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Actualités - Chronologie

Yougoslavie - Un sixième criminel de guerre échappe au TPI

Zeljko Raznatovic, un ancien chef de milice serbe connu sous le nom d’Arkan et inculpé pour crimes contre l’humanité en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, a été mortellement blessé samedi lors d’une fusillade dans un hôtel de Belgrade. Atteint à la tête, Arkan est décédé au centre des urgences de la capitale, selon des sources médicales concordantes. Il devient ainsi le sixième criminel de guerre yougoslave à être tué avant de comparaître devant le Tribunal pénal international. La fusillade, survenue à l’hôtel Intercontinental, a fait deux autres morts, dont un garde du corps d’Arkan. Selon un communiqué du juge d’instruction du tribunal de Belgrade, cité par l’agence officielle Tanjug, Zeljko Raznatovic est décédé à 18h50 heure locale (17h50 GMT). L’un de ses gardes du corps, Milenko Mandic, dit Manda, a été tué sur le coup, et un autre homme, Dragan Garic, est lui aussi mort de ses blessures au centre des urgences, selon le juge, qui ne donne pas de précisions sur cette troisième victime. Le communiqué ne donne pas d’indications sur le déroulement de la fusillade ou sur l’identité de celui ou ceux qui ont tiré sur Arkan. Selon un témoin cité par Tanjug, des agresseurs masqués auraient ouvert le feu au pistolet automatique sur Arkan et les personnes qui l’accompagnaient au rez-de-chaussée de l’Intercontinental. Les agresseurs se seraient ensuite enfuis. La police a mené pendant plusieurs heures des investigations dans le hall de l’Intercontinental, l’un des plus grands hôtels de la capitale yougoslave, dans le quartier moderne de Novi Beograd. Les policiers tenaient la presse à distance et se sont refusés à toute déclaration. La voiture d’Arkan, un gros 4x4 blindé noir, garé devant l’hôtel, a été remorquée par une dépanneuse de la police. Déception internationale... Arkan était âgé de 47 ans. Il avait créé et commandé à partir de 1991 une milice ultranationaliste appelée Les Tigres. Il a toujours rejeté les accusations de crimes de guerre portées contre lui, malgré la masse des témoignages disponibles. Le 31 mars 1999, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPI) de La Haye avait rendu publique son inculpation pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant les conflits en Croatie et en Bosnie-Herzégovine entre 1991 et 1995. Prononcée en septembre 1997, l’inculpation n’avait été rendue publique qu’un an et demi plus tard. Dans l’espoir de faciliter une éventuelle arrestation, le procureur du TPI, Louise Arbour, en avait décidé ainsi, avant de se raviser devant des informations faisant état de la présence de miliciens d’Arkan au Kosovo pendant la guerre dans la province au printemps 1999. Arkan avait démenti ces informations. Avant les guerres dans l’ex-Yougoslavie, Arkan était un bandit de droit commun, condamné à une vingtaine d’années de prison pour vol, extorsion de fonds et cambriolages de banques et recherché par Interpol dans sept pays d’Europe. Depuis quelques années, il s’était reconverti dans la politique, fondant un Parti de l’unité serbe (PSJ), et dans les affaires. La secrétaire d’État Madeleine Albright a déclaré que les États-Unis ne «retiraient aucune satisfaction du meurtre d’Arkan» car il échappe ainsi à la justice. Washington «aurait voulu qu’il réponde de ses crimes à La Haye» devant le Tribunal pénal international (TPI), a-t-elle ajouté. «Arkan a vécu violemment, ce n’est donc pas une surprise qu’il soit mort violemment», avait commenté auparavant le secrétaire au Foreign Office Robin Cook, premier responsable étranger à réagir. «Je regrette sa mort parce qu’elle nous empêche de rendre justice aux victimes de ses atrocités en le faisant comparaître devant le tribunal de La Haye», a ajouté le chef de la diplomatie britannique. À Belgrade, l’un des leaders de l’opposition au président yougoslave Slobodan Milosevic, Vladan Batic, a prédit que le meurtre d’Arkan resterait «non élucidé, comme tous les meurtres qui l’ont précédé», selon l’agence Beta. M. Batic, de l’Alliance pour des changements (SZP), se référait à une série de meurtres commis ces dernières années à Belgrade et sur lesquels la lumière n’a jamais été faite. «Quelqu’un qui en savait trop et qui a participé à beaucoup de choses a été tué», a déclaré un autre leader de l’opposition, Goran Svilanovic, de l’Alliance civique serbe (GSS). Au Kosovo, l’annonce de la mort d’Arkan a été accueillie avec joie par les Albanais de la province.
Zeljko Raznatovic, un ancien chef de milice serbe connu sous le nom d’Arkan et inculpé pour crimes contre l’humanité en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, a été mortellement blessé samedi lors d’une fusillade dans un hôtel de Belgrade. Atteint à la tête, Arkan est décédé au centre des urgences de la capitale, selon des sources médicales concordantes. Il devient ainsi le sixième criminel de guerre yougoslave à être tué avant de comparaître devant le Tribunal pénal international. La fusillade, survenue à l’hôtel Intercontinental, a fait deux autres morts, dont un garde du corps d’Arkan. Selon un communiqué du juge d’instruction du tribunal de Belgrade, cité par l’agence officielle Tanjug, Zeljko Raznatovic est décédé à 18h50 heure locale (17h50 GMT). L’un de ses gardes du corps, Milenko Mandic, dit...