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Actualités - Chronologie

Biafra 30 ans après, le Nigéria reste confronté aux tensions ethniques

Les rivalités ethniques déchirent toujours le Nigeria, 30 ans après la fin de la guerre du Biafra, la plus meurtrière qu’ait jamais connu le continent africain. La semaine dernière, des affrontements entre les deux plus importantes communautés du pays, les Yorubas et les Haussas, ont fait plus de 40 morts à Lagos et Ibadan (sud-ouest). Depuis juin 1999, des centaines de personnes ont été tuées dans des violences interethniques au Nigeria, qui compte plus de 120 millions d’habitants appartenant à 200 groupes ethniques et linguistiques. La guerre du Biafra, qui a pris fin il y a 30 ans, le 12 janvier 1970, avait opposé les Ibos de l’est du Nigeria aux forces gouvernementales fédérales. Les Ibos avaient autoproclamé une république sécessioniste en 1967. Marqué notamment par les bombardements de l’aviation fédérale, le blocus alimentaire, sanitaire et la famine, le conflit fit entre un et deux millions de morts et demeure l’un des plus grands traumatismes que le pays – et le continent – ait connus. Depuis la défaite des Ibos au Biafra en 1970, le Nigeria est dirigé par l’armée dominée par les ethnies du nord et de l’ouest du pays. Selon Emeka Ojukwu, le chef de la rébellion avortée du Biafra, les données ethniques continuent à déterminer la politique et la formation des gouvernements nigérians et, dans ce contexte, les Ibos restent marginalisés. «Les réalités du Nigeria ne permettent qu’à un idiot de se prétendre détribalisé», a-t-il déclaré. «La question essentielle à présent est quelles limites fixer au “tribalisme”», ajoute Ojukwu. L’actuel chef de l’État, M. Olusegun Obasanjo, un Yoruba, qui a combattu dans le camp fédéral pendant la guerre du Biafra, a promis que son gouvernement serait équitable envers tous les Nigérians depuis sa prise de fonctions en mai dernier. Mais selon M. Ojukwu, les premières décisions de M. Obasanjo sont destinées à contenter avant tout son ethnie yoruba. Depuis la guerre du Biafra, les Ibos se plaignent d’être davantage exclus de la vie politique nigériane face aux deux autres principales ethnies, les Haoussas / Fulani (nord) et les Yorouba (sud-ouest). Depuis 1979, l’économie nigériane s’est effondrée et la compétition économique a aggravé les tensions ethniques. En 1995, deux ans après l’annulation par la dictature militaire de l’élection présidentielle vraisemblablement remportée par le musulman yoruba Moshood Abiola, des Yorubas avaient créé un groupe nationaliste, le Congrès du peuple odua (OPC), pour défendre leurs intérêts. Ce groupe est soupçonné d’être à l’origine de plusieurs affrontements interethniques meurtriers au cours de ces derniers mois. En décembre, des Haussas du nord du pays ont créé le Congrès du peuple arewa, qui se veut le concurrent de l’OPC. La solution prônée par certains consisterait à rediviser le pays, actuellement composé de 36 États, et à créer six régions disposant d’une large autonomie. Mais le cadre de l’actuelle Constitution rend impossibles de telles modifications. Ainsi, d’autres personnalités, comme le prix Nobel de littérature Wole Soyinka, militent pour une «conférence sur la souveraineté nationale» qui rédigerait un nouveau texte constitutionnel. M. Obasanjo considère qu’un bon gouvernement sera en mesure de persuader tous les Nigérians de rester dans le système actuel et d’atténuer les différences ethniques.
Les rivalités ethniques déchirent toujours le Nigeria, 30 ans après la fin de la guerre du Biafra, la plus meurtrière qu’ait jamais connu le continent africain. La semaine dernière, des affrontements entre les deux plus importantes communautés du pays, les Yorubas et les Haussas, ont fait plus de 40 morts à Lagos et Ibadan (sud-ouest). Depuis juin 1999, des centaines de personnes ont été tuées dans des violences interethniques au Nigeria, qui compte plus de 120 millions d’habitants appartenant à 200 groupes ethniques et linguistiques. La guerre du Biafra, qui a pris fin il y a 30 ans, le 12 janvier 1970, avait opposé les Ibos de l’est du Nigeria aux forces gouvernementales fédérales. Les Ibos avaient autoproclamé une république sécessioniste en 1967. Marqué notamment par les bombardements de l’aviation...