Le journal du parti au pouvoir en Syrie, al-Baas, a appelé hier le Premier ministre israélien Ehud Barak à «ne pas se plier» aux exigences des Israéliens opposés à la restitution du plateau du Golan à Damas. «Il est dangereux que le gouvernement Barak obéisse aux racistes et aux tueurs qui avaient causé la chute de (l’ancien Premier ministre israélien) Shimon Pérès en l’entraînant dans la tuerie de Qana (au Liban-Sud)», a écrit al-Baas. Évoquant la manifestation de lundi soir à Tel-Aviv, qui a rassemblé 150 000 personnes opposées à toute concession territoriale sur le plateau du Golan, le quotidien juge «étonnant que l’agresseur devienne victime et que l’occupant manifeste pour imposer l’occupation et l’agression». Dans un éditorial, le directeur du journal, Turki Sakr, a vu dans «les manifestations israéliennes de protestation contre les négociations (syro-israéliennes de paix) une sorte de chantage fait par la partie israélienne» à l’administration américaine. Selon le journal, «la partie israélienne fait de la paix une opération commerciale en réclamant des dizaines de milliards de dollars et de nouvelles armes américaines». M. Sakr a souhaité que celle-ci «ne récompense pas l’agresseur en lui offrant armes et argent». Israël chiffre le coût financier, au plan militaire, d’un retrait du plateau syrien à 17 milliards de dollars. La facture pourrait se monter à 65 milliards de dollars, selon des journaux israéliens. Al-Baas s’est félicité par ailleurs de la présence «active» des États-Unis dans les pourparlers syro-israéliens. «Les États-Unis sont devenus plus actifs, plus efficaces et un partenaire à part entière», affirme-t-il en faisant état de la visite à plusieurs reprises du président Bill Clinton à Shepherdstown où s’est tenue la deuxième session des négociations de paix syro-israéliennes. Pas de participation aux multilatérales Par ailleurs, la Syrie ne participera pas aux négociations multilatérales sur le Proche-Orient, le 31 janvier à Moscou, a encore indiqué le directeur du journal al-Baas. «La Syrie ne participera pas aux multilatérales tant que des progrès n’auront pas été réalisés sur les sujets essentiels», a déclaré M. Turki Sakr. «Il n’y a pas lieu de revenir sur notre décision concernant le boycott des multilatérales avant une percée dans les pourparlers bilatéraux israélo-syriens», a insisté M. Sakr. Mercredi, les États-Unis avaient appelé la Syrie et le Liban à prendre part à ces négociations. «Nous espérons que les Syriens et les Libanais trouveront le moyen de participer à la réunion de Moscou qui sera une occasion importante pour relancer les négociations multilatérales», avait indiqué à la presse le porte-parole du département d’État, James Rubin. Selon l’agence officielle syrienne Sana, la deuxième phase des négociations israélo-syriennes, qui s’est tenue à Shepherdstown (USA), n’a pas abouti à des progrès sur les problèmes de fond mais seulement sur des questions de procédure. Damas exige le retrait israélien du plateau du Golan jusqu’à la ligne du 4 juin 1967, en place à la veille de la guerre, pour faire la paix avec l’État hébreu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le journal du parti au pouvoir en Syrie, al-Baas, a appelé hier le Premier ministre israélien Ehud Barak à «ne pas se plier» aux exigences des Israéliens opposés à la restitution du plateau du Golan à Damas. «Il est dangereux que le gouvernement Barak obéisse aux racistes et aux tueurs qui avaient causé la chute de (l’ancien Premier ministre israélien) Shimon Pérès en l’entraînant dans la tuerie de Qana (au Liban-Sud)», a écrit al-Baas. Évoquant la manifestation de lundi soir à Tel-Aviv, qui a rassemblé 150 000 personnes opposées à toute concession territoriale sur le plateau du Golan, le quotidien juge «étonnant que l’agresseur devienne victime et que l’occupant manifeste pour imposer l’occupation et l’agression». Dans un éditorial, le directeur du journal, Turki Sakr, a vu dans «les...