Au moins huit pays, dont les deux organisateurs, le Ghana et le Nigeria, peuvent légitimement nourrir des ambitions avant le coup d’envoi, samedi à Accra, de la 22e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Mais la CAN aime surprendre. La victoire de l’Égypte en 1998 au Burkina Faso et la présence en demi-finales de l’équipe du pays organisateur et de la République démocratique du Congo en sont les exemples les plus récents. Si la prudence est donc de mise, le Ghana, le Nigeria et les quatre autres mondialistes, le Cameroun, la Tunisie, le Maroc et l’Afrique du Sud, et à un degré moindre l’Égypte et la Zambie font figure de plus sérieux prétendants parmi les seize participants à cette phase finale. Par dix fois, le pays d’accueil a remporté le titre, comme ce fut déjà le cas pour le Ghana en 1963 et 1978 et pour le Nigeria en 1980, sacré il y a tout juste vingt ans, dans le même stade national Surelere de Lagos qui accueillera la finale le 13 février. Difficile pour le Ghana À domicile, le Ghana, avec une équipe de jeunes joueurs déjà aguerris par les joutes européennes, rêve donc d’un cinquième sacre historique (63, 65, 78, 82) qui lui avait échappé en 1992 au Sénégal, lors d’une finale perdue aux tirs au but face à la Côte d’Ivoire. Le sélectionneur italien Giuseppe Dossena a apporté un supplément de rigueur aux Black Stars, décevants en 1998 (éliminés au premier tour) et qui espèrent entamer l’après-Pelé (Abedi) de la meilleure des façons. Mais le Ghana n’a pas été gâté par le tirage au sort, avec une somptueuse affiche en match d’ouverture samedi à Accra contre le Cameroun, une possible préfiguration de la finale pour le magazine spécialisé African Soccer. Sous la houlette du Français Pierre Le Chantre, les Lions indomptables, dominateurs dans les années 80 (deux fois vainqueurs de la CAN en 1984 et 1988, finalistes en 1986), ont retrouvé leur mordant. L’équipe est très équilibrée, avec des titulaires évoluant dans les grands championnats européens (France, Espagne, Italie, Angleterre). La Côte d’Ivoire et le Togo complètent le groupe A (à Accra). « Groupe de la mort » Encore plus relevé, le groupe D (à Lagos) fait véritablement figure de «groupe de la mort», avec trois mondialistes, le Nigeria, la Tunisie et le Maroc, et le Congo. Après le sacre à Tunis en 1994 et les deux dernières éditions manquées pour des raisons politiques, les Super Eagles, devant leur public, ont la pression. Le Néerlandais Johannes Bonfrère, l’entraîneur qui leur avait permis de décrocher le titre olympique en 1996 à Atlanta, a été rappelé. Mais le temps lui manquera peut-être pour transformer en équipe un amalgame de joueurs talentueux, dispersés aux quatre coins de l’Europe. Avec 19 des 22 sélectionnés disputant le championnat national, la Tunisie, toujours en quête d’un premier titre continental, est un peu l’antithèse du Nigeria. Les joueurs de l’Espérance de Tunis et du Club africain, battus respectivement en finale de la Ligue des champions d’Afrique et de la Coupe des coupes, ont soif de revanche. Depuis 1976, année de son unique sacre, le Maroc attend une nouvelle consécration suprême. Le Français Henri Michel, sélectionneur des Lions de l’Atlas depuis 1996, une stabilité extrêmement rare à ce poste en Afrique, compte sur son capitaine Nourredhine Naybet et le talent de Mustapha Hadji pour éviter l’élimination dès le premier tour. Opposée dans le groupe B (à Kumasi) au Gabon, à l’Algérie et à la République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud, vainqueur en 1996 pour sa première participation, puis finaliste en 1998, a en principe la voie dégagée jusqu’aux quarts de finale. C’est aussi le cas pour l’Égypte, favori avec la Zambie du groupe C (à Kano). Le Sénégal et le Burkina Faso semblent en effet à la portée des Pharaons. Les joueurs du Français Gérard Gili auront toutefois du mal à conserver leur titre. Finaliste en 1994 et 3e en 1996, la Zambie fait figure pour sa part de solide outsider. Les éliminatoires et les premiers matches de préparation n’ont pas permis de dresser un véritable état des forces, car certaines équipes étaient privées de leurs meilleurs éléments, retenus tardivement en Europe. L’heure de vérité sonnera samedi.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Au moins huit pays, dont les deux organisateurs, le Ghana et le Nigeria, peuvent légitimement nourrir des ambitions avant le coup d’envoi, samedi à Accra, de la 22e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Mais la CAN aime surprendre. La victoire de l’Égypte en 1998 au Burkina Faso et la présence en demi-finales de l’équipe du pays organisateur et de la République démocratique du Congo en sont les exemples les plus récents. Si la prudence est donc de mise, le Ghana, le Nigeria et les quatre autres mondialistes, le Cameroun, la Tunisie, le Maroc et l’Afrique du Sud, et à un degré moindre l’Égypte et la Zambie font figure de plus sérieux prétendants parmi les seize participants à cette phase finale. Par dix fois, le pays d’accueil a remporté le titre, comme ce fut déjà le cas pour le Ghana...