Le dollar a fluctué dans les deux sens hier, à Beyrouth, à la veille d’un long week-end chômé pour la fête du Fitr, et ce au gré de l’évolution des quelques offres et demandes qui se sont manifestées sur un marché rendu prudemment calme au lendemain des affrontements entre l’armée libanaise et des organisations fondamentalistes au Liban-Nord. Mais après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à acheter le dollar à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, il a dû se maintenir au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, de l’ouverture à la clôture. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier finalement entre 1 505,50 et 1 507,50 LL, après avoir oscillé tantôt entre 1 506,00 et 1 508,00 LL et tantôt entre 1 503,50 et 1 504,50, ont indiqué les cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, ce mouvement ne s’est pas accompagné d’activité avec comme corollaire quelque six millions de dollars échangés par les banques à l’achat et à la vente, sans aucune intervention de la BDL. Raffermissement du dollar après les chiffres américains sur l’emploi À l’étranger, le dollar s’est légèrement repris, hier, face aux autres principales monnaies sur les marchés des changes internationaux, après l’annonce d’un nombre de créations d’emplois non agricoles aux États-Unis supérieur aux prévisions, ce qui a conforté les pronostics en faveur d’un resserrement de la politique monétaire de la Réserve Fedérale américaine (Fed). L’euro, le sterling et le franc suisse se sont un peu plus affaiblis après l’annonce de ces statistiques américaines. Cela d’autant que Wall Street continuait sur sa lancée de la veille, ne se ressentant guère de la perspective de hausse des taux d’intérêt. De fait, l’annonce de 315 000 créations d’emplois le mois dernier par rapport à novembre, au lieu de 241 000 attendu, ainsi que d’une hausse de 0,4 % du salaire horaire moyen, au lieu de 0,3 %, a été neutralisée par le maintien du taux de chômage à 4,1 % de la population active pendant la même période, au lieu de 4,00 % anticipé. Pour ce qui est de la parité dollar/yen, elle a continué à être déterminée par les craintes d’intervention de la Banque du Japon pour contrecarrer toute appréciation de la devise nippone. Enfin, les mouvements du dollar, qui ont pris en considération une hausse d’un quart de point en pourcentage du taux d’intérêt servi sur les fonds fedéraux américains (Fed funds) à 5 3/4 % début février, restaient liés aussi à ceux de Wall Street que les chiffres de l’emploi américain ne semblaient pas devoir alarmer. C’est dans ce contexte que le billet vert s’est négocié à New York sur un ton résistant comme suit : – 1,0292 pour un euro contre 1,0315, la veille – 1,6375 pour un sterling contre 1,6480 – 1,9005 DM contre 1,8960 – 6,3735 FF contre 6,3590 – 1,5625 FS contre 1,5555 – 1 881,35 lires contre 1 877,05 – 105,25 yens contre 105,40. Bourse de Beyrouth : sous le signe de la baisse de la Byblos Bank La Bourse de Beyrouth s’est davantage affaiblie en cette fin de semaine sous l’effet de la baisse des actions C de la Byblos Bank de 2 3/8 à 2 5/16 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. Cela étant, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,07 % à 77,07 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires ont reperdu 0,11 % à 176,39 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans un volume d’affaires mince de quelque 20 500 actions négociées d’une valeur globale de 156 783 dollars, soit sur toute la semaine un nombre d’actions échangées de 151 524 d’un valeur de 1 011 143 dollars contre 214 279 actions d’une valeur de 762 281 dollars la semaine dernière qui a été écourtée de deux journées pour les fêtes de fin d’année. Wall Street : accélération de la hausse Sur les places boursières internationales, Wall Street a poursuivi sur sa lancée de la veille, les valeurs technologiques se reprenant hier après un passage à vide depuis le début de la semaine. De fait, les trois séances précédentes avaient été rudes pour l’indice de la Bourse électronique (Nasdaq) qui concentre les valeurs de la haute technologie et de l’Internet. Cet indice, qui avait perdu jusqu’à 10 % par rapport à la fin de la semaine dernière, est parvenu donc hier à réduire assez sensiblement ses dégâts sur des achats à bon compte et des rachats de découvert. Ce phénomène a continué de soutenir les valeurs vedettes traditionnelles et les cycliques, dont l’évolution est suivie par l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a enregistré une nouvelle hausse. La place boursière new-yorkaise avait connu une chaude alerte mardi, après que les craintes sur le bogue de l’an 2000 se furent dissipées. Alors, les investisseurs se sont pris à redouter des relèvements importants des taux directeurs de la Fed pour empêcher une reprise de l’inflation. Mais les chiffres de l’emploi aux États-Unis en décembre, publiés hier, sont venus tempérer ces inquiétudes car le chômage est resté moins bas qu’on le craignait, se maintenant