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Actualités - Reportages

Concert A l'Auditorium de l'UL - Sin El Fil(photo)

Du piano, encore et toujours. Délaissés un peu au profit des festivités de Noël et de Ramadan, les concerts ont repris sagement leurs gammes. Pour cette reprise in petto, le Conservatoire national supérieur de musique a présenté à l’auditorium de la faculté des sciences médicales – Ul – Sin el-Fil le très jeune pianiste Sevag Der Ghougassian (élève de Mme Angela Hadichian) dans un programme au ton absolument romantique. Au menu, des pages de Chopin et Liszt et une composition du cru même du jeune virtuose. En ouverture, une Mazurka (op 6 n°1 en fa min) empruntant avec une curieuse mélancolie le rythme enjoué de la «mazoure», cette danse populaire polonaise. Couleurs en demi-teinte pour une narration subtile habillée d’une féerie bien particulière où Chopin coule rêverie, énergie et tristesse. Suit un brillant rondeau (op 1 en do min), toujours de Chopin au mouvement impétueux et vif mais s’apparentant toujours à un répertoire profondément romantique. Déferlement torrentiel de notes échevelées, chromatismes lumineux et liquescents et rythme accéléré avec les danses hongroises (n°3 en si b maj et n°5 en mi min) de Liszt où patriotisme et exaltation font un excellent ménage en ces pages éblouissantes célèbres (et célébrées) d’un des plus grands virtuoses du clavier. En écoutant ces pages retentissantes d’un certain souffle tzigane, on savoure sans retenue ces broderies et effets sonores, ce rubato continuel où l’on passe sans transition du mouvement lent au mouvement vif. Et c’est à juste titre qu’on se rappelle ce passage de Liszt à la comtesse d’Agoult : «Ma mission à moi sera d’avoir mis avec quelque éclat la poésie dans la musique du piano». Il ne pouvait ni mieux le dire ni l’écrire tant cette poésie certes échevelée se situe dans un esprit hugolien et démesuré du siècle des dandys et des femmes au teint d’albâtre. Après l’entracte, retour à Chopin avec une étude (op 25 n°7 en do min) des préludes (nos 4, 18, 20 et 22) et bien entendu pour couronner ce récital aux somptueuses et ténébreuses sonorités romantiques, deux «Polonaises» op 40 n° 1 et 2. Brillantes, véhémentes, puissantes, véritables tempêtes capables de déchaîner une foule de sentiments, ces impérissables «polonaises» nées d’un amour fou et de la nostalgie en boule de feu pour une patrie. Devant ce flot impétueux de notes en cavalcades et ces grappes dorées et tourmentés d’accords riches, quelle résonance peut-on accorder à cette composition de Sevag Der Ghougassian intitulée tout simplement «Pièce pour piano»? Une résonance bien moderne dans son aspect laconique et son inspiration oscillant entre un zeste de Babadjanian et un vague parfum de Gershwin. Douce alliance d’un certain esprit occidental et réminiscence arménienne pour dire dans un lyrisme à peine contenu toute la fougue de la vie. Sevag Der Ghougassiana un talent d’interprète à garder à l’œil (ce serait bien entendu à l’ouïe!) et une vocation de compositeur à suivre. Il va sans dire qu’il ne s’agit là pas uniquement du talent mais aussi et sans conteste d’un labeur assidu. Longue salve d’applaudissements pour ce jeune virtuose qu’un cercle d’amis et d’amateurs de musique sont venus encourager et que le jeune artiste a gratifié d’un bis. Un bis suspendu toutefois aux premières notes tant la fatigue des doigts et de l’esprit du jeune pianiste étaient en cause. Pour un premier concert, soutenu de bout en bout, l’effort n’est guère à négliger. Et de sympathie, les applaudissements ont à nouveau crépité.
Du piano, encore et toujours. Délaissés un peu au profit des festivités de Noël et de Ramadan, les concerts ont repris sagement leurs gammes. Pour cette reprise in petto, le Conservatoire national supérieur de musique a présenté à l’auditorium de la faculté des sciences médicales – Ul – Sin el-Fil le très jeune pianiste Sevag Der Ghougassian (élève de Mme Angela Hadichian) dans un programme au ton absolument romantique. Au menu, des pages de Chopin et Liszt et une composition du cru même du jeune virtuose. En ouverture, une Mazurka (op 6 n°1 en fa min) empruntant avec une curieuse mélancolie le rythme enjoué de la «mazoure», cette danse populaire polonaise. Couleurs en demi-teinte pour une narration subtile habillée d’une féerie bien particulière où Chopin coule rêverie, énergie et tristesse. Suit un...