Les avancées de Shepherdstown sont avant tout symboliques
le 12 janvier 2000 à 00h00
Des négociations extrêmement ardues attendent dirigeants israéliens et syriens dans les deux mois à venir, à en juger par les avancées avant tout symboliques et psychologiques de leur deuxième cycle de pourparlers de paix. Les déclarations faites lundi par le ministre israélien des Affaires étrangères David Lévy et les commentaires de la radio officielle syrienne permettent de mesurer l’ampleur du fossé séparant Jérusalem de Damas. «On ne peut pas dire qu’il y ait eu une avancée, mais plutôt une clarification des positions, chacun ayant expliqué son point de vue», a déclaré M. Lévy. «Les éléments constituants de la paix devraient découler du règlement de la question essentielle, à savoir la restitution des territoires occupés. Or depuis la reprise des négociations, la partie israélienne n’a pas arrêté de se livrer à des manœuvres», a estimé pour sa part la radio officielle syrienne. Bien qu’aucun accord n’ait été signalé par les États-Unis sur un point quelconque des négociations, le fait qu’elles soient maintenant sur les rails, que les parties se soient donné deux mois pour aboutir et que dirigeants israéliens et syriens acceptent de s’asseoir à une même table et discutent des quatre grands dossiers de leur contentieux constitue un progrès substantiel et un symbole significatif de leur évolution. Sur les quatre grands dossiers des négociations, les parties sont loin d’avoir dévoilé toutes leurs cartes et s’en tiennent encore à leurs positions de départ, selon les indications ayant transpiré. Mais elles ont commencé à évoquer de «nouvelles idées et formulations», selon le porte-parole du département d’État James Rubin. 1 - Frontières : la Syrie exige la restitution intégrale du plateau du Golan conquis par Israël en 1967 et insiste sur un retour au tracé existant au début de la guerre des Six-Jours le 4 juin 1967. Mais Israël veut d’abord avoir des preuves tangibles de la bonne foi syrienne sur les questions de sécurité. L’État hébreu n’insiste pas cependant sur un retour aux frontières internationales de 1923 établies par la France et la Grande-Bretagne et qui lui auraient été les plus favorables, a indiqué M. Rubin. 2 - Sécurité : la Syrie demande des arrangements de sécurité «parallèles et équitables» en insistant pour que les zones démilitarisées soient similaires de part et d’autre et que les informations recueillies par les stations de surveillance et d’alerte placées sous contrôle international soient transmises simultanément aux deux parties. Israël voudrait garder une station de surveillance sur le mont Hermon et estime qu’un parallélisme rigoureux en matière de démilitarisation ne peut être imposé compte tenu des différences géographiques des deux pays. Ils demandent un retrait plus prononcé des forces syriennes et voudraient qu’un accord permette le maintien de positions défensives israéliennes. 3 - Eau : pour la Syrie, la question est liée aux frontières et doit être résolue sur la base du droit international. Israël veut l’assurance que son approvisionnement en eau de sources du Golan et du lac de Tibériade sera assuré dans le cadre d’un accord de paix. 4 - Normalisation : la Syrie s’en tient à l’ouverture de relations de paix normales entre les deux pays. Israël veut en outre l’ouverture immédiate des frontières, l’échange d’ambassades, la suppression des marques d’hostilité envers l’État hébreu et la possibilité de créer au plan économique des entreprises conjointes israélo-syriennes dans la région du Golan.
Des négociations extrêmement ardues attendent dirigeants israéliens et syriens dans les deux mois à venir, à en juger par les avancées avant tout symboliques et psychologiques de leur deuxième cycle de pourparlers de paix. Les déclarations faites lundi par le ministre israélien des Affaires étrangères David Lévy et les commentaires de la radio officielle syrienne permettent de mesurer l’ampleur du fossé séparant Jérusalem de Damas. «On ne peut pas dire qu’il y ait eu une avancée, mais plutôt une clarification des positions, chacun ayant expliqué son point de vue», a déclaré M. Lévy. «Les éléments constituants de la paix devraient découler du règlement de la question essentielle, à savoir la restitution des territoires occupés. Or depuis la reprise des négociations, la partie israélienne n’a pas...
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