à 4,1 %, comme en novembre. Certes, ces chiffres semblent, dans les pires des cas, entraîner un nouveau relèvement ne dépassant pas un quart de point en pourcentage du taux servi sur les Fed funds à 5 3/4 % début février. Donc, grâce à cette stabilité du taux de chômage le mois dernier, la Bourse américaine voit se dissiper les risques de relèvement agressif des taux dès février. Cela d’autant que les analystes semblent s’attendre, la semaine prochaine, à une évolution rassurante des prix à la production et à la consommation aux États-Unis le mois dernier. Cela étant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est parvenu donc à rebondir d’un plus bas à 11 239,92 points à un plus haut 11 455,23 points, avant d’afficher en préclôture 11 418,49 points, en nouvelle hausse de 165,23 points sur la veille. Les Bourses européennes en net rebond Après avoir été fortement attaquées depuis le début de la semaine, les valeurs des hautes technologies et des télécommunications sont revenues vendredi sur le devant de la scène boursière pour y regagner une bonne partie du terrain perdu dernièrement et permettre ainsi aux marchés européens de terminer sur des hausses parfois très substantielles. L’indice européen Eurotop 300 a regagné 2,12 %, à 1 503,70, et l’Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro, 3,28 %, à 4 648,27. Après leurs spectaculaires records de la fin 1999, l’un et l’autre avaient chuté d’environ huit pour cent pendant les quatre premiers jours de cette semaine. C’est l’indice Dax de la Bourse de Francfort qui a terminé sur la plus forte hausse, de 4,73 %, suivi par Milan (3,42 %), Amsterdam (3,31 %), Bruxelles (2,53 %), Zurich (2,30 %), Madrid (2,20 %) et Paris (1,64 %). Seule la Bourse de Londres doit se contenter d’une progression de moins d’un pour cent, de 0,89 %. Les valeurs défensives, telles que la pharmacie et l’alimentation, ainsi que les cycliques, comme les chimiques et l’automobile, ont elles aussi été bien orientées, poursuivant la progression entamée en début de semaine aux dépens des technologiques. La reprise des valeurs high-techs a été favorisée par un vif redressement de l’éditeur allemand de progiciels Sap et par la vigueur initiale de la Bourse américaine où l’indice Nasdaq, à forte pondération technologique, a gagné quelque deux pour cent en début de séance. Tokyo : clôture en forte hausse La Bourse de Tokyo a clôturé en légère hausse vendredi, favorisée par l’espoir de plus en plus grand que les valeurs de la haute technologie sont prêtes pour une reprise, après leur récente baisse, et par des achats substantiels dans les secteurs défensifs. L’indice Nikkei 225 a gagné 25,14 points, soit 0,14 %, à 18 193,41, après avoir hésité entre le négatif et le positif pendant une grande partie de la journée, les opérateurs tentant d’analyser si les valeurs high-techs ont atteint un plancher. Le contrat mars s’est adjugé 270 points à 18 170. «La tendance n’est pas si mauvaise maintenant, étant donné la forte correction des high-techs avec plus de gagnants que de perdants. Tout le monde attend de voir quand Sony arrêtera de baisser», a estimé un stratégiste. Sony Corp a une nouvelle fois terminé à sa limite autorisée de baisse de 2 000 yens, soit 7,78 %, à 23 700, cédant plus de 25 % depuis le début de l’année. Le titre subit un regain des pressions à la vente depuis que son président, Nbobuyuki Idei, a déclaré à Reuters que les 20 000 yens étaient un niveau approprié au vu des résultats actuels et qu’au-delà, ce serait une «bulle». Ces déclarations ont déclenché un mouvement de ventes sur d’autres valeurs électroniques et de la haute technologie comme Fujitsu Ltd, Hitachi Ltd et l’Internet Softbank Corp, déjà affectées jeudi par la poursuite de la correction de l’indice composite Nasdaq américain. Softbank a également terminé à sa limite de baisse autorisée de 5 000 yens, soit 6,13 %, à 76 600. La consolidation dans ce secteur se poursuivra, le marché procédant à des ajustements après la forte concentration des achats dont il a bénéficié au cours des derniers mois. La plupart des opérateurs s’attendent à ce que les high-techs retrouvent la faveur du marché dans le courant de la semaine prochaine après un long week-end, le marché étant clos lundi. «Les ventes de high-techs semblent déjà se modérer», a noté Hidenori Karaki, de Tokyo Mitsubishi Personal Securities. Les progressions l’ont emporté sur les replis par 706 à 495, avec 143 valeurs inchangées, dans un volume stable de 547,6 millions de titres. L’indice Topix de l’ensemble des valeurs de la première section a perdu 10,58 points, soit 0,66 %, à 1 599,01, encore affecté par les pertes des valeurs de la haute technologie à forte capitalisation. Le Nikkei 300 s’est adjugé 0,34 point, soit 0,11 %, à 307,48, et l’indice de la seconde section a abandonné 21,38 points, soit 0,86 %, à 2 469,82. Les opérateurs s’attendent à ce que l’indice Nikkei se traite entre 17 800 et 18 800 la semaine prochaine.
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