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Actualités - Chronologie

Archéologie - Pas d'argent pour les fouilles Trop chères épaves

Étrusques, grecques ou romaines, sept épaves et leurs cargaisons d’amphores gisent au large des côtes provençales, prêtes à témoigner d’un pan de l’histoire en Méditerranée, si l’État, propriétaire de droit, donne le feu vert à d’onéreuses fouilles sous-marines. Pour Henri-Germain Delauze, patron de la Compagnie maritime d’expertise (Comex), qui a découvert ce trésor voilà quatorze mois – une trouvaille révélée par le journal La Provence –, «ces épaves sont inestimables et leur découverte constitue un événement archéologique». «Il est vrai que l’une d’elles, étrusque, nous excite un peu. On en connaît très peu de semblables», reconnaît Patrick Grandjean, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), un des centres de recherches de la direction de l’architecture et du patrimoine. Cette épave, qui pourrait remonter au VIe siècle avant J-C, est la plus ancienne des sept. La plus récente date du IIIe siècle après J-C Elles ont été détectées un peu «par hasard», en septembre et octobre 1998. La Comex ratissait alors les fonds au large de Marseille et de la presqu’île de Giens à la recherche de l’épave de l’avion d’Antoine de Saint-Exupéry. On venait d’annoncer la découverte dans ces eaux d’une gourmette gravée au nom de l’écrivain-aviateur. Ses sonars sous-marins et robots télécommandés n’ont pas trouvé le Lighting-P38 de «Saint-Ex». Ils ont en revanche repéré, par 95 à 120 mètres de fond, sept tumulus entre Marseille et l’île de Porquerolles, constitués des vestiges de navires qui avaient jusque-là échappé aux chercheurs de trésors sous-marins en raison de leur grande profondeur. En bon état Outre le bateau étrusque et ses quelques centaines d’amphores de type Py, un autre, romain, coulé à la fin du IIe siècle avant J-C, pourrait avoir d’intéressants secrets à livrer, avec sa cargaison de plus de 5 000 amphores à vin de type Dressel, aujourd’hui encore en grande partie intactes. Car la profondeur a eu pour autre avantage de contribuer à maintenir en bon état ces deux épaves et trois des cinq autres. En revanche, elle compliquerait sérieusement des opérations de fouilles rendant nécessaire le recours à des robots et des sous-marins, que la Comex est une des rares entreprises au monde à posséder, pour un coût de 5 à 10 millions de francs pur chaque chantier, selon la société. Fin février, Patrick Grandjean doit présenter le dossier à la commission des fouilles sous-marines, qui dépend du Conseil national de la recherche archéologique (CNRA). «La commission peut estimer qu’il n’y a pas urgence à entamer des fouilles», souligne le responsable du DRASSM en mettant l’accent, notamment, sur «l’insuffisance» de moyens financiers de la recherche archéologique qui oblige à «mettre sous le boisseau» d’importants projets. «Si toutes les conditions ne sont pas réunies, une des voies de la sagesse peut être de laisser tout au fond», ajoute-t-il. Une hypothèse qui fait bondir Henri-Germain Delauze : «Les fonctionnaires n’ont pas de sous, veulent rester entre eux, et que l’on ne touche à rien». Il se dit être prêt, d’ores et déjà, à investir gracieusement «1,5 à 2 millions dans une fouille légère» de l’épave étrusque.
Étrusques, grecques ou romaines, sept épaves et leurs cargaisons d’amphores gisent au large des côtes provençales, prêtes à témoigner d’un pan de l’histoire en Méditerranée, si l’État, propriétaire de droit, donne le feu vert à d’onéreuses fouilles sous-marines. Pour Henri-Germain Delauze, patron de la Compagnie maritime d’expertise (Comex), qui a découvert ce trésor voilà quatorze mois – une trouvaille révélée par le journal La Provence –, «ces épaves sont inestimables et leur découverte constitue un événement archéologique». «Il est vrai que l’une d’elles, étrusque, nous excite un peu. On en connaît très peu de semblables», reconnaît Patrick Grandjean, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), un des centres de recherches de la...