Le dollar a étroitement fluctué dans les deux sens face à la livre libanaise sur le marché des changes de Beyrouth, hier, au gré de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu sa fourchette d’intervention entre 1501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert a dû achever la journée au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. De leur côté, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le dollar tantôt à la baisse entre 1 504,00 et 1 506,00 LL, et tantôt à la hausse entre 1 505,00 et 1 509,00 LL, avant de le faire équilibrer entre 1 506,00 et 1 507,00 LL jusqu’à la clôture. Dans cette évolution, l’activité du marché s’est un peu développée par rapport à la veille sans pour autant dépasser quelque dix millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, sans aucune intervention de la BDL. Affaiblissement de l’euro et stabilité du yen À l’étranger, l’euro a souffert hier de la publication de chiffres allemands sur la production industrielle en novembre plus faibles que prévu, effaçant l’effet positif d’autres chiffres européens publiés plus tôt dans la journée. L’euro a donc commencé la journée d’hier en hausse, mais les chiffres sur la production industrielle en Allemagne ont considérablement déçu le marché et ont fait baisser la monnaie européenne face au dollar ainsi que face aux autres devises. La production industrielle en Allemagne a reculé de 0,5 % en novembre comparé à octobre, selon un chiffre provisoire en données corrigées des variations saisonnières (CVS), publié hier par le ministère des Finances. Il est à rappeler que la production industrielle avait quasi stagné en octobre par rapport à septembre (+0,1 %) selon des chiffres définitifs du ministère des Finances qui a révisé nettement à la baisse une précédente estimation à ce sujet (+1,7 %). Bien que le ministère allemand ait souligné que les chiffres de novembre risquent d’être encore révisés, appelant à une grande prudence dans l’interprétation de ces données, l’euro a perdu une partie de ses gains après leur publication. Les bons chiffres provisoires sur les prix à la consommation en France, publiés par l’INSEE, montrant une augmentation de 0,4 % en décembre par rapport à novembre et de 1,2 % sur l’année 1999, avaient contribué à soutenir l’euro en début de matinée. Le yen a pour sa part souffert des craintes d’une nouvelle intervention de la Banque du Japon sur les marchés des changes et de rumeurs selon lesquelles les autorités japonaises feraient pression sur leurs partenaires du groupe des «Sept» (pays occidentaux les plus industrialisés), qui se réuniront à Tokyo le 22 janvier, pour obtenir leur soutien en vue d’affaiblir le yen. Quant à la livre sterling, elle est restée par ailleurs ferme par rapport aux autres devises, dans l’attente de la décision aujourd’hui de la Banque d’Angleterre sur les taux d’intérêt. La plupart des économistes prévoient une hausse d’un quart de point en pourcentage de l’unique taux directeur britannique. Pourtant, le marché attend toujours la publication aujourd’hui des données sur les prix à la production et sur les ventes de détail aux États-Unis en décembre, et celle demain des données sur les prix à la consommation pour le même mois. De plus, un discours d’Alan Greenspan , le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), attendu dans la nuit d’aujourd’hui, devrait également éclairer les opérateurs sur les intentions des autorités monétaires américaines quant à l’orientation qu’elles donneront aux taux d’intérêt début février. Dans cette attente, le dollar a retrouvé hier un peu de tonus, se négociant à New York, comme suit : – 1,0303 pour un euro contre 1,0320, la veille – 1,6455 pour un sterling contre 1,6475 – 1,8985 DM contre 1,8950 – 6,3670 FF contre 6,3550 – 1,5635 FS contre 1,5605 – 1 879,35 lires contre 1 875,85 – 105,97 yens contre 106,00. Bourse de Beyrouth : en baisse À la Bourse de Beyrouth, la cote libanaise s’est ressentie hier de la baisse des actions C de la Byblos Bank de 2 5/16 à 2 1/4 dollars et de celles des Ciments libanais de 1/2 à 15/32 dollar, dans un marché autrement stable dans d’autres endroits. