le chef de l’État n’assume pratiquement que des fonctions protocolaires et représentatives. C’est lui qui signe les lois promulguées par la Knesset (Parlement) et les conventions ou traités internationaux, accrédite les diplomates, ouvre les sessions du Parlement ou entérine les nominations des juges. Jadis, il disposait aussi d’une prérogative politique : le pouvoir de nommer après les élections le chef du parti qu’il estimait le plus apte à former la coalition gouvernementale. Cela n’était pas négligeable, car le système politique israélien à la proportionnelle intégrale se traduit généralement par des chambres composites souvent difficilement gouvernables. Mais cet unique pouvoir politique a disparu depuis 1996, à la suite d’une réforme constitutionnelle instaurant l’élection au suffrage universel direct du Premier ministre, parallèlement à celle des 120 députés de la Knesset, à qui il revient désormais d’office de former le Cabinet. Autant dire qu’il ne reste pratiquement plus au chef de l’État qu’un rôle honorifique, hormis le droit de grâce. Mais on voit mal comment M. Weizman pourrait user de ce droit alors qu’il fait lui-même l’objet d’une information judiciaire. Pour ses compatriotes, le coup est d’autant plus dur que l’actuel chef de l’État apparaissait comme une figure de légende en raison de sa personnalité et de son parcours personnel. Héros de guerre, ex-commandant en chef de l’aviation et ancien chef d’état-major adjoint, il a assumé les plus hautes fonctions, notamment celles de ministre de la Défense. Il est né à Tel-Aviv au sein d’une famille de la vieille aristocratie ashkénaze, son oncle, Haïm Weizman (1872-1952), ayant été le premier président de l’État. Selon un sondage réalisé, 41 % des Israéliens en âge de voter souhaitent sa démission, alors que 39 % y sont opposés et 20 % sans opinion. Parmi les six prédécesseurs de M. Weizman à la tête de l’État, tous étaient issus de la classe politique, hormis un scientifique, le professeur Ephraïm Katzir. Aujourd’hui, c’est à un personnage ayant un tel profil, c’est-à-dire plutôt incolore, mais respecté auquel les Israéliens rêvent pour succéder à M. Weizman.
Symbole d’unité dans une société par nature hétérogène, puisque composée surtout de Juifs immigrés de tous les horizons et d’une minorité d’Arabes, la présidence de l’État d’Israël était éclaboussée hier par le scandale financier impliquant son occupant, Ezer Weizman. Une information judiciaire, sans précédent dans l’histoire du pays, a été ouverte sur les liens de M. Weizman, 75 ans, avec l’homme d’affaires français Édouard Saroussi, dont il aurait reçu d’importantes sommes d’argent alors qu’il était ministre dans les années 1980. La radio israélienne a indiqué que M. Weizman était notamment soupçonné de fraude fiscale. Le chef de l’État a surtout pour vocation d’incarner le consensus national, un rôle crucial, car il apparaît comme «une conscience» capable de ressouder les...