Pour Pete Sampras et Martina Hingis, une page d’histoire pourrait s’y écrire. Pour Andre Agassi, c’est juste un «gentil petit court». Les deux Américains et la Suissesse ont déjà goûté au succès sur le court central de Melbourne et tous ont de sacrées bonnes raisons de vouloir récidiver lors de ces Internationaux d’Australie 2000, qui débutent lundi. Sampras, qui espère faire mieux que l’Australien Roy Emerson en enlevant son 13e tournoi du Grand chelem, se dit plus affûté qu’il ne l’a été depuis des années. Agassi, épaulé par sa compagne Steffi Graf, qui n’ignore rien des victoires dans le premier grand tournoi de l’année, veut poursuivre sur sa lancée de 1999, où il était devenu le cinquième joueur de l’histoire à enlever les quatre tournois phares du circuit dans sa carrière grâce à ses succès à Roland-Garros et à l’US Open. Le kid de Las Vegas a une tendresse toute particulière pour le court central de Melbourne, rebaptisé cette année court Rod Laver, depuis sa victoire de 1995. «Au revoir, gentil petit court, sois bon avec moi cette année», a-t-il murmuré après une petite séance d’entraînement en compagnie de Steffi. Le couple vedette du tennis mondial a été la proie des paparazzi depuis son arrivée à Melbourne, mais Agassi, bien évidemment, préférerait faire parler de lui sur le court. «Je me rends trop bien compte des sacrifices qu’il faut consentir pour revenir au plus haut niveau et je me doute bien que si je devais trébucher une nouvelle fois, ce serait la dernière», a déclaré le numéro un de l’année 1999, qui avait rétrogradé à la 122e place mondiale en 1997. Sampras affûté «Mon but est d’atteindre tous les niveaux que je me crois capable d’atteindre avec mon jeu. En tant qu’athlète, vous voulez absolument atteindre votre summum, et je pense toujours que je n’en suis pas encore arrivé là», a-t-il ajouté. Agassi comme Sampras sont dans le haut du tableau messieurs, le plus relevé, et pourraient se retrouver dès les demi-finales s’ils arrivent à franchir les obstacles non négligeables placés sur leur route. Agassi débute face à l’Argentin Mariano Puerta et pourrait rencontrer un écueil de taille dès les 8es de finale en la personne de Mark Philipppoussis. Sampras, de son côté, a le redoutable honneur d’ouvrir face à un enfant du pays, Wayne Arthurs, pour son premier match dans le tournoi australien depuis 1997. Il devrait affronter théoriquement le Slovaque Karol Kucera puis le Suédois Thomas Enqvist en 8es et en quarts. Battu 7-6, 7-6 par Philippoussis cette semaine, l’Américain ne s’inquiète guère. «Je me sens bien. J’ai l’impression d’être exactement au niveau où je devrais être», a-t-il dit. Sampras a remporté Wimbledon l’an dernier et quatre autres tournois, mais sa saison fut pour l’essentiel gâchée par les blessures. Mais son final en fanfare aux Masters, où il avait dominé Agassi, également sa victime en finale à Wimbledon, plaide pour lui. Pour la première fois, le vainqueur du tournoi sera assuré de devenir numéro un mondial en vertu du nouveau classement ATP, qui repart à zéro au début de chaque saison. «Mentalement et physiquement, j’étais vraiment cuit», a expliqué Sampras à propos de son impasse de l’année passée. Les courts devraient être un peu plus rapides cette année, ce qui pourrait favoriser les entreprises du tenant du titre, Evgueni Kafelnikov, qui a un tableau relativement clément. Le Russe n’a pas gagné un match cette année, mais il se retrouve généralement lorsqu’on l’attend le moins. Coté français, il faudra compter sur un exploit, les chefs de file du tennis tricolore ayant écopé d’un tirage catastrophe. Cédric Pioline, tête de série numéro 13, affronte le Croate Goran Ivanisevic, Jérôme Golmard, qui revient bien, le