L’armée namibienne traque, dans la zone-frontière avec l’Angola, les rebelles angolais de l’Unita auteurs présumés de l’attaque qui a fait trois tués le 3 janvier, trois jeunes Français, et quatre blessés dont leurs parents, a affirmé hier un chef militaire. Par ailleurs, un Namibien blessé dans l’attaque meurtrière, à quelque 40 km du village de Divundu (nord-est) a raconté au quotidien The Namibian de Windhoek hier comment il était parvenu à extraire son véhicule au cours de l’assaut, au cours duquel les assaillants «tiraient pour tuer». Trois jeunes Français âgés de 10, 15 et 18 ans ont été tués, leurs deux parents blessés dans l’attaque du véhicule familial, et deux employés d’une agence humanitaire danoise, un Namibien et une Britannique, qui circulaient dans le même convoi en avant de la voiture des Français, ont également été blessés. Les corps des trois enfants ont été rapatriés du nord-est namibien sur Windhoek, selon des sources diplomatiques dans la capitale namibienne. Les mêmes sources ont souligné le caractère «sauvage et barbare» de l’attaque, au cours de laquelle les assaillants armés de fusils d’assaut Kalachnikov, après avoir pillé le véhicule des Français blessés, ont achevé à bout portant leurs enfants, mais semble-t-il laissé délibérément les parents en vie. Le père, Claude Bidoin, restait dans un état grave mais stationnaire, le poumon perforé en deux endroits. Son état ne devrait pas permettre son rapatriement en France avant une semaine. Les corps des enfants pourraient être acheminés en métropole un peu plus tôt. Son épouse, blessée à la clavicule, l’a informé du décès de leurs enfants. Hier, le chef d’état-major namibien Martin Shalli a affirmé que les forces de sécurité effectuaient «des opérations contre ces groupes responsables d’atrocités», mais n’a pas donné plus de détails. En particulier, il n’a pas explicitement confirmé que ses troupes poursuivent les rebelles en territoire angolais, comme l’a rapporté hier la radio d’État namibienne NBC. Mais il a assuré que «toute action terroriste par l’Unita sera vengée, même si cela implique à conduire des opérations limitées en territoire angolais. Si leurs traces nous mènent là-bas, nous irons». Shalli a aussi confirmé que sept guérilleros de l’Unita ont été tués et quatre capturés, mais lors d’accrochages avec les forces angolaises et non namibiennes, comme l’avait reporté la NBC-TV. «Ces groupes essayaient de s’infiltrer en Namibie quand ils ont été interceptés», a-t-il ajouté. Thomas Aiymabo, 32 ans, employé de l’agence humanitaire DAPP (Development Assistance from People to People) a raconté au quotidien The Namibian les détails de l’attaque, lorsque vers 18h30 locales, avant la tombée de la nuit, des hommes en tenue kaki et casquettes ont jailli de la brousse dense, à 30 mètres de son véhicule pick-up, et «couru vers les voitures en faisant feu». Selon les témoignages, les assaillants étaient un peu plus d’une dizaine. «Cela tirait beaucoup, le véhicule a été détruit, ainsi que les vitres et les pneus ; je crois qu’ils essayaient de tuer les conducteurs afin que les véhicules se renversent», a déclaré Aiyambo. «Quand j’ai vu les armes je me suis recroquevillé, mais j’ai continué de conduire bien que touché à la jambe droite», a-t-il poursuivi. Quelques km plus loin, il a arrêté le véhicule pour que les autres passagers improvisent un garrot sur sa jambe. Les employés de DAPP ont ensuite fait rebrousser chemin à deux voitures venant en sens inverse. Pendant ce temps, derrière eux, le véhicule de la famille française tombait sous la mitraille.
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