Le conglomérat allemand diversifié dans les télécoms, Mannesmann, continue de se défendre seul contre l’offre hostile du britannique Vodafone AirTouch, sans chercher de «chevalier blanc». Présentant hier sa défense contre Vodafone, le patron du groupe de Düsseldorf, Klaus Esser, a de nouveau qualifié l’offre du britannique de «complètement insuffisante». Celle-ci, la plus importante jamais lancée, s’élève à près de 130 milliards d’euros. Sûr de lui et de sa stratégie, M. Esser a insisté sur le fait qu’il ne cherchait pas de «chevalier blanc» pour contrer Vodafone. Des rumeurs avaient circulé dernièrement, selon lesquelles Mannesmann souhaiterait l’aide du français Vivendi pour se défendre contre le Britannique. «Nous ne cherchons pas de partenaire pour contrer l’offre de Vodafone, ni Vivendi ni un autre», a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Düsseldorf. Pour convaincre ses actionnaires, M. Esser a promis une très forte croissance des titres du groupe dans les années à venir. «Le cours de l’action Mannesmann ne chutera pas en cas d’échec de l’offre hostile de Vodafone», qui s’achève le 7 février, a assuré M. Esser. «Quand tout sera fini, les bouchons de champagne sauteront aussi pour l’action Mannesmann», a-t-il affirmé. D’ici à la mi 2001, le titre aura une valeur de 350 euros si l’entreprise reste indépendante. Si ce niveau n’est pas atteint à cette date, alors les salaires des membres du directoire du groupe seront réduits d’un quart, a-t-il promis. Actuellement, l’action Mannesmann a une valeur fondamentale de 250 euros. Aux critiques de Vodafone, lui reprochant de ne pas vouloir suffisamment s’internationaliser, M. Esser a déclaré qu’il préférait la qualité à la quantité. Certes, Vodafone est présent dans 24 pays mais ils n’ont pas tous un fort potentiel de croissance, a-t-il remarqué. Mannesmann, lui, a placé ses pions dans quatre pays européens avec un grand marché, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et l’Italie, a-t-il souligné. «Les îles Fidji (où est présent Vodafone) sont bonnes pour mes vacances mais pas mon action», a-t-il lancé. En revanche, M. Esser a laissé entendre qu’il n’excluait pas de s’étendre aux États-Unis, ce qui lui était jusqu’ici reproché par Vodafone. À la question de savoir si le groupe voulait être présent aux États-Unis, M. Esser a déclaré: «C’est envisageable, les États-Unis sont un grand marché», évoquant la possibilité de partenariat ou d’acquisitions. Mannesmann compte également offrir à ses actionnaires «plus de valeurs aujourd’hui, plus de valeurs demain et moins de risques» grâce à ses projets dans l’Internet. D’ici à deux ou trois ans, le nombre des clients de Mannesmann pour les services Internet sera quasiment égal à celui des services téléphoniques, a-t-il assuré. Actuellement, Mannesmann compte 36 millions de clients pour ses services téléphoniques en Europe, a déclaré M. Esser. Et cela va très fortement augmenter dans les prochaines années, a-t-il pronostiqué. Il a également indiqué envisager le placement en Bourse des activités Internet. Il a en revanche balayé d’un revers de la main les projets de Vodafone dans ce secteur, présentés mardi. Ils ne contiennent rien que Mannesmann ne puisse offrir lui-même avant le lancement prévu en juillet de ses nouveaux services, a estimé M. Esser.
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