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Actualités - Chronologie

De la statue du père de la réunification au statut de pestiféré

L’ex-chancelier allemand Helmut Kohl, parti du pouvoir fin 1998 après 16 années avec les honneurs dus au «père de la réunification allemande», fait désormais figure de pestiféré en politique. L’affaire de la «gestion séparée des comptes» de la CDU, sous sa présidence, a terni l’image de celui qui avait réussi, en moins d’une année, entre 1989 et 1990, à mettre fin à quarante ans de division entre la RFA et la RDA. Ce colosse massif – 1,93 m et probablement 130 kilos – au style bonhomme et à l’accent provincial marqué, méprisé par l’élite intellectuelle à son arrivée au pouvoir, et apparaissant au mieux comme l’honnête gestionnaire de la prospère Allemagne fédérale des années 80, était alors soudainement devenu l’un des géants politiques de la fin du XXe siècle. Ce prestige nouveau influa certainement sur sa réélection, en 1994, à l’issue d’un scrutin extrêmement serré. Battu en septembre 1998 par le social-démocrate (SPD) Gerhard Schröder, M. Kohl avait été publiquement salué par son successeur à la chancellerie comme celui qui avait «pris, sur beaucoup de points importants, la bonne décision pour faire avancer l’Allemagne». Les récents aveux de l’ex-chancelier ont fait tomber la figure historique de son piédestal et son parti, qui avait profité en 1999 des errements des premiers mois du gouvernement Schröder en remportant plusieurs scrutins régionaux, n’a plus le vent en poupe. Un sondage publié dans les derniers jours de 1999 dans le quotidien populaire Bild avait révélé les doutes de l’électorat chrétien-démocrate et une chute de la CDU dans l’opinion. Désormais, la victoire longtemps annoncée des chrétiens-démocrates aux régionales du Schleswig-Holstein (nord) en février et de Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest) en mai n’a plus rien d’évident. Dans cette perspective, les actuels dirigeants de la CDU ont procédé en catastrophe à un lâchage en règle de leur président d’honneur. Le président Wolfgang Schaeuble l’a ainsi adjuré – en vain – le 22 décembre de livrer enfin «dans l’intérêt de la CDU et dans le sien» les noms des mystérieux donateurs pour épargner «de nouveaux dégâts» à sa formation politique.
L’ex-chancelier allemand Helmut Kohl, parti du pouvoir fin 1998 après 16 années avec les honneurs dus au «père de la réunification allemande», fait désormais figure de pestiféré en politique. L’affaire de la «gestion séparée des comptes» de la CDU, sous sa présidence, a terni l’image de celui qui avait réussi, en moins d’une année, entre 1989 et 1990, à mettre fin à quarante ans de division entre la RFA et la RDA. Ce colosse massif – 1,93 m et probablement 130 kilos – au style bonhomme et à l’accent provincial marqué, méprisé par l’élite intellectuelle à son arrivée au pouvoir, et apparaissant au mieux comme l’honnête gestionnaire de la prospère Allemagne fédérale des années 80, était alors soudainement devenu l’un des géants politiques de la fin du XXe siècle. Ce prestige nouveau...