Les services secrets, le plus court chemin pour arriver au pouvoir
le 04 janvier 2000 à 00h00
La nomination de Vladimir Poutine, 47 ans, comme président par intérim et sa très probable élection en mars prochain à la tête de la Russie montrent que faire l’essentiel de sa carrière dans les services secrets peut être le chemin le plus court pour arriver au Kremlin. En août dernier, Vladimir Poutine est nommé Premier ministre par le président Boris Eltsine. Cet homme est alors à peu près inconnu du grand public. Rien d’étonnant à cela puisqu’il a travaillé plus de 20 ans dans les services secrets. En 1975, à 23 ans, il entre au KGB pour travailler au renseignement extérieur, c’est-à-dire dans les services d’espionnage. Sa carrière au sein du KGB à l’époque soviétique est notamment marquée par une mission de plusieurs années en Allemagne sur laquelle règne le mystère le plus total. Puis, Vladimir Poutine poursuit sa carrière dans les services secrets de la Russie de Boris Eltsine, jusqu’à devenir le chef du FSB, le Service fédéral de sécurité, l’un des héritiers du KGB. Belle carrière pour M. Poutine qui a travaillé aussi bien comme agent à l’étranger que comme haut responsable à la direction des services et qui a su s’adapter aux exigences de l’Union soviétique et de la Russie nouvelle. Son premier pas vers le Kremlin, Vladimir Poutine l’a fait en devenant Premier ministre. Simple coïncidence, ou confirmation que les services spéciaux constituent un vivier privilégié pour les plus hautes fonctions en Russie, ses deux prédécesseurs avaient eux aussi occupé des fonctions similaires : Evgueni Primakov a été cinq ans chef des Services de renseignements extérieurs (SVR) et Sergueï Stépachine a dirigé le FSK (contre-espionnage) puis le FSB. À l’élection présidentielle de mars prochain, Vladimir Poutine affrontera notamment Evgueni Primakov. Les esprits malicieux y verront un nouvel épisode de la rivalité entre les Services de sécurité intérieure (FSB) et les Services d’espionnage qui opèrent à l’étranger (SVR). Plus que jamais, Vladimir Poutine peut aujourd’hui rêver de suivre les traces de Iouri Andropov, patron du KGB de 1967 à 1982, qui avait succédé à Léonid Brejnev et était devenu le numéro un de l’Union soviétique. Tous les hauts responsables des services secrets russes ne rêvent sans doute pas tous d’une telle carrière, mais bon nombre d’entre eux ont bénéficié ces derniers temps de promotions importantes, Evgueni Primakov, Sergueï Stepachine et Vladimir Poutine ayant eu à cœur de s’entourer de leurs anciens collègues. Depuis un an, plusieurs dizaines d’anciens officiers des services secrets ont été appelé aux plus hautes fonctions dans l’administration du Kremlin, dans les grandes entreprises d’État, voire dans la presse. Le recours de plus en plus fréquent à ces anciens des services secrets a été souvent interprété comme la volonté de Boris Eltsine et de son entourage de s’assurer de «personnes de confiance» pour contrôler les principaux rouages de l’État dans une période trouble de fin de règne. Il semble aujourd’hui qu’être un ancien responsable des services secrets y compris de l’époque soviétique est un élément très positif pour une carrière politique. Vladimir Poutine ne manque pas une occasion de souligner le rôle des organes de sécurité pour relever la Russie et refaire du pays la grande puissance qu’elle était avant l’effondrement de l’Urss. Un discours qui plaît aux électeurs si l’on en croit les derniers sondages qui donnent Vladimir Poutine largement gagnant à la présidentielle de mars.
La nomination de Vladimir Poutine, 47 ans, comme président par intérim et sa très probable élection en mars prochain à la tête de la Russie montrent que faire l’essentiel de sa carrière dans les services secrets peut être le chemin le plus court pour arriver au Kremlin. En août dernier, Vladimir Poutine est nommé Premier ministre par le président Boris Eltsine. Cet homme est alors à peu près inconnu du grand public. Rien d’étonnant à cela puisqu’il a travaillé plus de 20 ans dans les services secrets. En 1975, à 23 ans, il entre au KGB pour travailler au renseignement extérieur, c’est-à-dire dans les services d’espionnage. Sa carrière au sein du KGB à l’époque soviétique est notamment marquée par une mission de plusieurs années en Allemagne sur laquelle règne le mystère le plus total. Puis, Vladimir...
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