Les universitaires, les chercheurs et les cinéastes iraniens, hommes et femmes, se penchent depuis dimanche sur «la véritable image» de la femme dans le cinéma iranien et tentent de trouver un consensus sur les diverses dimensions des rôles féminins dans une société islamique. «Nous ne pouvons pas changer les choses avec simplement des circulaires», a reconnu M. Seifollah Dad, vice-ministre de la Culture chargé du cinéma, à l’ouverture d’un séminaire sur l’image de la femme au cinéma. Pour M. Dad, qui est lui-même cinéaste, les rôles féminins se sont améliorés au cinéma au cours des trois dernières années. Mme Batoul Mohtachémi, responsable du séminaire, a critiqué la «nudité» de la femme dans les films étrangers et indiqué que le cinéma iranien doit choisir «une voie médiane». Mme Mohtachémi a critiqué également les rôles féminins depuis la révolution islamique et estimé que les responsables culturels doivent présenter la véritable image de la femme dans les films. Pendant deux jours, ce séminaire, le deuxième du genre depuis la révolution islamique de 1979, va essayer d’étudier les différentes dimensions des rôles qu’une femme peut jouer dans un film en république islamique. Une quinzaine de personnes, universitaires, sociologues et cinéastes, doivent prononcer des discours sur le rôle de la femme sur l’écran. Femme ou star ? Ce séminaire est organisé à l’Université de Téhéran, à l’initiative du Conseil supérieur de la révolution culturelle, instance officielle présidée par le chef de l’État, Mohammad Khatami. Lors du premier séminaire, en février 97, des femmes cinéastes, étrangères et iraniennes, avaient plaidé pour une «meilleure présentation» de la femme, dans un cinéma «moins macho», et revendiqué une reconnaissance de leur rôle au côté des hommes dans l’industrie cinématographique, notamment en Iran. Ce séminaire va ainsi évoquer quatre nouveaux thèmes, tels que «la mission culturelle de la femme au cinéma», «la femme ou la star», «les critères de la présence d’une femme au cinéma», précise la presse. Les cercles modérés et les milieux intellectuels prônent une révision de la place de la femme dans le cinéma. Durant les premières années de la révolution, les rôles féminins avaient été réduits au strict minimum ou incarnés par des adolescentes. Aucun contact corporel n’est autorisé à l’écran entre une femme et un homme, même si ce dernier est censé être son mari. Les autorités imposent toujours des critères stricts à la soixantaine de films tournés en Iran chaque année, bannissant encore, par exemple, les femmes non voilées et les plans trop rapprochés de visages féminins. Depuis l’arrivée au pouvoir en mai 1997 du président Khatami, qui a été pendant dix ans ministre de la Culture, les nouveaux responsables culturels cherchent à desserrer l’étau sur le 7e art en République islamique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les universitaires, les chercheurs et les cinéastes iraniens, hommes et femmes, se penchent depuis dimanche sur «la véritable image» de la femme dans le cinéma iranien et tentent de trouver un consensus sur les diverses dimensions des rôles féminins dans une société islamique. «Nous ne pouvons pas changer les choses avec simplement des circulaires», a reconnu M. Seifollah Dad, vice-ministre de la Culture chargé du cinéma, à l’ouverture d’un séminaire sur l’image de la femme au cinéma. Pour M. Dad, qui est lui-même cinéaste, les rôles féminins se sont améliorés au cinéma au cours des trois dernières années. Mme Batoul Mohtachémi, responsable du séminaire, a critiqué la «nudité» de la femme dans les films étrangers et indiqué que le cinéma iranien doit choisir «une voie médiane». Mme Mohtachémi a...