L’Europe et le Japon devraient suivre l’exemple de l’Amérique du Nord et de l’Australie et encourager l’immigration sur une large échelle afin de résoudre le problème de leur population déclinante et vieillissante, ont déclaré des responsables des Nations unies. «Un changement majeur a lieu actuellement en géopolitique», a affirmé Joseph Chamie, directeur aux Nations unies de la division «population». «Cela ne va pas se produire dans 200 ans, cela a lieu actuellement», a-t-il souligné. «Les changements et les orientations démographiques sont ce que j’appelle le nouvel ordre international de la population», a ajouté M. Chamie. Les prévisions publiées par l’Onu le 12 octobre dernier – jour choisi pour marquer la naissance du six milliardième être humain – montrent que la population mondiale atteindra 8,9 milliards d’hommes en 2050. Dans le même temps, la population dans la majorité des pays développés va continuer à décroître, et pour certains d’une façon très sensible. L’Allemagne, le pays le plus peuplé des 15 pays de l’Union européenne, doit voir sa population passer de 82,2 millions d’habitants à 73,3 millions, l’Italie de 57,3 million d’habitants à 41,2 millions et le Japon de 126,5 millions à 104,9 millions. La Grande-Bretagne doit passer de 58,7 millions d’habitants à 56,7 millions, tandis que la France doit légèrement progresser de 58,9 millions d’habitants à 59,9 millions. Ces pays vont voir leur population vieillir ce qui va peser davantage sur les systèmes de la Sécurité sociale qui sont alimentés principalement par les actifs, au profit des retraités. «En Allemagne, près de 4,5 actifs travaillent pour un retraité», souligne M. Chamie. «En 2050, le taux sera de deux actifs pour un retraité». Des prévisions similaires existent dans la plupart des pays européens ainsi qu’au Japon où la proportion des personnes de plus de 65 ans est susceptible de passer de 15 % aujourd’hui à 32 % en 2050. Par contre, les États-Unis, qui ont actuellement un rapport de trois actifs pour un retraité, prévoient de voir leur population passer de 276,2 millions d’habitants à 349,3 millions, grâce à un flot continu d’immigration. Cette étude sur la population mondiale doit être publiée en mars prochain. Elle porte sur huit pays : Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Corée du Sud et les États-Unis. Selon M. Chamie, les résultats préliminaires montrent que si l’Allemagne veut continuer à garder sa population constante, elle devrait accepter 18 millions d’immigrants dans les cinquante prochaines années. «Quelque 25 millions d’immigrants seront nécessaires pour garder constant le nombre des actifs», précise-t-il. «Mais si l’Allemagne voulait maintenir le taux actuel de ses actifs elle aurait besoin alors de 188 millions d’immigrants», ajoute-t-il. M. Chamie explique pourquoi il arrive à des chiffres aussi élevés en soulignant que les immigrants de la première génération partiront eux aussi à la retraite et qu’un nouvel apport d’immigrants plus jeunes sera alors nécessaire. «Évidemment, un chiffre comme celui que je viens de citer est tout à fait irréaliste», a-t-il déclaré. «Les gouvernements devront trouver des solutions de rechange. Le plus réaliste des choix est d’augmenter l’âge des départs à la retraite. Mais les syndicats s’opposeront probablement à cette solution. Si vous rognez dans les avantages sociaux, les personnes plus âgées rechigneront. Et si vous augmentez les contributions sociales, les employeurs autant que les salariés s’opposeront à de telles mesures». «Mais poursuit-il, l’immigration sur une échelle beaucoup plus grande qu’actuellement en Europe devrait faire partie des nouvelles mesures à prendre à l’avenir».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Europe et le Japon devraient suivre l’exemple de l’Amérique du Nord et de l’Australie et encourager l’immigration sur une large échelle afin de résoudre le problème de leur population déclinante et vieillissante, ont déclaré des responsables des Nations unies. «Un changement majeur a lieu actuellement en géopolitique», a affirmé Joseph Chamie, directeur aux Nations unies de la division «population». «Cela ne va pas se produire dans 200 ans, cela a lieu actuellement», a-t-il souligné. «Les changements et les orientations démographiques sont ce que j’appelle le nouvel ordre international de la population», a ajouté M. Chamie. Les prévisions publiées par l’Onu le 12 octobre dernier – jour choisi pour marquer la naissance du six milliardième être humain – montrent que la population mondiale...