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Actualités - Chronologie

Israéliens et syriens cohabitent dans la suspicion

Israéliens et Syriens vivent ensemble depuis deux jours cloîtrés dans le même hôtel choisi par les Américains dans la bourgade de Shepherdstown mais restent séparés par la même barrière de suspicion qui se dresse entre eux depuis un demi-siècle. Le décor, pourtant bucolique, et la douceur du climat, étonnante pour un mois de janvier sur les bords du fleuve Potomac, dans les hauteurs de la Virginie occidentale (est), n’ont pas dégelé les relations entre les négociateurs, enfermés dans les mêmes carcans d’hostilité depuis la première guerre israélo-arabe de 1948. «Nous sommes d’un côté et les Israéliens d’un autre», confie laconiquement un responsable syrien proche des négociateurs. Il s’empresse toutefois de préciser que «les Américains sont au milieu». Même constat côté israélien. «À part quelques petits signes de la tête et de brèves salutations dans les couloirs, nous n’avons aucun contact», reconnaît un haut fonctionnaire israélien proche des négociateurs. L’hôtel Clarion, qui dispose de trois entrées, a permis aux organisateurs du département d’État d’utiliser au mieux bon nombre des 168 chambres de l’établissement austère pour éloigner les uns des autres la cinquantaine d’Israéliens, dont 24 délégués, et les 14 Syriens. «Même les restaurants sont séparés», note le responsable syrien sous couvert de l’anonymat. L’isolement voulu par les États-Unis s’avère cependant efficace. Les délégués ignorent totalement ce qui se passe en dehors de l’hôtel, et leurs téléphones portables sont la plupart du temps au vestiaire, ce qui complique considérablement le travail de la presse. Hier, ni les délégués syriens ni leurs interlocuteurs israéliens n’avaient entendu les coups de klaxon et les protestations d’une trentaine d’Israéliens venus manifester leur opposition à une restitution aux Syriens du plateau du Golan conquis par leur pays en 1967. Une vingtaine de camionnettes, bardées de drapeaux proclamant «le Golan est à nous» et «Israël en danger», circulent en permanence dans la petite bourgade, sous les yeux étonnés de ses 1 300 habitants. «Ces jeunes gens veulent garder le Golan ?», interroge Tom Mc Dermitt, 60 ans, un habitant dont un oncle écossais a servi dans la police mandataire britannique en Palestine avant 1948. «Ils doivent le rendre aux Syriens pour faire la paix», lui explique son voisin. Au Clarion, la paix semble encore lointaine. Aucune poignée de main n’est à ce stade prévue entre le Premier ministre israélien Ehud Barak et le chef de la diplomatie syrienne Farouk el-Chareh.
Israéliens et Syriens vivent ensemble depuis deux jours cloîtrés dans le même hôtel choisi par les Américains dans la bourgade de Shepherdstown mais restent séparés par la même barrière de suspicion qui se dresse entre eux depuis un demi-siècle. Le décor, pourtant bucolique, et la douceur du climat, étonnante pour un mois de janvier sur les bords du fleuve Potomac, dans les hauteurs de la Virginie occidentale (est), n’ont pas dégelé les relations entre les négociateurs, enfermés dans les mêmes carcans d’hostilité depuis la première guerre israélo-arabe de 1948. «Nous sommes d’un côté et les Israéliens d’un autre», confie laconiquement un responsable syrien proche des négociateurs. Il s’empresse toutefois de préciser que «les Américains sont au milieu». Même constat côté israélien. «À part...