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Actualités - Chronologie

Auto-Moto - Dakar 2000 La Libye pour un nouveau départ

Le Dakar-2000 doit prendre un nouveau départ, lundi, en Libye, six jours après la révélation de menaces terroristes qui ont provoqué l’annulation de quatre étapes au Niger, suscité les polémiques et relégué la course au second plan. Avec une étape comprenant une spéciale de 146 kilomètres, l’épreuve tente de reprendre son cours normal. Les lauréats de l’an passé (Jean-Louis Schlesser et Richard Sainct) occupent les deuxièmes places des classements autos et motos, à 6 min 15 sec et 22 min 22 sec respectivement du pilote japonais Kenjiro Shinozuka (Mitsubishi) et du motard espagnol Joan Roma (KTM). Dimanche, Sabha (Libye) a accueilli le dernier Antonov 124 transportant des véhicules du rallye. Dix-neufs vols de ce gigantesque avion cargo ont été nécessaires pour boucler l’opération que la société organisatrice TSO (Thierry Sabine Organisation) a appelé... «Reine de Sabha». Le pont aérien organisé pour transférer le rallye du Niger en Libye, après une alerte sur de possibles menaces terroristes, s’achevait dimanche après-midi avec le départ des derniers concurrents quelques heures après la fin du transfert de leurs véhicules. Une partie des «suiveurs» (mécaniciens, techniciens, journalistes...) ne devait s’envoler de Niamey que lundi, mais après le départ dimanche de tous les concurrents. Le rallye devait repartir lundi à 06h00 GMT de Sabha (Libye), pour une étape comportant 146 km de spéciale, au cours de laquelle il retrouvera son tracé initialement prévu. Le départ des deux vols transportant les derniers concurrents a pris du retard. Ils devaient quitter Niamey en deux vols à 15h00 GMT, mais les Boeing 737 devant les transporter à Sabha, point d’arrivée du pont aérien, n’ont atterri à Niamey que peu après 15h30 GMT. Le pont aérien pratiquement achevé À 11h17 GMT, le dernier avion cargo géant Antonov 124 s’était arraché dans un nuage de poussière de la piste de l’aéroport de Niamey, emportant dans sa soute huit camions et deux voitures, derniers véhicules de la course restant au Niger. Dix-neuf rotations des trois Antonov 124 affrétés par Thierry Sabine Organisation (TSO), société organisatrice du rallye, auront été nécessaires pour transférer 155 voitures, 76 camions, 147 motos et huit hélicoptères. Avant de prendre place à bord de ce dernier vol d’Antonov 124, Hubert Auriol, directeur de TSO, a souligné «le défi logistique» qu’avait représenté ce transfert en quatre jours de tout le matériel et des 1 635 personnes de la caravane. L’opération, baptisée «reine de Sabha» par TSO, aura coûté quelque 30 millions de FF, somme que stigmatisait dimanche Radio-Sahel, la station publique nigérienne, rappelant que le Niger est l’un des pays les plus pauvres du monde. TSO avait décidé le 11 janvier, à l’arrivée du «Dakar» à Niamey, d’annuler les quatre étapes et la journée de repos initialement prévues au Niger, suite à une mise en garde des autorités françaises et américaines sur une possible attaque terroriste contre le rallye en territoire nigérien. Les autorités nigériennes, qui ont nié l’existence d’une quelconque menace, avaient déployé le long du parcours 2 000 militaires soutenus par des moyens aériens et se sont engagées à assurer la sécurité du «Dakar». Elles ont très mal pris la décision de TSO d’organiser le pont aérien et ont, selon des sources concordantes, menacé avant le début de l’opération d’expulser le rallye du Niger par voie terrestre, avant de revenir en arrière et d’autoriser l’opération. Outre les dépenses sur place et les investissements réalisés, notamment par les hôteliers, dans les villes étapes, les autorités nigériennes sont surtout inquiètes des retombées négatives en terme d’image, alors que le pays venait tout juste de relancer le tourisme après une longue interruption suite aux rébellions touarègue et touboue au début des années 1990. Les organisateurs, qui ont affirmé «comprendre la colère» des Nigériens et affiché leur regret de voir l’épreuve amputée de certaines de ses plus belles étapes, notamment dans le désert du Ténéré, ont toutefois argué n’avoir pas eu le choix, au nom du principe de précaution. Dimanche, après cinq jours de bivouac de la caravane du rallye, l’aéroport de Niamey était quasi désert, débarrassé des centaines de tentes, véhicules et des dizaines d’avions qui l’encombraient depuis l’arrivée du «Dakar». Après le départ du dernier avion transportant les concurrents, seuls quelques dizaines de «suiveurs» resteront sur l’aéroport, trompant leur ennui et s’interrogeant sur leur repas du soir, la cantine mobile s’étant envolée avec le reste de l’intendance. Seuls quelques avions de l’organisation restaient sur le tarmac, pour assurer lundi le transfert de ces dernières personnes. Alors, le Dakar-2000 en aura fini avec la traversée du Niger. Par les airs. Le karaoké et le Ténéré Selon une source proche des services secrets français, des services de renseignements de plusieurs pays occidentaux ont mis en commun et recoupé les informations dont ils disposaient et faisant état d’une menace terroriste «réelle» sur le rallye lors de son passage au Niger. Des reconnaissances aériennes et des interceptions radio ont alors été effectuées avec des «moyens performants» au-dessus de la région, permettant de relever des «traces sérieuses» de convois armés qui se mettaient en place «avec un support logistique». Les autorités nigériennes ont toujours nié la réalité de ces menaces et affirmé que la sécurité de la caravane était assurée. Ils ont accusé TSO d’avoir «cédé aux injonctions» de Paris et ont évoqué un avenir improbable pour le rallye dans sa région fétiche d’Agades et du Ténéré. «Il est hors de question que le rallye, qui draine ce genre de sottises, revienne chez nous», a déclaré vendredi dernier le ministre nigérien du Tourisme, Rhissa Ag Boula. Les concurrents, mis au chômage technique, se sont occupés de diverses façons pour tromper l’attente. Promenades en pirogue, visite du zoo, découverte des restaurants de la capitale du Niger et fréquentation du «Koudou», une discothèque dont le karaoké a connu un gros succès, ont remplacé l’aventure sur les sables du Ténéré. Place à la course désormais. À moins d’une semaine de l’arrivée du rallye au Caire, les conditions promettent toutefois d’être différentes. Fraîcheur et même pluie sont attendues sur le rallye.
Le Dakar-2000 doit prendre un nouveau départ, lundi, en Libye, six jours après la révélation de menaces terroristes qui ont provoqué l’annulation de quatre étapes au Niger, suscité les polémiques et relégué la course au second plan. Avec une étape comprenant une spéciale de 146 kilomètres, l’épreuve tente de reprendre son cours normal. Les lauréats de l’an passé (Jean-Louis Schlesser et Richard Sainct) occupent les deuxièmes places des classements autos et motos, à 6 min 15 sec et 22 min 22 sec respectivement du pilote japonais Kenjiro Shinozuka (Mitsubishi) et du motard espagnol Joan Roma (KTM). Dimanche, Sabha (Libye) a accueilli le dernier Antonov 124 transportant des véhicules du rallye. Dix-neufs vols de ce gigantesque avion cargo ont été nécessaires pour boucler l’opération que la société...