Des combattants insaisissables, cachés dans les ruines de la ville, attaquent les Russes qui contrôlent certains quartiers de Grozny et progressent avec difficulté vers le centre de la capitale tchétchène assiégée. Sept heures du matin. Les positions russes à Staraïa-Sounja, un quartier dans le nord-est de Grozny, sont attaquées au mortier. Les tirs viennent d’un immeuble de neuf étages à 400 m de là et font plusieurs blessés. «Notre artillerie a aussitôt tiré sur ce bâtiment, mais les bandits avaient sans doute déjà quitté les lieux», indique un officier des unités spéciales du ministère de l’Intérieur, Nikolaï Andreïevitch. Les combattants tchétchènes, qui montent ce genre d’embuscade, opèrent en petit groupe et s’enfuient rapidement en voiture vers un autre quartier pour éviter d’être localisés, précise cet officier. L’immeuble de neuf étages, déjà passablement en ruines, est touché à plusieurs reprises par l’artillerie russe. «Demain, les Tchétchènes retourneront dans ce même immeuble pour tirer sur nous», commente sans illusion Nikolaï Andreïevitch. Cet officier hésite à faire appel à l’artillerie ou à l’aviation pour frapper les positions tchétchènes et règle souvent la question avec ses propres moyens, mortiers ou chars disposés un peu plus loin. «Dans la mesure du possible, nous essayons de ne pas détruire totalement les bâtiments. Les civils devront vivre quelque part après la fin de la guerre», explique-t-il Les positions russes et tchétchènes, parfois distantes de moins de 200 m, ne sont pas toujours clairement définies. En première ligne, du côté russe, des OMON et SOBR, les troupes d’élite du ministère de l’Intérieur, et quelques blindés légers. L’artillerie, les chars et le gros des troupes russes se trouvent à environ un kilomètre en retrait. Les forces spéciales russes engagées dans la bataille de Grozny progressent lentement. Dans les rues de Staraïa-Sounja, bordées maisonnettes, les hommes avancent par petits groupes. Un peu plus loin commencent des quartiers d’immeubles où il est beaucoup plus dangereux de pénétrer. Des unités de renseignement s’infiltrent dans la journée, mais pour l’instant les officiers russes n’ont pas donné l’ordre d’avancer plus. Les tireurs embusqués, combattants équipés de fusils à lunette, qui se cachent dans les ruines, traquent les soldats russes. Hier matin, trois d’entre eux ont été blessés par ces tireurs d’élite dans l’est de la ville. La nuit appartient aux combattants tchétchènes. «Une fois la nuit tombée, il leur est beaucoup plus facile de s’approcher de nos positions et de s’enfuir après avoir tiré quelques obus de mortiers ou fait intervenir leurs snipers. Ils sont chez eux et connaissent le terrain», reconnaît un officier des OMON. Les Russes s’immiscent parfois dans les conversations radio de ces combattants tchétchènes insaisissables. En général, de part et d’autre fusent aussitôt des insultes et des menaces.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des combattants insaisissables, cachés dans les ruines de la ville, attaquent les Russes qui contrôlent certains quartiers de Grozny et progressent avec difficulté vers le centre de la capitale tchétchène assiégée. Sept heures du matin. Les positions russes à Staraïa-Sounja, un quartier dans le nord-est de Grozny, sont attaquées au mortier. Les tirs viennent d’un immeuble de neuf étages à 400 m de là et font plusieurs blessés. «Notre artillerie a aussitôt tiré sur ce bâtiment, mais les bandits avaient sans doute déjà quitté les lieux», indique un officier des unités spéciales du ministère de l’Intérieur, Nikolaï Andreïevitch. Les combattants tchétchènes, qui montent ce genre d’embuscade, opèrent en petit groupe et s’enfuient rapidement en voiture vers un autre quartier pour éviter d’être...