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Actualités - Chronologie

Festivals Shams - Suite et fin, ce week-end Projections, table-ronde et rétrospective(photos)

Le Festival «Shams» se poursuit ce week-end au Théâtre de Beyrouth (Aïn el-Mreyssé) avec un bouquet supplémentaire de courts métrages. Des films anciens, d’avant 1992, mais aussi des productions récentes, parfois même toutes chaudes encore. Au programme également, une table ronde, dimanche à 17h, sur le thème «La situation des jeunes diplômés en études audiovisuelles après l’université». Ouvert au public, ce débat sera animé par Borhane Alaouiyé, Omar Amiralay, ainsi que par les responsables de «Shams» et de «Beirut B.C.» Trois séances sont prévues pour aujourd’hui samedi 15 janvier, la première commençant à 15h, par un des rares films du festival, sinon le seul, à être drôle : – On rit en regardant Lessive n°10 452 de Nadine Khoury (1994 ; 15 mn). Si le sujet est loin d’être drôle – puisqu’il s’agit encore de guerre –, la réalisatrice réussit à faire ressortir avec humour et légèreté le comique de situation : l’action se situe dans un abri de Beyrouth, en 1989. Les habitants de l’immeuble sont tous regroupés là, bon gré mal gré, avec leurs petites allergies de voisinage. Lorsqu’on ne se lance pas des pointes acerbes, on joue, par exemple, à reconnaître les départs des arrivées… Le dénominateur commun : une machine à laver que se partage tout ce beau monde, entre deux coupures de courant. – Kana wa akhawatiha (Cana et ses consœurs) de Hiba Mahmoud (1999, 15 mn) raconte le quotidien d’un enfant du Liban-Sud, avec son lot d’angoisse et sa part – nécessaire pour la survie et l’équilibre mental d’un gosse – d’imaginaire. Tarek va au secours de Sahar, une camarade de classe, dont le village, «de l’autre côté de la frontière», a été bombardé. Mais il ne la retrouvera pas. – Kan ya ma kan (Il était une fois) de Guilnar Wakim (1999 ; 12 mn) parle de mémoire. Une quête d’identité à travers des souvenirs qu’on tente de retrouver, de rassembler. Car peut-on continuer à vivre si l’on n’a plus de passé ? – Conte d’adulte de Myrna Maakaron (1997 ; 14mn) – diplômée de l’Alba en études audiovisuelles – a été primé au Festival du film de Beyrouth. L’histoire : la petite Yasmina, 7 ans, s’est perdue à Beyrouth. Elle découvre – avec bonheur, peur ou horreur – la vie dans les rues de la ville. Finalement, elle se retrouve sur un banc, à côté d’un aveugle. Il lui apprend qu’on peut voir aussi des couleurs lorsqu’on a les yeux fermés. Sa maman la retrouve, l’embarque en voiture et lui passe un savon. Yasmina ferme alors les yeux… – Kodak Color de Nadim Tabet (1998 ; 5 mn) : dans sa boutique où il vend et développe des pellicules, un homme passe ses journées à observer et commenter ce qui se passe dans la rue. C’est ainsi qu’il tue le temps, lorsqu’il ne s’adonne pas à son vice machiavélique : il trafique et retouche les photos qu’on lui a confiées, sans se soucier des conséquences que ses mauvaises farces entraîneront . Mais rira bien qui rira le dernier, et tel est pris qui croyait prendre… Deuxième séance À partir de 18h, avec cinq films à l’affiche. – Mots croisés de Caroline Seif (1997 ; 14 mn). Beyrouth, 1996. Walid, 27 ans, rentre au pays après de longues années d’absence. De sa famille il ne lui reste qu’une vieille tante qui ne le reconnaît même pas. Ses amis ? Partis, mariés. Walid circule dans une ville aux cicatrices béantes, à la recherche de bribes de mémoire. Où finit la réalité ? Où commence l’imagination ? Pourra-t-il se retrouver ? – La gare de mon père de Zeina Sfeir (1997 ; 13 mn) raconte l’histoire d’un petit rêveur, qui passe la plupart de son temps dans une gare désaffectée. C’est là que travaillait son père. Par la force de son imagination, l’enfant fait revivre ces lieux désertés et les souvenirs du père disparu. Le film, nostalgique – dont les paysages sont très beaux –, a été tourné dans une vieille station des chemins de fer de la Békaa. Pour Zeina Sfeir, il n’est pas nécessaire de mettre mille choses dans un court métrage. «Un état d’âme suffit». Elle indique que «le portrait du jeune acteur a été calqué sur ma propre personnalité», dit-elle. «Je suis moi aussi rêveuse, et je m’attache aux lieux». De plus, son grand-père, qu’elle n’a pas connu, travaillait aussi dans les chemins de fer. – La couleur de la vie d’Amal Maalouf ( 1998 ; 15mn) : une jeune fille métisse quitte l’association