La deuxième journée des demi-finales de la Coupe Louis Vuitton, qui s’est déroulée lundi dans des conditions très éprouvantes pour les bateaux et les équipages, a révélé un grand vainqueur, le californien Stars and Stripes du vétéran Dennis Conner, qui reste seul invaincu. Les trois courses ont été passionnantes. Le vent a oscillé entre 15 et 30 nœuds, avec des bascules dépassant parfois vingt degrés, ce qui a provoqué un léger report des courses pour ré-orienter le parcours. Deux des petits syndicats, America True et Stars and Stripes ont battu haut la main leur rival respectif America One (2 minutes 23 secondes) et Prada (1 minute et 7 secondes), alors que le défi français Bouygues Telecom Transiciel, dernier qualifié pour les demi-finales, a maintenu la pression sur son adversaire, le bateau Asura de Nippon Challenge jusqu’au dernier bord, pour finir 38 secondes derrière son adversaire, à quelques longueurs de bateau. Stars and Stripes avait déjà créé la surprise, dimanche en battant Nippon Challenge. «Notre courbe d’apprentissage est de toute évidence exponentielle et nous continuons de progresser, ce qui est très encourageant» a déclaré le navigateur de Stars and Stripes Peter Isler. Interrogé sur les raisons de cet étonnant succès, Peter Isler a parlé du «facteur X». «C’est vraiment un ensemble. Nous avons des voiles d’une nouvelle génération. Nous avons fait un ensemble de changements sur le bateau, au-dessus et en dessous de l’eau. Et Dennis Conner nous a fait un discours des plus inspirants avant le début de cette série». Tout cela combiné nous donne sans doute un petit avantage a indiqué Peter Isler. C’est la deuxième victoire de Stars and Stripes contre Prada, dominé en tactique de bout en bout. Si la supériorité en vitesse du bateau italien Luna Rossa reste un atout indéniable, cela n’a pas suffi face à la ruse de la cellule arrière de Stars and Stripes. Rebondissements à Frisco La course la plus serrée et riche en rebondissements fut le duel entre les deux défis de San Francisco, le syndicat à un seul bateau America True, mené par Dawn Riley, et America One, mené par Paul Cayard qui courait pour la deuxième fois avec son deuxième bateau, USA 61. La course a commencé à l’avantage de Paul Cayard dont le nouveau bateau semble rapide au près et performant en cap. À la fin du deuxième bord au portant, America True a explosé son spi, qui a entrainé le tangon en tombant à l’eau. Il fallut couper la voile de part et d’autre du bateau et la laisser partir pour pouvoir tourner la bouée et continuer la course. Mais quelques minutes plus tard, sur le bord de près, alors que la course semble gagnée pour America One, le bateau de Paul Cayard casse sa drisse de génois. La voile tombe à l’eau et arrache l’étai. America One a terminé sa course sous grand voile seule. «Bien sûr c’est difficile de perdre une course que l’on pensait vraiment gagner. Mais nous contrôlons encore notre destin» a déclaré Paul Cayard. Nouveau déboire français en demi-finale Le defi français Bouygues Telecom Transiciel a perdu sa deuxième régate en deux journées de demi-finales de la Coupe Louis Vuitton, face à Nippon challenge, pour 38 secondes d’avance, subissant à nouveau le plus faible écart des régates de la journée. «On est vraiment pas loin, on le sent» a déclaré Luc Gellusseau, directeur technique du défi. La course s’est déroulée dans des conditions de vent très changeantes et proches des limites règlementaires, variant de 18 à 27 nœuds, avec des rafales au-dessus de trente nœuds. Moins de trente secondes après le coup de canon des cinq minutes de prédépart, les deux bateaux ont failli entrer en collision. Refus de priorité Alors que Asura arrivant sur babord amure forçait son passage devant Sixième Sens, le bateau français, pourtant prioritaire, dut changer sa route pour éviter le contact. Les Français ont immédiatement protesté, mais, à la surprise générale, c’est un drapeau vert, ne reconnaissant aucune faute, qui a été agité par le bateau arbitre. Peter Gilmour, le skipper de Asura (JPN 44) avait onze secondes d’avance au départ et 42 secondes dès la première bouée. Après un beau rattrapage par les Français, les Japonais ont cassé leur drisse de genois à la fin du deuxième bord de près. A la fin du bord suivant, l’écart n’était plus que de neuf secondes. Mais le bateau français n’a pu faire mieux. «On a fait deux bords à l’envers» a commenté Luc Gellusseau son responsable technique. Sans trop se lamenter sur l’incident du départ, les Français ont toutefois remarqué qu’il avaient perdu de ce fait l’avantage de la priorité. «La physionomie du départ aurait été complètement différente si Peter Gilmour avait respecté la priorité. C’est dommage que l’on ait pas pu mettre à profit notre entrée tribord», a estimé Thierry Peponnet le navigateur. «L’arbitre a toujours raison. Mais ce qui est sûr c’est qu’en allant tout droit, on allait droit au carton» a ajouté Luc Gellusseau. Une pénalité, qui consiste pour le bateau à faire un tour sur lui même prend en général entre 25 et 40 secondes à réaliser et elle aurait pu bouleverser l’équilibre de cette régate très serrée. Les Français ont utilisé lundi leur nouvelle grand voile, qui pèse 18 kilos de moins que la précédente. Baptisée dans le feu de l’action «avec des rafales à plus de trente nœuds», selon Thierry Peponnet, elle a donné toute satisfaction à l’équipage qui est très heureux des nouvelles performances de Sixième Sens. Sixième Sens, dernier avec 0 point, doit rencontrer Stars and Stripes pour son troisième match aller des demi finales. Une occasion de rester dans la course face au leader, invaincu après sa deuxième victoire, lundi, face à l’italien Prada. Les quatre autres bateaux sont ex-aequo avec un point. Les régates de demain vont départager quatre bateaux ex-aequo avec les duels America True/Nippon et Prada/America One.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La deuxième journée des demi-finales de la Coupe Louis Vuitton, qui s’est déroulée lundi dans des conditions très éprouvantes pour les bateaux et les équipages, a révélé un grand vainqueur, le californien Stars and Stripes du vétéran Dennis Conner, qui reste seul invaincu. Les trois courses ont été passionnantes. Le vent a oscillé entre 15 et 30 nœuds, avec des bascules dépassant parfois vingt degrés, ce qui a provoqué un léger report des courses pour ré-orienter le parcours. Deux des petits syndicats, America True et Stars and Stripes ont battu haut la main leur rival respectif America One (2 minutes 23 secondes) et Prada (1 minute et 7 secondes), alors que le défi français Bouygues Telecom Transiciel, dernier qualifié pour les demi-finales, a maintenu la pression sur son adversaire, le bateau Asura de Nippon...