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Actualités - Chronologie

Russie L'industrie a redressé la tête en 1999

L’industrie russe, qui n’avait pratiquement cessé de s’effondrer depuis la chute de l’URSS, a su pleinement tirer profit de la dévaluation du rouble et a redressé la tête en 1999. Mais cette renaissance, que le président par intérim Vladimir Poutine pourra utiliser pour sa campagne électorale, devra, pour durer, être alimentée par des investissements. La production industrielle a progressé de 8,1 % en 1999, selon les chiffres du comité d’État aux statistiques publiés jeudi dernier. La chimie-pétrochimie, la métallurgie, la sidérurgie, la pâte à papier, la porcelaine (et le verre) et l’industrie légère se sont envolées. L’industrie agroalimentaire, qui avait été totalement déstabilisée par l’éclatement de l’URSS, l’effondrement de l’agriculture et la disparition des réseaux de distribution, a regagné 7,6 % cette année. À l’exception de l’année 1997, où un léger frémissement avait été constaté, la production industrielle russe n’avait cessé de s’effondrer et représentait fin 1998 moins de 45 % de ce qu’elle était à la fin de l’ère soviétique. Les produits «soviétiques» n’étaient pas compétitifs en 1991. Lorsque les portes de la Russie se sont ouvertes aux produits étrangers, ils ont été submergés. La situation tournait même à l’absurde puisqu’à Moscou, il était devenu quasi impossible de manger russe. En 1999, la production russe a relevé la tête, profitant à plein de la dévaluation du rouble. Depuis la crise financière d’août 1998, le rouble a perdu 78 % de sa valeur. En conséquence, les importations ont été fortement pénalisées, permettant aux crèmes et aux shampooings de fabrication russe, chocolats et jus de fruits, téléviseurs et radios de regagner leur compétitivité et de retrouver le chemin des étalages. Parallèlement, les secteurs exportateurs de l’industrie nationale ont pu tirer leur épingle du jeu et vendre davantage. Certains secteurs ont d’ailleurs réussi à attirer les investisseurs étrangers. Frappées par le renchérissement du coût des importations et une diminution de leur part de marché, beaucoup d’entreprises étrangères, américaines et allemandes en tête, ont en effet accéléré leur implantation en Russie, faisant en retour profiter les usines russes de leur expérience et de leur argent. Le danois Dandy a construit une usine de chewing-gum Dirol à Novgorod, son concurrent Wrigley’s a fait de même à Saint-Pétersbourg. Unilever a commencé à faire sa margarine Rama et sa mayonnaise Calve à Moscou. Caterpillar, Nestlé, Philip Morris, etc., les investissements directs prouvent qu’en Occident, on croit encore aux perspectives du marché russe. Mais, avec quelque 3 milliards de dollars, l’argent étranger investi dans l’industrie russe reste très loin des 22 milliards de dollars que la Pologne par exemple, qui compte quatre fois moins d’habitants, a su attirer en 1998. Selon plusieurs experts, l’expansion industrielle arrive à ses limites : l’effet de substitution (abandon des produits étrangers trop chers au profit des produits nationaux) est pratiquement épuisé et déjà les biens de consommation étrangers reviennent (+48 % en décembre 1999 par rapport à décembre 98). Beaucoup d’usines sont obsolètes et sans une reprise marquée des investissements russes et étrangers, la rechute est à craindre dès le milieu de l’an prochain. Sur 1999, moins de 15 milliards de dollars, toutes origines confondues, ont été investis dans l’industrie du pays. Et pour modifier la tendance, il faudrait enrayer la fuite colossale des capitaux.
L’industrie russe, qui n’avait pratiquement cessé de s’effondrer depuis la chute de l’URSS, a su pleinement tirer profit de la dévaluation du rouble et a redressé la tête en 1999. Mais cette renaissance, que le président par intérim Vladimir Poutine pourra utiliser pour sa campagne électorale, devra, pour durer, être alimentée par des investissements. La production industrielle a progressé de 8,1 % en 1999, selon les chiffres du comité d’État aux statistiques publiés jeudi dernier. La chimie-pétrochimie, la métallurgie, la sidérurgie, la pâte à papier, la porcelaine (et le verre) et l’industrie légère se sont envolées. L’industrie agroalimentaire, qui avait été totalement déstabilisée par l’éclatement de l’URSS, l’effondrement de l’agriculture et la disparition des réseaux de distribution,...