SOS – où elle a grandi et vécu jusqu’à la fin de ses études – pour voler de ses propres ailes. Mais à cause de la couleur de sa peau, elle a du mal à trouver du travail, ou un petit ami… «Le racisme m’a toujours révoltée», souligne la réalisatrice, 24 ans. «Au Liban, on dit nègre au lieu de noir . D’ailleurs, je n’ai pas réussi à trouver une actrice professionnelle de couleur», ajoute-t-elle. «De plus, la jeune fille qui a joué dans mon film a commencé par faire un blocage, car elle s’identifiait au personnage qu’elle devait interpréter et partageait son problème». À noter que le film d’Amal Maalouf sera également projeté demain dimanche 16 janvier à l’Unesco, dans le cadre du «Festival du documentaire, Justice et Paix». – La mort lente de Rana Dia et Mayssa’ Husseini Abdallah (1999 ; 15mn) traite de l’embargo imposé à l’Irak, notamment de l’enfance sacrifiée. La guerre, cadavres d’enfants, corps brûlés ou déchiquetés, femmes en noir pleurant leurs morts ; enfants mourant de faim et de manque de soins et de médicaments. Les images sont insoutenables ; la réalité filmée dans toute son horreur. La mort lente a été réalisé en Irak par une équipe irakienne. – Madame Latifé de Charbel Chaïa (1996 ; 15mn) est un hommage sympathique à Latifé Moultaka dont Sassine est un des étudiants en théâtre. Lorsque son professeur lui demande de jouer devant ses camarades, Sassine bafouille, cafouille, déclenche les rires de la classe. Mme Moultaka menace de le renvoyer s’il ne prépare pas, pour le lendemain, une improvisation valable. Plein de rancune, Sassine rentre chez lui et, dans son rêve, se débarasse de son impitoyable bourreau. Mais un rêve est un rêve. Non ? Troisième séance Troisième et dernière séance du samedi, à partir de 20h, avec une sélection de six courts métrages «ayant participé à d’autres festivals et ayant été appréciés par le public» : – Sisso de Marc Hadifé (1993 ; 30mn) : Sisso prépare son diplôme, très angoissé à l’idée de déplaire au jury. Et cette angoisse mine sa créativité... Diplômé de l’UL en études audiovisuelles (1993), Marc Hadifé à créé l’agence de publicité City Films Production où il réalise et produit des films publicitaires depuis 1994. – 11, rue Pasteur de Nadine Labaki ( 1997 ; 15 mn) : jour ordinaire dans un quartier populaire, dans la lunette d’un curieux… Un film soigné, avec une très belle image, largement supérieure à la moyenne des courts-métrages proposés. Un sujet très libanais, malgré un nom de rue très parisien : les curieux et les voyeurs sont partout… Nadine Labaki est diplômée de l’Iesav. Elle travaille dans la publicité. 11, rue Pasteur a reçu un prix au Festival de Beyrouth 1997, et le prix du court-métrage de l’Ima (Institut du monde arabe). – Oum aa cheghlak (Lève-toi et va à ton travail) de Jean Salamé (1998 ; 19 mn) : un homme qui ne sort jamais de chez lui. Il travaille dans une pièce, et dort dans une autre. Il se déplace à travers ces deux pièces au moyen d’un poste de télévision, qui le dirige dans le moindre de ses déplacements quotidiens. Mais un beau jour, la lumière se lève, et le cours de la vie change… Ce film montre comment l’homme peut devenir esclave d’une machine, et laisser ses journées être dirigées par elle. Jean Salamé est diplômé de l’Usek. Il a participé à des ateliers de photo et de vidéo. Il enseigne la photographie à l’Institut Kafa’at. – Wayn yo ? d’André Chammas ( 1998 ; 13 mn) a obtenu le prix de la Future TV 98 , celui du meilleur scénario au Festival du film de Beyrouth 1995 et le deuxième prix du festival d’Oberhausen, en 1999. Un hakawati raconte l’histoire de la place de Zahlé, théâtre de coutumes et traditions, où se rencontrent des personnalités types. À travers ce portrait gentiment caricatural de Zahlé, André Chammas peint la réalité de cette ville aujourd’hui. – Tawrib de Maha Haddad (1990 ; 18 mn) : une jeune fille de 24 ans veut quitter le Liban. Elle ne trouve personne à qui se confier, si ce n’est sa caméra… Ce court-métrage a obtenu le prix de la meilleure photo au Festival du flm de Beyrouth en 1999, ainsi que le prix de la Future TV. Maha Haddad est diplômée de l’Iesav (1999). Elle a travaillé sur des décors de cinéma, et elle est responsable de la section audiovisuelle au collège de Zahret el-Ihsan. – Color Bars de Sélim Turk (1997 ; 17 mn) : entre la parodie, les effets spéciaux et la fiction, ce film met en garde contre les effets néfastes de la cigarette et de la mauvaise