Britannique Tim Henman, Fabrice Santoro le Néerlandais Richard Krajicek et Nicolas Escudé l’Américain Jim Courier. Hingis toujours favorite Chez les dames, les absences de Steffi Graf et Monica Seles et le forfait de Venus Williams ne devraient pas réduire l’intensité dramatique du tournoi féminin. Ce premier rendez-vous du Grand chelem de l’an 2000 s’annonce plein de rebondissements et de controverses qui pourraient faire de l’ombre à la compétition masculine. Martina Hingis, numéro un mondiale et tenante du titre, est une nouvelle fois le sujet de toutes les attentions sur et hors du court. La Suissesse cherchera un quatrième titre consécutif (un record) sur le court central du Melbourne Park. Margaret Court, Evonne Goolagong-Cawley, Steffi Graf et Monica Seles n’ont réussi qu’à s’imposer trois fois de suite. Hingis l’avait emporté en finale l’an passé face à la Française Amélie Mauresmo. Son sourire angélique d’alors, parfait pour toutes les télévisions du monde, ne peut plus servir de masque à un caractère bien moins amène. Ses propos désobligeants à l’égard de Mauresmo puis sa crise de larmes lors de sa défaite en finale de Roland-Garros ont donné une image tout autre de la petite Helvète. Si elle reste la meilleure joueuse du monde, ses résultats ne furent pas en 1999 à la hauteur de son ambition dévorante : une élimination au premier tour à Wimbledon et une défaite en finale de l’US Open contre Serena Williams. Son retour en Australie lui a pourtant redonné un air plus jovial. «Je suis contente de revenir en Australie. J’ai beaucoup de souvenirs ici, a-t-elle dit. Je crois que je joue bien à nouveau et j’espère faire bonne figure dans l’Open d’Australie». La première rivale d’Hingis est l’Américaine Lindsay Davenport, deuxième au classement de la WTA, qui avait commencé la saison 1999 au sommet de la hiérarchie avant de céder la place à la Suissesse. Amincie et plus aiguisée physiquement, Davenport représente un réel danger bien qu’elle considère sa compatriote Serena Williams comme une adversaire encore plus redoutable qu’elle-même. «Il y a beaucoup de bonnes joueuses mais Martina et Serena sont les plus dures à battre. Elles possèdent le meilleur jeu et savent de quoi il s’agit», a dit Davenport. Le forfait de Venus, sœur aînée des Williams, en raison d’une tendinite au poignet, a privé le tournoi de l’une de ses favorites. D’autant que cette absence est venue s’ajouter à celle de Seles, quadruple vainqueur de l’épreuve, souffrant d’un pied. Graf, également quatre fois couronnée en Australie, a pris sa retraite mais elle sera présente sur le bord des courts pour encourager son petit ami Andre Agassi. Les anciennes, Arantxa Sanchez, Conchita Martinez et Mary Pierce ne peuvent être écartées de la course à la victoire mais la nouvelle génération (Anna Kournikova, Jelena Dokic) est déjà prête à assurer la succession.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pour Pete Sampras et Martina Hingis, une page d’histoire pourrait s’y écrire. Pour Andre Agassi, c’est juste un «gentil petit court». Les deux Américains et la Suissesse ont déjà goûté au succès sur le court central de Melbourne et tous ont de sacrées bonnes raisons de vouloir récidiver lors de ces Internationaux d’Australie 2000, qui débutent lundi. Sampras, qui espère faire mieux que l’Australien Roy Emerson en enlevant son 13e tournoi du Grand chelem, se dit plus affûté qu’il ne l’a été depuis des années. Agassi, épaulé par sa compagne Steffi Graf, qui n’ignore rien des victoires dans le premier grand tournoi de l’année, veut poursuivre sur sa lancée de 1999, où il était devenu le cinquième joueur de l’histoire à enlever les quatre tournois phares du circuit dans sa carrière grâce à ses...