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reculé de 0,11 % à 76,99 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a diminué dans une même proportion à 176,19 points. Ce mouvement s’est encore une fois produit dans un volume d’affaires très mince avec 11 630 actions négociées d’une valeur globale de 64.886 dollars. Wall Street : marché partagé Sur les places boursières internationales, la tendance restait partagée à Wall Street hier avec une petite baisse de l’indice Nasdaq du secteur de la haute technologie et une hausse modérée de l’indice Dow Jones des industrielles malgré la tension persistante sur le marché obligataire américain. Cette orientation des marchés américains fait suite à une clôture négative la veille, les investisseurs étant intimidés par la tension du marché obligataire qui laisse présager une hausse des taux d’intérêt par la Fed. À cet égard, les investisseurs ont fait état des propos tenus hier par le président de la Réserve de Chicago, Michael Moskow, qui a estimé que la croissance économique américaine allait à un rythme au-dessus du soutenable. Et d’ajouter qu’en conséquence la Fed n’était pas prête à adopter une politique monétaire trop accommodante, laissant croire que la hausse des taux est proche, indique-t-on dans les salles de marché. Dans ce contexte, les valeurs de la haute technologie et de l’Internet ont continué de reculer surtout Yahoo, AOL et Time Warner. Il en est de même des valeurs de télécommunications à l’exception d’AT&T dont les investisseurs continuent à penser que sa stratégie passera par une plus grande présence dans l’Internet. Quant aux valeurs traditionnelles et cycliques, elles ont été souvent recherchées, permettant à l’indice Dow Jones des industrielles à remonter la pente d’un plus bas à 11 505,18 points à un plus haut à 11 612,53 points, avant d’afficher en préclôture 11 576,38 points, en hausse de 65,30 points sur la veille. Irrégularité des Bourses européennes Les marchés boursiers européens, qui avaient affiché mercredi matin une tendance uniformément baissière, ont ensuite effacé tout ou partie de leurs pertes dans l’après-midi pour terminer ainsi sur une note irrégulière. Cette reprise a été surtout favorisée par l’assez bonne tenue affichée par le Dow Jones à Wall Street tandis que l’indice Nasdaq, à forte pondération technologique, restait quant à lui orienté à la baisse. En clôture, l’indice multipays Eurotop 300 a cédé 0,07 %, à 1 512,21, tandis que l’Euro Stoxx des 50 principales vedettes de la zone euro a reculé de 0,48 %, à 4 649,30. Tandis que la Bourse d’Amsterdam perdait encore 1,62 % en clôture, Madrid 1,46 %, Bruxelles 1,23 % et Paris 0,56 %, Londres est parvenue à afficher un gain de 0,21 %, parallèlement à des avances de 0,27 % pour Zurich et 0,31 % à Francfort. Les baisses ont affecté notamment les valeurs cycliques, sensibles à l’évolution du climat économique, après une hausse des rendements obligataires à leur plus haut de ces deux dernières années. Dans cette catégorie, les productions de base ont été particulièrement touchées, surtout le groupe minier Rio Tinto qui a chuté de 5,39 %, à 13,37 sterling. Des professionnels observent que plusieurs banques d’investissement ont commencé de se détourner des cycliques, car elles estiment que les cours de ces valeurs, à la chimie et à l’industrie notamment, intègrent déjà totalement l’amélioration des perspectives économiques en Europe et dans le reste du monde. Des valeurs défensives telles que l’alimentation et les boissons sont en revanche parvenues à se maintenir dans une bonne orientation tout au long de la journée. Outre la crainte d’un relèvement jeudi des taux de la Banque d’Angleterre, la Bourse de Londres a aussi été durement touchée par la chute de 20,68 % de Dixon’s, à 11,62 sterling. Ce distributeur de matériels électriques a en effet prévenu que la contraction de ses marges s’était accélérée pendant la période de Noël. Bien que l’indice Nasdaq des technologiques ait poursuivi son repli à New York, plusieurs valeurs de cette catégorie ont nettement monté à Francfort. C’est notamment le cas de l’éditeur de progiciels SAP qui a gagné 2,51 %, continuant de bénéficier de perspectives très encourageantes. Toutefois, à Paris, Alcatel a reculé de 1,92 % et Cap Gemini de 3,85 %, tandis qu’à Francfort, Siemens perdait 1,06 %. Les télécommunications ont affiché une bonne orientation. Deutsche Telekom a terminé en hausse de 3,03 %, et Mannesmann, qui doit présenter vendredi sa réponse à l’OPE de l’anglais Vodafone, a pris un pour cent. Vodafone a gagné 1,60 %. À Paris, le distributeur Carrefour s’est repris après ses récentes pertes, gagnant 3,95 %. Goldman Sachs a réitéré son opinion de superformance sur le titre, en faisant valoir que les derniers avatars dans le processus d’examen de la fusion du groupe français avec Promodès ne feront pas dérailler le projet. Tokyo : clôture en baisse La Bourse de Tokyo a clôturé sur une baisse de 0,9 % mercredi, affectée par le recul de Wall Street la veille et l’affaiblissement des valeurs technologiques qui avaient bondi mardi. L’indice de référence Nikkei 225 a abandonné 173,50 points à 18 677,42, après avoir gagné 3,6 % la veille. L’indice élargi Topix a quant à lui terminé en baisse de 21,90 points à 1 656,92 points. Les échanges ont été modérés, 608 millions d’actions changeant de mains contre 640 millions mardi.
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