influence du poste de télévision… Sélim Turk est diplômé de l’Iesav. Il travaille dans la publicité et la production de clips vidéo. Dernier jour Dimanche 16 janvier, première série de projections à partir de 15h. Au programme : – Heik Hasseit (Ce que j’ai ressenti) est le film de diplôme en hautes études scéniques (UL) de Nancy Naous. Cette jeune comédienne a participé à de nombreuses pièces, dont Almissane de Roger Assaf, et Jazz de Siham Nasr… Dans Heik Hasset, elle raconte l’histoire d’une jeune fille de 23 ans, Tamara, qui, suite à un choc, sombre dans l’angoisse et les idées obsessionnelles... – Oh, que c’est court , de Betty Ayoub, diplômée de l’Iesav en 1999, dresse un parallèle de temps entre une jeune femme chaotique et une dame d’âge mur. Le tout accompagné des commentaires de l’hilarant Mario Bassil. – Flat, pale, white... hands (prix de la Future TV en 1999) de Darine Hamzé est également un film de diplôme. Hamzé est comédienne, actrice de séries télévisées et assistante réalisatrice. Dans ce court-métrage de 20 minutes, elle met en scène une relation œdipienne entre un fils et sa mère décédée. Sur fond de poésie, signée Darine Hamzé, des images lentes se succèdent dans une atmosphère surréaliste. – Youssef Basbous de Layla Basbous, diplômée de l’Iesav en 1998. En vingt minutes, la vie et l’œuvre du sculpteur Youssef Basbous. À partir de 20h, séance spéciale consacrée aux films réalisés avant 1992. – Rafik (7minutes) réalisé comme projet de diplôme en 1981 par Hanane al-Hajj Ali, Rafik Ali Ahmad et Houssam Sabah. La caméra suit les pérégrinations de Rafik Ali Ahmad de son village natal du Sud à la capitale, où il est venu réaliser son rêve : devenir un grand comédien… – Sit al-dounia (La reine du monde). Un court-métrage tourné en 1983 par des étudiants de l’Institut national des beaux-arts, dont on n’a pu retrouver la trace. Il s’agit d’une déclaration d’amour à Beyrouth adressée à travers la balade de la caméra dans les rues de la ville détruite… – Chou (Quoi) de Abdo Nawar, professeur de montage et vidéo à l’UL. Ce film réalisé en 1985 (21 minutes) raconte un duel entre un jeune homme et son ordinateur. Qui de l’homme ou de la machine va finir par asservir l’autre ? La question reste posée… – Tarik al-Majd (La route de la gloire) de Gabriel Yammine (1986 ; 11 minutes) retrace, sur le mode comique, l’itinéraire d’un jeune malchanceux vers la réalisation de ses rêves de gloire. Enfin presque ! Gabriel Yammine est aujourd’hui comédien de théâtre et acteur à la télévision. Il a également été l’assistant du metteur en scène Raymond Gébara. Le réalisateur souligne qu’il s’agit là d’une «œuvre très personnelle». – Al-Moughalaf (L’enveloppe) de Serge Habib, professeur à l’Iesav. Court-métrage de suspens (18 minutes) réalisé en 1992. Lorsque M. Haddad, employé dans une entreprise, reçoit un courrier, il ne sait pas que celui-ci va bouleverser sa vie. Dans l’enveloppe se trouve un revolver et des directives. S’il ne les applique pas, tout risque de changer pour lui... – Badou al-Bikaa (Les Bédouins de la Békaa) de Georges Homsy, Élie Yazbeck et Jean Gebran. Reportage de 16 minutes tourné en 1992 sur cette tribu sans identité et qui contribue néanmoins à la vie dans la plaine de la Békaa. – Les enfants du Bon Dieu de Rima al-Khalil (20 minutes ; 1992). Diplômée de l’Iesav, Rima al-Khalil travaille aujourd’hui dans le domaine de la production. Sur un air de berceuse, les interrogations existentielles d’une jeune femme debout dans un couloir. Et qui la mènent à la conclusion suivante : «Quoi qu’il fasse, l’homme n’est qu’un maillon dans la chaîne du vide». Réjouissant !
Le Festival «Shams» se poursuit ce week-end au Théâtre de Beyrouth (Aïn el-Mreyssé) avec un bouquet supplémentaire de courts métrages. Des films anciens, d’avant 1992, mais aussi des productions récentes, parfois même toutes chaudes encore. Au programme également, une table ronde, dimanche à 17h, sur le thème «La situation des jeunes diplômés en études audiovisuelles après l’université». Ouvert au public, ce débat sera animé par Borhane Alaouiyé, Omar Amiralay, ainsi que par les responsables de «Shams» et de «Beirut B.C.» Trois séances sont prévues pour aujourd’hui samedi 15 janvier, la première commençant à 15h, par un des rares films du festival, sinon le seul, à être drôle : – On rit en regardant Lessive n°10 452 de Nadine Khoury (1994 ; 15 mn). Si le sujet est loin d’être drôle –...